Le bagage émotionnel de l’intervenant

Par Stéphanie Deslauriers.

« Est-ce que je peux être intervenante même si j’ai un trouble anxieux? »

« Est-ce que le fait que j’ai des problèmes à gérer mes émotions fait de moi un mauvais candidat en intervention? »

« J’ai déjà fait une dépression. C’est pas un peu paradoxal, de poursuivre mes études en intervention? »

Ben non. La vie est faite de défis, d’obstacles, d’impondérables parfois heureux, parfois tristes. Personne n’est à l’abri de la souffrance psychologique.

Et c’est même souvent parce qu’ils ont une sensibilité à cette souffrance que les individus se dirigent vers l’intervention. Parce qu’ils en ont eux-mêmes vécu, que ce soit dans leur milieu familial qu’ils n’ont pas choisi, en contexte scolaire ou amoureux.

La détresse, la peur, la colère et la tristesse font partie intégrante de l’humain, peu importe d’où il vient et où il va. Ce sont des émotions, des états psychologiques qui peuvent se prolonger dans le temps en raison d’une foule de facteurs; la génétique, l’histoire de vie, la capacité d’adaptation, un deuil, une rupture, un traumatisme, etc.

On ne peut pas s’attendre à ce que des intervenants, qu’on souhaite empathiques, ouverts, compréhensifs, sensibles, authentiques, ouverts d’esprit de n’avoir jamais vécu de souffrance, quelle qu’elle soit!

Est-ce que ça fait d’eux des cordonniers mal chaussés? En fait, j’espère que mon cordonnier a un jour été mal chaussé pour comprendre l’importance d’être bien chaussé. Afin de développer ses stratégies pour réparer les semelles, changer les lacets et cirer le cuir.

Tout comme chaque intervenant a son histoire, sa vie, ses difficultés qu’il parvient, grâce à son entourage, à ses propres capacités, à ses apprentissages théoriques et humains en lien avec sa formation et sa pratique, à pallier, à réparer, à atténuer.

Tout ce bagage fait en sorte que la relation, à la base même du processus d’intervention et de changement chez la personne qui souhaite être aidée, puisse se bâtir sur des bases solides, d’humain à humain, d’égal à égal.

Hé oui! Je crois fondamentalement au pouvoir d’agir sur leur vie des individus (empowerment), qu’ils sont les acteurs principaux de leur vie, qu’ils ont des ressources qui ne cherchent qu’à émerger, qu’à être consolidées et être optimisées via l’aide d’un professionnel, parfois.

Je crois que l’intervenant devrait encourager une collaboration participative, axée sur l’acceptation inconditionnelle, l’authenticité et le respect bidirectionnel des forces et limites de chacun. Je crois profondément qu’une relation va dans les deux sens et que l’intervenant qui se place en expert ferme la porte à une grande partie de la relation qui pourrait être tellement utile (voire nécessaire!) au cheminement de la personne.

Bref. Que vous soyez étudiants ou professionnels, vous et votre bagage de vie avez votre place en intervention. Tant que ce bagage vous permette de devenir une meilleure personne, un meilleur outil de travail permettant à son tour l’écoute, la disponibilité, la considération et l’empathie.

Perte de poids et beauté?

Par Stéphanie Deslauriers.

« Wow! T’as don’ ben maigri! »

« Hey, t’as perdu du poids! Ça te va bien! »

« T’es don’ ben belle! T’as maigri, toi! »

J’ai reçu ces commentaires au cours des derniers jours, alors que la température grimpe, que les couches de vêtements se font de moins en moins nombreuses et que je revois les voisins qui hibernaient.

Est-ce que c’est flatteur? Noui… Je suppose.

Est-ce que je suis don’ ben une féministe frustrée, pas capable de prendre les compliments et je ne sais quoi encore? Non. Je suis une féministe, oui, mais pas frustrée. Et j’apprends de plus en plus à prendre les compliments. À dire « merci » sans vouloir pitcher tout de suite un compliment à l’autre.

Mais est-ce que « perdre du poids » est un compliment? Est-ce que le fait d’associer la perte de poids et la beauté est sain? Ils sont plutôt là, mes questionnements. Ainsi que tout ce que la perte et la prise de poids sous-tendent.

Il y a deux ans, mon corps (et mon cœur) a subi un choc immense : celui de porter la vie puis, de la perdre. S’en est suivie une longue période de deuil, de déprime, de remises en question : « Pourquoi moi? Pourquoi la vie? Pourquoi la mort? Qui suis-je? Que sais-je? Où vais-je? ». La totale, quoi.

Et comme j’avais moins d’énergie (parce que je la passais à apprendre à vivre avec la vide et à essayer de répondre à des questions existentielles qui tournaient en boucles dans ma tête), je n’avais pas envie de cuisiner, de bien m’alimenter, de sortir dehors, de bouger. J’avais plutôt envie d’engouffrer un sac de chips au complet après avoir englouti une barre de chocolat au caramel à la fleur de sel. À engourdir mes sensations (dont celles de la satiété). De me sentir pleine à nouveau.

Toutou sur le bord de l’eau

Bien sûr, j’ai pris du poids. Personne (à part mon père; « y’é pas barré », comme on dit) ne m’a parlé de ma prise de poids. Ou de ce qui pouvait sous-tendre cela. Peut-être par malaise, par méconnaissance, par crainte de ne pas trouver les bons mots. Peut-être la peur de me blesser, aussi.

Depuis quelques mois, je me nourris mieux. J’ai envie de bien manger. De me sentir en forme. Depuis septembre, aussi, à tous les jours et ce, plusieurs fois par jour, je vais promener Toutou, je cours avec lui, lui lance la balle, l’amène au parc à chiens, alouette. Je mange beaucoup, beaucoup moins de comfort food, je mange quand j’ai faim et j’arrête lorsque je n’ai plus faim (!) et j’ingère beaucoup plus de fruits.

Dehors en tout temps!

Je me sens mieux dans ma peau, ça me fait du bien de prendre l’air à tous les jours en bonne compagnie, d’apprécier les moments de repas et d’être capable de tolérer la faim (sans le vivre comme un drame ou comme une angoisse du vide).Mais tout ça sous-tend quelque chose de fondamental : je vais mieux. Je vais bien, même. Mon deuil suit son cours, je suis capable de parler de l’enfant que j’ai portée sans pleurer (sans même en avoir le goût ou le besoin), je suis capable de sourire en me remémorant cette période de ma vie, de me défaire des vêtements de maternité, de me sentir ancrer dans le moment présent et j’en passe. Je vais mieux donc, je mange mieux et je mange mieux parce que je vais mieux.

Et c’est ça, qui me rend belle.

Aller au bout de ses rêves

Par Stéphanie Deslauriers.

« Ha! Que j’aurais aimé ça être psychologue! », rêvasse une comptable approchant la retraite.

« J’aurais tant aimé avoir ma pâtisserie! », s’avoue un travailleur social.

« J’aurais donc aimé… », « Avoir su… ».

J’ai toujours eu peur d’avoir des regrets, dans la vie. De ne pas faire quelque chose qui me faisait envie parce que j’avais peur; peur d’échouer, peur de réussir (!), peur de quitter ma zone de confort.

Je crois que c’est pour cette raison que j’ai toujours été fascinée – et franchement émue – par tous ceux et celles qui font un changement de carrière, qui retournent aux études, qui jonglent avec les coups durs de la vie (que ce soit la maladie, un deuil, etc.) pour en faire quelque chose de beau, de grand, de positif. Je pense à Nathalie Roy, auteure à succès, qui a commencé à écrire après avoir reçu un diagnostic d’arthrite rhumatoïde. Ou à Yannick Olassa, « Bouquineuse Boulimique », qui a commencé son blogue littéraire après avoir reçu un diagnostic de sclérose en plaques. Ou à toutes « mes » étudiantes universitaires, mamans, professionnelles dans un tout autre domaine que celui de l’intervention, mais qui viennent refaire un baccalauréat puis, une maitrise afin de devenir psychoéducatrices (c’est d’ailleurs ce qu’a fait notre collaboratrice Geneviève Chénard!).

Les deux proprios : Catherine Desforges et Lewis White

Il y a quelques années, une de mes grandes amies d’enfance, Catherine Desforges, s’est envolée pour l’Australie afin d’y compléter sa certification de plongeuse pour pouvoir être guide de plongée dans les eaux de ce pays magnifique. Longue histoire courte, elle y a rencontré l’homme de sa vie, Lewis White, un Néo-Zélandais venu en Australie pour exactement la même raison que ma copine. Ils se sont mariés, ont déménagé à Montréal, eurent beaucoup d’enfants un chien et sont retournés sur les bancs d’école afin d’apprendre les bases de la gestion d’une entreprise. Leur rêve commun? Ouvrir un café. Lewis s’est donc orienté vers un emploi de barista alors que Catherine, bien qu’elle a poursuivi quelques contrats en graphisme (sa formation initiale), est allée travailler dans un café afin de comprendre le fonctionnement sous-jacent au service aux tables. Comment ça roule, une cuisine? Comment on choisit le menu? Comment on choisit ses employés? Comment on gère les horaires?

Lewis a donc appris le français au cours des discussions entre copains, dans le cadre de son travail où tout roule très vite et dans le quotidien avec sa dulcinée.

Ils ont buché sur leur plan d’affaires entre deux quarts de travail, la recherche d’un nid douillet à l’extérieur de la ville (eh oui, la nature australienne et néo-zélandaise, où ils ont habité plus d’un an, leur manquait terriblement) ainsi que d’un local qui pourrait abriter leur café de rêve.

Le Café White & Cie

Ils ont finalement trouvé où ils avaient envie d’installer leurs pénates : St-Sauveur! Ils y ont déniché l’endroit parfait, ont planifié leurs travaux de réaménagement afin que l’endroit corresponde à qui ils sont et…l’ouverture est prévu pour dans quelques mois.

Il va sans dire que l’émotion est à son comble : non seulement une personne a travaillé d’arrachepied pour réaliser son rêve, mais cette personne est une amie de très, très longue date accompagnée de son mari.

Je suis choyée d’être entourée de personnes aussi inspirantes.

Vraiment.

L’athlète derrière Sport’Aide

À L’hiver dernier, j’ai eu le privilège de faire la connaissance de Guylaine Dumont, volleyeuse professionnelle, maman et instigatrice du projet Sport’Aide, une ressource mise sur pied par des athlètes et des chercheurs afin de faire de la sensibilisation, de la prévention et de l’intervention auprès des jeunes athlètes et de leurs proches vivant une situation de violence dans leur milieu sportif.

Guylaine Dumont 

Madame Dumont a généreusement accepté de répondre à mes questions et de se livrer en toute authenticité. Découvrez cette femme sensible, brillante et talentueuse.

Entrevue réalisée par Stéphanie Deslauriers.
QUEL EST VOTRE PARCOURS EN TANT QU’ATHLÈTE?

Ma carrière de volleyball a débuté à l’âge de 14 ans à
l’école secondaire et m’a amenée, dès l’âge de 15 ans, à sortir
de mon environnement familial dysfonctionnel où règnait la violence. À 17
ans, je me suis exilée à Regina, Saskatoon pour joindre l’équipe
nationale, ce qui m’a permis de parcourir le monde en pratiquant ma
passion.
J’ai accumulé, entre 1989 et 2005, douze titres canadiens dont neuf
en volleyball de plage et trois en volleyball.  Je suis une des seules
canadiennes à avoir joué sept années au niveau professionnel en
Italie et au Japon, de 1990 à 1997.

À cause d’un burn-out sportif causé par de l’abus psychologique d’un
entraineur, j’ai cessé de jouer pendant deux ans, le temps de donner
naissance à Gabrielle, de me marier et de devenir thérapeute en
relation d’aide. En 2001, j’ai remporté la médaille d’or aux Jeux
de la Francophonie avec ma coéquipière Kathy Tough.  J’ai repris
officiellement  en 2002 à la suite d’appels d’Annie Martin, une jeune
de 20 ans  qui m’a implorée de faire équipe avec elle pour se
qualifier en vue des Jeux Olympiques de 2004.  Quel cran!  Je me suis
lancée dans l’aventure.

(CP PHOTO/COC-Mike Ridewood)
Guylaine Dumont de St-Antoine-de-Tilly, Québec, salue la foule après la victoire du Canada au volleyball de plage aux Jeux olympiques à Athènes le samedi 14 août 2004.

En 2003, nous avons terminé neuvièmes au championnat du monde au
Brésil et cinquièmes lors d’une Coupe du Monde en Chine.  En 2004,
nous avons terminé quatrièmes à la Coupe du Monde de Norvège et, aux Jeux
olympiques d’Athènes, nous avons pris le cinquième rang, la meilleure performance de l’histoire du volleyball québécois.

J’ai mis fin à ma carrière en 2005, en jouant une dernière saison avec une jeune athlète de 22 ans afin de transmettre mon expérience.
COMMENT EST NÉ SPORT’AIDE?

Interpellés par le phénomène de la violence dans les sports, moi, Sylvain Croteau (engagé dans les sports professionnel et amateur depuis plus de 20 ans) et Sylvie Parent (professeure-chercheure spécialisée en harcèlement et abus
chez les jeunes sportifs) avons lancé Sport’Aide en 2013.  Depuis, nous
nous sommes entourés d’administrateurs et partenaires soucieux de
diminuer –  à l’idéal éliminer – ces violences de toutes natures (sexuelle, physique, psychologique, cyber intimidation, etc.) qui enveniment le milieu et les sportifs.

POURQUOI CETTE SENSIBILITÉ À LA VIOLENCE DANS LES SPORTS?
Ma sœur Nathalie Dumont, a disparu alors que j’avais 16 ans.
Natalie vivait son adolescence dans un environnement, aux antipodes
du mien, entourée de drogues et d’alcool. Son corps ne fut retrouvé
que neuf ans plus tard; neuf années d’angoisse, d’espoir, de tristesse,
et de silence pour moi et ma famille. Nathalie a exprimé sa
rébellion face à la violence physique et verbale de notre milieu
familial en fuguant et s’est tournée vers les drogues pour atténuer son
mal-être… Moi, j’ai eu la chance de trouver le volleyball…
Malgré beaucoup d’évènements positifs dans ma carrière sportive,
j’ai vécu beaucoup d’abus psychologique de la part de quelques
entraîneurs et d’intimidation de coéquipières, surtout au début de
ma carrière alors que j’étais une adolescente en quête de
reconnaissance. Ce qui a laissé des traces et a écorché mon
estime déjà fragilisée. Heureusement, je suis allée chercher de l’aide,
je me suis bien entourée et j’ai continué ma croissance personnelle.
Voilà d’où origine cette sensibilité à la violence.

COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS CETTE RÉALITÉ DE VIOLENCE EN MILIEU SPORTIF?

Malheureusement, on observe dans le milieu sportif une banalisation incomparable des gestes et des comportements de violence.  Ce pour quoi nous estimions qu’il était temps qu’un organisme comme Sport’Aide vienne supporter les athlètes et tous les intervenants du milieu sportif (parentes, entraîneurs, dirigeants, bénévoles,
officiel).

QUELLE MISSION VOUS ÊTES-VOUS DONNÉE AVEC SPORT’AIDE?

Sport’Aide a pour mission d’assurer un leadership dans la mise en œuvre d’initiatives favorisant un environnement sportif sain, sécuritaire et harmonieux pour les jeunes sportifs du Québec et fournir un service d’accompagnement aux différents acteurs du milieu sportif, et ce, tant au niveau élite que récréatif.

QUELLES SONT LES RESSOURCES DES ATHLÈTES VIVANT DE LA VIOLENCE?
Dans le monde du sport, il existe peu (voire aucune) ressource traitant  spécifiquement de la violence chez les athlètes.
Ce pourquoi nous avons lancé Sport’Aide.  Chez nous, hormis les
essources offertes au grand public, il n’existe pas vraiment de ressources ou de services dédiés à cette problématique.

Au Royaume-Uni (Child Protection in Sport Unit) ainsi qu’aux États-Unis (SafeSport),
des organisations ont vu le jour afin de contrer et éliminer ce phénomène.

Vous êtes un jeune athlète? Un parent, un entraineur qui a besoin d’aide en lien avec la violence vécue dans le milieu sportif? Consultez le site web de Sport’Aide pour obtenir de l’aide.

« Exprimez-vous »

Par Stéphanie Deslauriers.

Sur Facebook, avant d’écrire une publication, il est inscrit en gris : « Exprimez-vous ».

C’est ce que plusieurs font; ils s’expriment à propos d’une vidéo de chats, ils s’expriment en partageant leur joie de « tomber » en vacances, ils expriment leurs inquiétudes en lien avec une situation sociale, ils expriment leur reconnaissance envers des copains passés à la maison la veille.

Certains et certaines s’expriment à propos de sujets plus controversés : la religion, le sexe, les sexes, l’immigration, l’inclusion sociale/scolaire, la politique, etc.

Pourquoi ces sujets sont-ils plus controversés? Parce qu’ils ne font pas l’unanimité, parce qu’ils éveillent des sensibilités en nous, parce qu’ils touchent directement nos valeurs et croyances fondamentales en plus de titiller nos peurs viscérales.

La peur. Cette émotion universelle, normale, saine. Cette émotion qui permet depuis des milliers d’années la survie de l’espèce en nous poussant à fuir ou à combattre.

L’anxiété prend racines dans la peur. L’anxiété, c’est lorsque la peur prend toute la place, lorsqu’elle est causée par un danger imaginaire ou réel qu’on croit ne pouvoir affronter. On se sent impuissants, petits, en perte de contrôle, affolés.

Et sentir qu’on perd le contrôle dans un monde archi-organisé, c’est angoissant. C’est donc dire que ça rajoute une couche à la peur initiale ressentie.

On peut avoir peur d’une multitude de choses : du noir, des Noirs, des araignées, des chiens, des humains, de la différence, de l’inconnu, des inconnus, des gais, de l’abandon, de la honte, du mépris, de la fin du monde, du monde pas fin, de l’avenir, du passé qui nous hante, des transgenres, de soi, etc.

La peur en soi n’est pas négative; c’est la façon qu’on a de l’exprimer et de la gérer qui peut l’être.

L’inconnu, l’incompréhension, ça fait peur. Mais que fait-on avec cette peur? On la garde pour soi? On l’alimente en s’alliant à des gens qui partagent les mêmes peur que nous? On la corumine avec eux? On la garroche en plein face de ceux qui nous la font ressentir? De ceux qui ne la ressentent pas dans une tentative désespérée de les contaminer avec la nôtre? On gueule sur ceux qui ne voient pas le danger là où nous on le voit, sans tenter de comprendre pourquoi eux n’ont pas peur? Sans tenter de cesser d’avoir peur en essayer de comprendre notre incompréhensible?

On a peur de ce qu’on ne connaît pas. De ce qu’on ne comprend pas. Mais il semble que peu tentent de comprendre, de voir plus loin que leur peur. Que beaucoup justifient leurs faits et gestes par la peur (oh! Sans la nommer ainsi, évidemment; c’est bien connu que « la peur, c’est pour les faibles ».) voire même excusent également les autres (qui ont les mêmes peurs qu’eux, évidemment).

La peur, ça mène à construire des murs, à isoler, à déclarer la guerre, à se boucher les oreilles et à se convaincre qu’on a raison. Ça rassure, avoir raison.

Et ceci, on l’observe à l’échelle mondiale mais à l’échelle personnelle, aussi.

Dernièrement, plusieurs copines et collègues ont annoncé cesser leurs activités de partage d’opinions car elles reçoivent trop de commentaires haineux, sur la place publique ou en privé. Parce qu’elles constatent que le débat n’arrive pas à se faire dans le respect de l’autre.

Oui, exprimons-nous, mais pas n’importe comment. Avec respect – de soi et de l’autre. En tentant de comprendre le point de vue de l’autre, en acceptant qu’on n’a pas la vérité absolue (non, notre vérité n’est pas forcément celle de l’autre. C’est ce qu’on appelle l’empathie).

Après tout, on est aussi des modèles pour nos jeunes à qui on somme de « bien se comporter » sur les réseaux sociaux et « dans la vraie vie » sans qu’en tant qu’adultes, on y arrive.