Dépasser le sentiment d’imposture

Par Kharoll-Ann Souffrant.

 

C’est officiel, je peux enfin en parler : je serai conférencière à TEDxQuébec le 1er décembre prochain. Le titre de ma conférence est « Le rétablissement en santé mentale, c’est possible ! »

J’ai découvert les conférences TEDx il y a quelques années. Nous en avons écouté dans plusieurs de mes cours à l’université. Puis, j’ai écouté la fameuse conférence TEDx de Brené Brown, une docteure en travail social qui a étudié la force de l’imperfection, de la vulnérabilité et de l’authenticité. Inspirée par sa démarche, je me suis dit qu’un jour, je ferai comme elle. Ce jour est venu plus rapidement que je ne l’aurais cru.

En mai dernier, quelques jours afin la fin de l’appel de candidatures, j’ai décidé spontanément de soumettre une proposition de conférence. Mon thème ? La notion de rétablissement en santé mentale. Je compte démontrer que c’est possible de mener une vie heureuse, épanouie et équilibrée malgré un diagnostic de ce type.

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Crédit photo : Daniel Lévesque, TEDxQuébec

J’ai donc soumis mon idée en tenant pour acquis que je n’allais avoir aucune réponse. Je me disais que je n’avais rien à perdre, alors pourquoi pas?

Quelques temps après, je reçois un courriel expliquant que mon idée a été retenue pour la prochaine étape : les auditions.

J’aurais dû me réjouir, mais rapidement, à ce moment-là, le doute s’installe en moi. Le fameux syndrome de l’imposteur que Geneviève Pettersen a très bien décrit dans une récente chronique pour Châtelaine. J’étais super inspirée par le thème de cette année « Autres directions », mais l’idée de décliner l’invitation m’a traversé l’esprit. J’ai hésité longuement. Or, avant de faire quoi que ce soit, j’ai décidé de parler de ce qui m’est arrivé à une personne de confiance (Eh oui, c’est Stéphanie, celle-là même qui est sur ce site ! ).

Stéphanie m’a donc m’a rapidement expliqué que si je décline, je fais de l’autosabottage. Elle m’a dit  aussi que je dois cesser d’avoir peur de réussir. Qu’on n’est jamais à 100% prêt quand on décide de faire quelque chose du genre, qu’il n’y a jamais de « bon » moment. J’ai réalisé à ses mots que cette personne avait effectivement raison. Et comme abandonner en cours de route n’a jamais fait partie de mes valeurs, j’ai décidé de faire l’audition bien que j’étais persuadée de n’avoir aucune chance face aux autres participants qui ont sûrement des parcours, une expérience et une prestance scénique mille fois plus grande que la mienne.

J’ai donc accepté l’invitation et décidé de faire l’audition. Je n’ai pas auditionné dans des conditions idéales et j’étais persuadée que cela avait amoindri mes chances.

Mais figurez-vous que j’ai été choisie. Après tant de doutes et d’incertitude. « L’art d’oser » qu’ils disent. Cela n’aurait pas été possible sans le support de plusieurs personnes.

Monter sur cette scène devant des inconnus pour parler de ça va sincèrement me demander beaucoup de courage. Je vais me retrouver hors de ma zone de confort, à faire quelque chose que je n’ai jamais fait et à exposer certains aspects plus sombres de mon passé que seules quelques personnes de mon entourage connaissent. Ce n’est pas tout le monde qui m’a supportée d’emblée dans mon désir de partager « publiquement » cela, mais j’ai décidé de foncer et de le faire quand même parce que tout mon être me criait depuis longtemps de le faire. Je veux apporter un autre type de discours lorsque l’on parle de santé et de maladie mentale, un discours beaucoup plus positif et porteur.

Vous non plus, n’ayez pas peur d’oser foncer malgré la peur et les doutes parce que souvent, ce sont les rêves les plus fous qui se réalisent. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve.

2015 : Se fixer des objectifs réalistes

Je n’aime pas nécessairement le concept de « prendre des résolutions ». Je pense qu’il s’agit d’une bonne stratégie marketing pour tous les gyms et les fabriquants de barres tendres « low calory » de ce monde.

Alors, je préfère me fixer des objectifs, après avoir fait un bilan de l’année qui vient de se terminer (Oui, on est le 20 janvier, non, je ne sais pas jusqu’à quand dans l’année on peut continuer de se souhaiter « Bonne Année!!! »).

Et, en bonne psychoéducatrice qui aime faire vivre des réussites en offrant des défis stimulants donc, un peu déstabilisants mais pas trop (pour garder la motivation bien vivante), je me suis fixé UN objectif : accueillir ce qui vient. Non, même pas « accepter ce qui vient » (pas réaliste pour moi). Mais accueillir, ça, oui.

Ça veut dire de me calmer le pompon, de prendre le temps de contempler, de regarder ce qui se présente à moi, de voir les périodes d’accalmie comme un bon moment pour avancer mes projets en cours, pour me reposer, me mettre du vernis à ongles et regarder l’émission Friends (maintenant disponibles sur Netflix!!! (Ne me cherchez pas lors des événements où je suis supposée être : je suis devant ma tivi)).

Ça veut dire aussi d’apprécier lorsque j’ai des offres intéressantes, de prendre le temps de célébrer mes réussites et accomplissements (ainsi que ceux des autres, évidemment).

Ça signifie être vraiment contente pour les autres, lorsqu’ils vivent de belles choses.

Ça implique d’être vraiment « toute là » quand je fais quelque chose, peu importe ce que c’est (le vernis à ongles ou l’écriture d’un manuscrit).

Librairie À Lire L'Éphémère Stéphanie Deslauriers

Crédit photo : Rodrigo Gutierrez

Et en 20 jours, j’ai déjà vu les effets positifs de cet « accueil de ce qui vient »; j’ai adopté un chat de la SPCA Montérégie, Harold Watson, j’ai vu mon roman L’Éphémère bien placé en vitrine de la librairie À Lire, j’ai eu une demande de conférence, de nouvelles demandes de suivis psychoéducatifs, une critique élogieuse de mon roman, la publication de la vidéo de ma conférence TEDx Québec « La résilience se trouve dans les livres » et tout juste hier, je suis embarquée sur le CA de l’Association des écrivains québécois pour la jeunesse (AÉQJ)!

Déjà, en 20 jours, j’observe donc que je réussis à atteindre mon objectif, parce qu’il est réaliste pour moi, lorsque je considère mes forces, mes limites et mes besoins.

Et vous, quel objectif vous êtes-vous fixé pour l’année à venir? Est-ce réaliste? Motivant?

Prendre le temps de dire « Merci »

La vie va vite. Et je suis exigeante envers celle-ci. Et je ne lui fais pas toujours confiance. Et j’ai tendance à toujours vouloir plus, à avoir du mal à apprécier ce que j’ai, de peLes romans Stankéur de stagner, de peur que tout s’arrête si je m’arrête, même si ce n’est que pour quelques instants.

Je constate que dans le monde de l’écriture et des médias, il est très difficile de percer, de se tailler une place, de faire ses preuves. Surtout en contexte d’austérité, où plusieurs journalistes, chroniqueurs et collaborateurs se font montrer la porte. Pas facile, d’être une p’tite nouvelle dans cette réalité.

Pas facile non plus de se démarquer, de faire voir sa valeur, son unicité et sa passion. Mais certaines personnes ont vu en moi, ont cru en moi et me permettre de confirmer ce que je savais déjà : je me sens à ma place, devant un fichier Word à noircir de mots, devant une caméra, devant un micro, devant un public. Je me sens bien quand je communique, peu importe la façon de le faire.

Merci à Bianca Gervais, Sébastien Diaz, Catherine Bureau ainsi que toute l’équipe de Format Familial de m’avoir fait confiance pour répondre aux questions des parents, via le segment « Prenez un numéro ». Stéphanie Deslauriers TEDXQc 2014

Merci à Josiane et Carolane Stratis de m’avoir proposé de collaborer avec elles pour leur merveilleux et énergique blogue « TPL Moms ». Merci d’ailleurs à toute la communauté TPL Moms pour votre accueil, nos échanges et votre écoute.

Merci à Groupe Librex, Éditions Midi Trente et Guy St-Jean de croire en moi, en ma plume, en mes rêves d’écriture.

Merci à Geneviève Doray et Julie Leduc d’avoir fait appel à moi pour un tout premier article rémunéré (!!!) dans leurs pages du très pertinent magazine Naitre et Grandir.

Merci à Isabelle Maréchal et Isabelle Lord, du 98,5, de m’inviter à l’émission pour jaser de la vie, des enjeux de celle-ci.

Merci à toute l’équipe de TEDX Québec de m’avoir permis de parler de ce qui me passionne et m’habite : la littérature et la résilience. Un merci tout spécial à Lyne-Marie Germain, qui a été une coach hors paire.

Merci à Viviane Graillon, Joëlle Boutin et Isabelle Carrière de me permettre d’écrire à mon rythme sur leur nouveau et novateur blogue, Femmes Alpha.IMG_20141117_092757

Merci à vous tous qui me permettez de vivre ma passion, de croire en moi, de me donner une première chance. Assurément, on se rappelle toujours de ceux qui ont cru en nous en premier. C’est et ce sera mon cas.

Merci à la Fondation Mira de me permettre d’être en contact avec des centaines de familles merveilleuses, des enfants attachants, des chiens surprenants depuis bientôt un an et demi.

Merci à Mattias de m’avoir laissée entrer dans sa vie de p’tit bonhomme de 7 ans et demi.IMG_20141218_115352

Merci à Rodrigo de me laisser une place de choix dans sa famille.

Merci à mes amies pour votre amitié inconditionnelle.

Merci à ma famille pour leur amour inconditionnelle.

Merci à vous, chers lecteurs, avec qui j’ai la chance d’interagir virtuellement, réellement, aussi, parfois. Merci d’être là, d’être qui vous êtes, de me suivre, d’avoir le cœur ouvert.