L’été de mes 30 ans

Par Stéphanie Deslauriers.

Voilà deux ans que j’habite à Lachine, sur le bord de l’eau, et que je me dis : « Ah! Il faudrait VRAIMENT que j’aille au club de canoë pour essayer le bateau Dragon.

Tsé, les fameux « Il faudrait »?

Ben avant le mois de juillet de cette année, je l’avais jamais fait.

C’est une copine qui m’a aussi fait découvrir le Cardio Plein Air (Hey! J’aime don’ ben ça, m’entrainer avec d’autres personnes dans le parc qui longe le canal Lachine) qui m’a informée que son équipe de bateau Dragon se cherchait des remplaçants.

C’est ainsi que le lendemain soir, à 18h30, je prenais place dans cette embarcation de 20 places.

J’ai littéralement trippé! Moi qui ai fait du canot durant mon adolescence dans un contexte d’expédition au fil de l’eau, je revivais des sensations et des émotions que j’avais adorées.

Du travail d’équipe, de l’effort physique dans un but commun : avancer plus vite, avancer avec fluidité sur l’eau. Se concentrer sur son coup de rame, suivre la cadence, continuer même quand les muscles commencent à tirailler, quand on a soif, quand on a chaud parce que si on arrête, ce sont 19 autres personnes qui devront ramer plus fort.

Ces deux activités m’ont donc permis de rencontrer de belles personnes, de renouer avec le sport (j’ai été très active toute mon enfance et mon adolescence jusqu’au début de l’âge adulte pour ensuite devenir très, très sédentaire), de repousser mes limites, de voir de quoi mon corps était capable. C’est grisant, tout ça.

Et sans oublier l’effet des endorphines. Aaaahh, les endorphines. Comme leur libération fait du bien au moral, apaise l’anxiété et alouette.

Je me suis aussi remise au yoga, relation on and off que j’ai avec cette discipline depuis de nombreuses années.

J’avais comme besoin de recharger mes batteries, de prendre du temps pour moi, de socialiser, de profiter de la nature et du dehors pour essayer de maintenir le cap à partir de la rentrée, où je retourne entre les murs de l’Université, dans ma voiture sur les routes du Québec afin d’animer formations et conférences et dans le traintrain quotidien qui peut sournoisement nous engloutir.

Et vous, avez-vous fait des découvertes intéressantes cet été?

Écrire : une chance?

Par Stéphanie Deslauriers.

En promenant Toutou l’autre matin, je crois un de mes voisins qui fait la même chose. « Argh, je dois me rendre au centre-ville ce matin et y va avoir du trafic », qu’il me dit, après que je l’ai abordé d’un contemplatif : « Aahh…il fait tellement beau, ce matin… ».

Il s’est empressé d’ajouter : « Toi, tu dois être en vacances pour dire ça? ».

N’oui. En fait, je passe mon été à écrire mon prochain livre, que je lui explique.

Je n’ai pas fini ma phrase que je vois son visage changer.

« Aaah ouin… », qu’il lâche, l’air de dire que OUI, je suis en vacances car écrire, c’est tellement pas un vrai métier, surtout. Et travailler de la maison en linge mou implique assurément que…je sais pas. Je sais pas du tout ce que ça implique, en fait. J’aime juste ça être en linge mou.

On se laisse immédiatement après cette courte interaction, où il me rappelle que LUI, il doit aller affronter le trafic.

Bon.

Est-ce que je suis chanceuse de travailler de la maison? Est-ce qu’il est malchanceux d’avoir une job au centre-ville?

N’oui.

Je suis chanceuse pour plein de choses, dans la vie. Chanceuse…

  • d’être née dans une époque où je n’ai pas à travailler dans une shop 14h par jour à partir de l’âge de trois ans
  • d’être née dans un pays favorisé
  • d’avoir pu fréquenté les meilleures écoles publiques en raison de mon lieu d’habitation (en raison du revenu de mes parents)
  • d’avoir reçu le soutien financier de mes parents pour mes études supérieures
  • …et probablement pour plein d’autres affaires que je ne réalise pas ou que je ne sais juste pas.

Et j’en suis très, très reconnaissante. Vraiment.

Mais j’ai aussi travaillé très fort lorsque j’allais dans les meilleures écoles publiques de la province. Quand je suis arrivée à l’Université. Quand j’ai fait le choix de travailler 15-20h par semaine en même temps de suivre 15h de cours et de faire 15-20h de stage. De mettre sur pied ce blogue que vous êtes en train de lire (merci, en passant) en entamant ma maitrise. Quand j’ai presque fait dans mes culottes en postant mon tout premier manuscrit aux maisons d’éditions en me disant : « On verra » (manuscrit que j’avais écrit, tsé). Bref, je pourrais continuer ainsi encore et encore. Je sais, je suis une travaillante.

Et écrire, c’est probablement le métier le plus difficile dans tous ceux que je fais (chargée de cours à l’Université, formatrice, psychoéducatrice, blogueuse, etc.). C’est de l’écriture, de la lecture, de la réécriture, des modifications, des commentaires de l’éditrice, des commentaires de la réviseure, de la réécriture encore, des modifications encore. Jusqu’à sa sortie où pas grand-monde se déplacera à ton lancement parce qu’il y en a tellement d’autres évènements auxquels assister exactement au même moment. Ou pas tant de gens te liront, parce qu’il y a tellement d’autres livres sur les tablettes. Et c’est correct, là. Je me plains pas de ça. Je fais juste dire que c’est dur, écrire. Et que oui, c’est un métier. Une vocation, même.

Alors, si ma vocation me permet, entre juin et fin août, de travailler de la maison en linge mou, entre mes angoisses, mes inquiétudes et mes élans, eh bien, soit! C’est un choix que j’ai fait, une option que j’ai eu la chance d’avoir…et que j’ai prise. Et ça, j’en suis franchement reconnaissante.

Consommer moins, point.

Par Stéphanie Deslauriers.

Je suis en train de lire « Cessez d’être parfait, soyez vous-même » de la docteure américaine en travail social, Brené Brown. J’ai découvert cette chercheuse via son populaire TED Talk : « The power of vulnerability » où elle parle de la vulnérabilité non pas comme d’une faiblesse ou d’un point à améliorer, mais comme la façon dont ont les gens heureux de vivre leur vie : en se montrant vulnérables, en ÉTANT vulnérables, vrais et authentiques. Ils prennent le risque d’être qui ils sont vraiment. Ils prennent le risque de se faire rejeter pour qui ils sont. De se faire dire « non », d’échouer, de se faire rejeter. Mais ils préfèrent continuer d’avoir le courage d’être qui ils sont vraiment, ce qui les amènent à être aimés véritablement aussi.

Bref, dans le livre en question, l’auteure parle de l’addiction : aux drogues, au jeu, à l’alcool mais également au magasinage, au comfort food, au travail et à l’aide apportée aux autres.

Ouaip, on peut être accro à sa job mais aussi au sentiment qui monte en nous quand on aide, quand on se sent utile, important, altruiste.

J’ai eu une pensée pour toutes mes consoeurs et confrères intervenant(e)s en arrêt de maladie, en épuisement professionnel, en burnout.

Pour mon moi de 26 – VINGT-SIX!!! – ans qui était en surmenage. Je commençais à peine ma carrière que déjà, j’étais sur le cul.

Parce que oui, venir en aide aux autres peut permettre d’engourdir ses propres soucis, nous empêcher de nous regarder le nombril puis de se fixer dans le miroir en toute vulnérabilité pour se dire : « Ouais. Quelque chose ne va pas. ».

Bon, il y a un système de santé et de services sociaux qui est malade, aussi. C’est une réalité à ne pas négliger quand on regarde le nombre de professionnels du domaine à boutte. Mais ça, c’est un autre dossier.

J’ai aussi constaté à quel point j’étais accro au magasinage. En fait, je l’ai toujours su et ça n’a jamais été un grave problème : pas de marge de crédit ni de carte de crédit loadée. Mais.

Magasiner permet de remplir un vide, provoque unedécharge d’endorphines – éphémère – lorsqu’on se procure ZE truc en solde, par exemple. Et on en a besoin de plus, plus souvent.

L’an dernier, j’ai commencé à acheter usagé. C’est bon pour l’environnement et mon portefeuille, après tout! Oui, mais…

Mais je le fais plus pour me déculpabiliser. « Ça a pas coûté cher! » « C’est du recyclage! » Oui à ces deux affirmations mais. Au fond de moi, je sais bien que ça répond à un autre besoin.

Bref, ce constat m’a donné envie de me lancer un défi personnel : ne rien acheter dont je n’ai pas besoin pendant 30 jours. Suivant un peu le même principe de février sans alcool (bon, OK, février dure 28, 29 jours max), je m’essaie.

D’ailleurs, en février dernier, je me disais que ce n’était aucunement un défi pour moi de ne pas boire une goutte d’alcool pendant tout un mois. Ça m’arrive souvent de passer 30 jours, voire plus, sans consommer. Mais pour le magasinage, par exemple…

Faque, qui embarque?

La lecture, toujours la lecture

Par Stéphanie Deslauriers.

Ceux et celles qui me connaissent savent à quel point J’AIME la lecture.

Dans les livres, je m’évade, je découvre, j’apprends, je m’émeus, je réfléchis.

Depuis toujours, j’aime profondément les livres jeunesse. Je considère qu’il faut tout un talent, un doigté, une considération pour les jeunes afin de leur raconter des histoires et des les faire réfléchir sans jamais les infantiliser tout en vulgarisant suffisamment pour qu’ils comprennent ce qu’ils ont à comprendre.

Car non, la lecture d’un livre ne fait pas le même effet à l’ensemble de ses lecteurs. Les réflexions et apprentissages que nous en tirerons dépendent de ce qu’on perçoit, ce qui nous touche, l’état dans lequel nous sommes lors de la lecture, les événements extérieurs qui peuvent nous influencer dans notre expérience, etc.

Récemment, la maison d’édition Fonfon a publié une première série de 4 mini romans s’adressant aux premiers lecteurs : Simon et moi. (Psst : ma collègue chez Les P’tits Mots-Dits, Alexandra Collin, vous en parle ici.)

Puis, la série Robert et moi a vu le jour.

L’auteur, Robert Soulières, nous donne droit à des perles telles que : « Quand je serai grand, je serai astronaute pour aller te voir quand tu es dans la lune » ou encore, « Quand je serai grand, je serai chasseur de larmes pour que tout le monde soit heureux ». Honnnn! C’est beau comme tout, n’est-ce pas?

Et Cyril Doisneau donne vie aux propos de M. Soulières via des illustrations mignonnes, chaleureuses et colorées.

Enfants et parents pourront rigoler et s’émouvoir ensemble. Car, sérieusement, quel meilleur moment parent-enfant que celui de la lecture qui précède le dodo?

Bonne lecture :)

Avoir un TDAH, c’est aussi… (2/2)

Par Stéphanie Deslauriers.

Voili, voilà la 2e partie!

Avoir un diagnostic de TDAH n’a pas que du mauvais, bien au contraire.

Le fonctionnement cérébral différent des gens ayant un TDAH fait en sorte qu’on a tendance à voir les choses…autrement. « Think outside the box », comme disent nos copains anglophones. Ceci amène donc une perspective différente, novatrice, créative.

L’imagination débordante, les idées à profusion, les projets, les défis font également partie du quotidien des personnes ayant ce diagnostic.

Le fait d’être téméraire fait en sorte qu’on a tendance à être plus audacieux, à ne pas attendre « d’être prêt » pour se lancer dans quelque chose de nouveau. Après tout, qui peut se vanter d’être totalement prêt à toutes les éventualités quand il essaie de faire une chose pour la toute première fois?

« Wow! Tu es fonceuse! Tu sais où tu t’en vas! » La vérité? Pas tout le temps. Souvent, j’ai peur. Mais vous savez quoi? C’est également souvent la peur qui devient un moteur pour les personnes ayant un TDAH. Cette peur devient un stimulant, un motivateur. Parce que qui dit peur dit également adrénaline. Et ça, on aime ça.

La curiosité est également un trait des personnes ayant un diagnostic de TDAH; poser des questions pour comprendre comment, pourquoi. S’intéresser (réellement) aux autres (psst : saviez-vous qu’une personne intéressée a tendance à être décrite comme intéressante par son entourage?), à leur vécu, à leurs histoires, à leurs manières de penser et de concevoir le monde. Vouloir découvrir de nouvelles choses, de nouvelles manières de faire, de nouveaux pays. Ça fait également en sorte que les gens ayant ce diagnostic sont ouverts d’esprit! Et ne jugent pas facilement autrui parce qu’ils ont tendance, grâce à leur grande sensibilité, à être très, très empathiques. Ils ont la capacité cognitive et imaginative de se mettre à la place de l’autre, de le comprendre de l’intérieur, donc. Et l’empathie est la clé des relations sociales harmonieuses.

Le sens de la justice est également une force chez les personnes ayant un diagnostic de TDAH. Encore une fois, leur grande sensibilité font en sorte qu’ils ont un radar à injustices et leur désir de rééquilibrer le tout peut les mettre dans des situations de tentatives de médiation, de résolution de problèmes et donc, de personnes ressources.

(Psst : Cette capacité tend à être perçue comme une lacune par les adultes ou personnes faisant preuve d’autoritarisme (et donc, d’autorité injuste et/ou injustifiée) puisque les commentaires et gestes des personnes ayant un TDAH sont perçus comme une tentative de « tester les limites », de « déjouer l’autorité » alors qu’en fait, ces personnes ont bien raison de réagir parce qu’il y a matière à réagir.)

Les gens ayant un TDAH ont une très, très grande capacité de concentration et d’abstraction des stimuli ambiants lorsqu’ils sont attelés à une tâche qui les passionnent! Du même coup, ces gens ont tendance, de par leur intensité, à en avoir, des passions. Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde.

On les décrit comme intenses, pétillants, bons vivants, vivifiants, d’ailleurs.

Les personnes ayant un TDAH ont tant à offrir, que ce soit leurs talents multiples, leur sensibilité, leur sens de la justice, leur empathie, leur imagination débordante, leur leadership naturel, leur créativité, leur intérêt envers les autres, leur énergie, leurs idées, leur capacité à foncer…tant de raisons d’apprendre à se faire confiance, à les apprécier dans notre entourage et à se laisser inspirer par eux!