Ariane a lu… Alex {Surmonter l’anxiété à l’adolescence}

Par Ariane Mimeault.

Avoir deux adolescentes à la maison implique de devoir négocier avec l’anxiété de plus en plus souvent. Le secondaire est une période intense où les questionnements et incertitudes de toutes natures sont légion. Or, quand on s’interroge sur tout, qu’on n’est sûr de rien, l’anxiété en profite pour s’inviter et faire son nid entre nos deux oreilles. Les peurs, les peines, le stress prennent des proportions démesurées et peuvent devenir un réel problème.

Avant d’en arriver là, de fournir à nos beaux grands enfants d’amour des outils pour qu’ils apprennent à mieux gérer leurs angoisses peut être un début de solution. En ce sens, le livre Alex des Éditions Midi trente joue ce rôle à la perfection puisqu’il est justement conçu en fonction de la clientèle adolescente. L’auteure Nathalie Parent, psychologue qui cumule 15 ans d’expérience, s’adresse au lectorat sous la forme d’un blogue rédigé par un ado qui s’appelle Alex et qui relate des tranches de vie pour aborder des sujets reliés à l’anxiété. Comme il a l’âge moyen des lecteurs, les jeunes pourront se reconnaître dans ses propos, ce qui en facilitera la compréhension et l’appropriation.

L’anxiété y est décortiquée, on y explique dans un langage simple en quoi elle consiste, d’où elle provient, quelles émotions la font apparaître, comment les changements vécus à l’adolescence peuvent être des déclencheurs, etc. Plusieurs exercices pour aider à concrétiser tous ces concepts parsèment le texte, ainsi que des encadrés qui présentent en version abrégée des clés pour calmer l’anxiété.

Les chapitres qui traitent du stress et de la confiance en soi m’ont particulièrement plu. Le choix d’en discuter en partageant le vécu d’amis d’Alex aux prises avec des problèmes de pression sociale ou d’estime de soi rend le tout très signifiant pour les jeunes. Encore une fois, les nombreux exercices proposés permettent de faire de bonnes prises de conscience et de bien assimiler le contenu.

Le dernier chapitre, intitulé « J’affronte mon anxiété », regorge d’outils divisés en trois catégories très pratiques :

  • Trucs pour faire face aux peurs ou à l’anxiété relative à un objet précis
  • Trucs pour calmer l’anxiété lorsque tu en ressens les symptômes physiques (dans ton corps)
  • Trucs pour surmonter tes pensées anxiogènes

Toutes les suggestions peuvent être mises en pratique aisément, même si notre ado n’est pas familier avec la psychologie.

Deux petits bémols : quelques allégories (explications sous forme de métaphores) sont intégrées à la fin de certains chapitres et je ne suis pas convaincue que le style touchera les ados. J’aurais également préféré que les définitions de différents troubles psychologiques qu’on a saupoudrées au fil des pages, sans lien évident avec le texte, soient plutôt réunies dans un lexique.

Ceci étant dit, ça n’enlève rien à la qualité de cet ouvrage de 120 pages qui se lit tout seul et qui pourra être d’un grand secours pour les adolescents qui vivent de l’anxiété et ont besoin d’un coup de pouce pour s’en défaire. Une lecture ultra pertinente autant pour les grands enfants anxieux que pour leurs parents qui s’inquiètent pour eux…

 

Alex {Surmonter l’anxiété à l’adolescence}

par Nathalie Parent, psychologue

aux Éditions Midi trente, collection Perso

 

 

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L’été de mes 30 ans

Par Stéphanie Deslauriers.

Voilà deux ans que j’habite à Lachine, sur le bord de l’eau, et que je me dis : « Ah! Il faudrait VRAIMENT que j’aille au club de canoë pour essayer le bateau Dragon.

Tsé, les fameux « Il faudrait »?

Ben avant le mois de juillet de cette année, je l’avais jamais fait.

C’est une copine qui m’a aussi fait découvrir le Cardio Plein Air (Hey! J’aime don’ ben ça, m’entrainer avec d’autres personnes dans le parc qui longe le canal Lachine) qui m’a informée que son équipe de bateau Dragon se cherchait des remplaçants.

C’est ainsi que le lendemain soir, à 18h30, je prenais place dans cette embarcation de 20 places.

J’ai littéralement trippé! Moi qui ai fait du canot durant mon adolescence dans un contexte d’expédition au fil de l’eau, je revivais des sensations et des émotions que j’avais adorées.

Du travail d’équipe, de l’effort physique dans un but commun : avancer plus vite, avancer avec fluidité sur l’eau. Se concentrer sur son coup de rame, suivre la cadence, continuer même quand les muscles commencent à tirailler, quand on a soif, quand on a chaud parce que si on arrête, ce sont 19 autres personnes qui devront ramer plus fort.

Ces deux activités m’ont donc permis de rencontrer de belles personnes, de renouer avec le sport (j’ai été très active toute mon enfance et mon adolescence jusqu’au début de l’âge adulte pour ensuite devenir très, très sédentaire), de repousser mes limites, de voir de quoi mon corps était capable. C’est grisant, tout ça.

Et sans oublier l’effet des endorphines. Aaaahh, les endorphines. Comme leur libération fait du bien au moral, apaise l’anxiété et alouette.

Je me suis aussi remise au yoga, relation on and off que j’ai avec cette discipline depuis de nombreuses années.

J’avais comme besoin de recharger mes batteries, de prendre du temps pour moi, de socialiser, de profiter de la nature et du dehors pour essayer de maintenir le cap à partir de la rentrée, où je retourne entre les murs de l’Université, dans ma voiture sur les routes du Québec afin d’animer formations et conférences et dans le traintrain quotidien qui peut sournoisement nous engloutir.

Et vous, avez-vous fait des découvertes intéressantes cet été?

Avoir un TDAH, c’est aussi… (2/2)

Par Stéphanie Deslauriers.

Voili, voilà la 2e partie!

Avoir un diagnostic de TDAH n’a pas que du mauvais, bien au contraire.

Le fonctionnement cérébral différent des gens ayant un TDAH fait en sorte qu’on a tendance à voir les choses…autrement. « Think outside the box », comme disent nos copains anglophones. Ceci amène donc une perspective différente, novatrice, créative.

L’imagination débordante, les idées à profusion, les projets, les défis font également partie du quotidien des personnes ayant ce diagnostic.

Le fait d’être téméraire fait en sorte qu’on a tendance à être plus audacieux, à ne pas attendre « d’être prêt » pour se lancer dans quelque chose de nouveau. Après tout, qui peut se vanter d’être totalement prêt à toutes les éventualités quand il essaie de faire une chose pour la toute première fois?

« Wow! Tu es fonceuse! Tu sais où tu t’en vas! » La vérité? Pas tout le temps. Souvent, j’ai peur. Mais vous savez quoi? C’est également souvent la peur qui devient un moteur pour les personnes ayant un TDAH. Cette peur devient un stimulant, un motivateur. Parce que qui dit peur dit également adrénaline. Et ça, on aime ça.

La curiosité est également un trait des personnes ayant un diagnostic de TDAH; poser des questions pour comprendre comment, pourquoi. S’intéresser (réellement) aux autres (psst : saviez-vous qu’une personne intéressée a tendance à être décrite comme intéressante par son entourage?), à leur vécu, à leurs histoires, à leurs manières de penser et de concevoir le monde. Vouloir découvrir de nouvelles choses, de nouvelles manières de faire, de nouveaux pays. Ça fait également en sorte que les gens ayant ce diagnostic sont ouverts d’esprit! Et ne jugent pas facilement autrui parce qu’ils ont tendance, grâce à leur grande sensibilité, à être très, très empathiques. Ils ont la capacité cognitive et imaginative de se mettre à la place de l’autre, de le comprendre de l’intérieur, donc. Et l’empathie est la clé des relations sociales harmonieuses.

Le sens de la justice est également une force chez les personnes ayant un diagnostic de TDAH. Encore une fois, leur grande sensibilité font en sorte qu’ils ont un radar à injustices et leur désir de rééquilibrer le tout peut les mettre dans des situations de tentatives de médiation, de résolution de problèmes et donc, de personnes ressources.

(Psst : Cette capacité tend à être perçue comme une lacune par les adultes ou personnes faisant preuve d’autoritarisme (et donc, d’autorité injuste et/ou injustifiée) puisque les commentaires et gestes des personnes ayant un TDAH sont perçus comme une tentative de « tester les limites », de « déjouer l’autorité » alors qu’en fait, ces personnes ont bien raison de réagir parce qu’il y a matière à réagir.)

Les gens ayant un TDAH ont une très, très grande capacité de concentration et d’abstraction des stimuli ambiants lorsqu’ils sont attelés à une tâche qui les passionnent! Du même coup, ces gens ont tendance, de par leur intensité, à en avoir, des passions. Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde.

On les décrit comme intenses, pétillants, bons vivants, vivifiants, d’ailleurs.

Les personnes ayant un TDAH ont tant à offrir, que ce soit leurs talents multiples, leur sensibilité, leur sens de la justice, leur empathie, leur imagination débordante, leur leadership naturel, leur créativité, leur intérêt envers les autres, leur énergie, leurs idées, leur capacité à foncer…tant de raisons d’apprendre à se faire confiance, à les apprécier dans notre entourage et à se laisser inspirer par eux!

Avoir un TDAH (1 de 2)

Par Stéphanie Deslauriers.

Les mots qu’on utilise pour parler de soi sont fondamentalement importants.

Il y a une distinction majeure entre « être TDAH » et « avoir un TDAH ».

Oui, le TDAH est un fonctionnement cérébral différent qui amène plusieurs difficultés ; impulsivité, agitation, difficultés de concentration. Mais concrètement, ça veut dire quoi ?

C’est dire des choses sous le coup de l’émotion qu’on regrette amèrement quelques instants plus tard.

C’est tirer la langue, faire « le mauvais doigt » (comme le dit si bien Poulet), c’est écraser son poing sur la table, c’est crier, pousser, taper, lancer quand l’émotion monte en flèche et devient incontrôlable. C’est comme ça qu’elle fait, pour sortir : elle heurte les autres.

Et la personne qui adopte ce comportement ou verbalise ces paroles intenses et blessantes s’en veut tellement, après. Tellement qu’elle se traite de tous les noms :

Ah ! Que je suis niaiseuse !

Je suis un monstre !

Je ne mérite pas qu’on m’aime !

Je suis horrible !

Je me fais peur !

Je fais peur !

Je fais fuir les gens !

Je vais me retrouver tout seul !

Je suis le pire con !

Elle se répète tellement ces courtes phrases qu’elle peut finir par y croire.

Et parfois, c’est aussi le message qu’elle comprend, dans le regard des autres – enfants et adultes – qui reçoivent en pleine gueule ces mots et gestes.
C’est aussi avoir des fourmis dans les jambes et devoir les bouger dans tous les sens, sauter sur place, se tortiller sur sa chaise, jouer avec ses crayons, ronger son efface, gribouiller dans son calepin pendant des explications importantes en classe, se ronger les ongles, se craquer les doigts, se tourner la couette, alouette.

C’est avoir 18 hamsters speedés dans le cerveau, qui ne se reposent jamais. C’est être fatigué d’être soi, d’être dans sa tête, dans ses pensées incessantes qui se heurtent à vive allure, qui arrivent et repartent immédiatement sans qu’on ait pu les mémoriser.

C’est accrocher les autres dans son agitation, c’est entrer dans leur bulle sans s’en rendre compte, c’est être maladroit, se cogner un orteil, un coude, une cuisse sur un coin de meuble. C’est étourdir les autres qui, pourtant, n’ont qu’un minime aperçu de ce qui se passe dans notre tête.

C’est partir dans la lune, perdre contact avec la réalité, ne plus suivre une conversation parce que le fil de nos pensées a pris le dessus, c’est voir le regard heurté de notre interlocuteur qui a l’impression qu’on ne l’écoute pas parce qu’on ne le trouve pas intéressant, c’est avoir du mal à se rappeler une conversation eue le matin même mais se souvenir en détails de la journée d’anniversaire de nos sept ans, alors qu’on en a 12.

C’est oublier ses cahiers à l’école, ranger le lait dans l’armoire, les céréales dans le lave-vaisselle. C’est ne plus se rappeler où sont nos clés, notre casquette, notre boite à lunch. C’est arriver en retard pour prendre le bus, c’est attendre le bus pour aller à l’école alors qu’on est samedi. C’est arriver le dimanche après-midi avec le cadeau de fête de notre copain alors que les festivités étaient la veille. C’est oublier de faire signer un document important à nos parents, le retrouver en boule dans le fond de son casier à la fin de l’année.

C’est se trouver niaiseux, stupide, étourdi. C’est se tomber sur la tomate, se dire qu’on ne fitte pas dans le moule, qu’on ne pourra jamais avoir une job de 9 à 5 dans un bureau gris avec du tapis beige. C’est avoir peur de s’emmerder, de se tourner les pouces puis, de se plaindre parce qu’on a (encore) surchargé notre horaire.

Alors, alors, on fait quoi pour ne pas virer fou ? Pour s’aimer un peu ? Pour trouver notre place dans le Monde ?

 

À suivre…

Perte de poids et beauté?

Par Stéphanie Deslauriers.

« Wow! T’as don’ ben maigri! »

« Hey, t’as perdu du poids! Ça te va bien! »

« T’es don’ ben belle! T’as maigri, toi! »

J’ai reçu ces commentaires au cours des derniers jours, alors que la température grimpe, que les couches de vêtements se font de moins en moins nombreuses et que je revois les voisins qui hibernaient.

Est-ce que c’est flatteur? Noui… Je suppose.

Est-ce que je suis don’ ben une féministe frustrée, pas capable de prendre les compliments et je ne sais quoi encore? Non. Je suis une féministe, oui, mais pas frustrée. Et j’apprends de plus en plus à prendre les compliments. À dire « merci » sans vouloir pitcher tout de suite un compliment à l’autre.

Mais est-ce que « perdre du poids » est un compliment? Est-ce que le fait d’associer la perte de poids et la beauté est sain? Ils sont plutôt là, mes questionnements. Ainsi que tout ce que la perte et la prise de poids sous-tendent.

Il y a deux ans, mon corps (et mon cœur) a subi un choc immense : celui de porter la vie puis, de la perdre. S’en est suivie une longue période de deuil, de déprime, de remises en question : « Pourquoi moi? Pourquoi la vie? Pourquoi la mort? Qui suis-je? Que sais-je? Où vais-je? ». La totale, quoi.

Et comme j’avais moins d’énergie (parce que je la passais à apprendre à vivre avec la vide et à essayer de répondre à des questions existentielles qui tournaient en boucles dans ma tête), je n’avais pas envie de cuisiner, de bien m’alimenter, de sortir dehors, de bouger. J’avais plutôt envie d’engouffrer un sac de chips au complet après avoir englouti une barre de chocolat au caramel à la fleur de sel. À engourdir mes sensations (dont celles de la satiété). De me sentir pleine à nouveau.

Toutou sur le bord de l’eau

Bien sûr, j’ai pris du poids. Personne (à part mon père; « y’é pas barré », comme on dit) ne m’a parlé de ma prise de poids. Ou de ce qui pouvait sous-tendre cela. Peut-être par malaise, par méconnaissance, par crainte de ne pas trouver les bons mots. Peut-être la peur de me blesser, aussi.

Depuis quelques mois, je me nourris mieux. J’ai envie de bien manger. De me sentir en forme. Depuis septembre, aussi, à tous les jours et ce, plusieurs fois par jour, je vais promener Toutou, je cours avec lui, lui lance la balle, l’amène au parc à chiens, alouette. Je mange beaucoup, beaucoup moins de comfort food, je mange quand j’ai faim et j’arrête lorsque je n’ai plus faim (!) et j’ingère beaucoup plus de fruits.

Dehors en tout temps!

Je me sens mieux dans ma peau, ça me fait du bien de prendre l’air à tous les jours en bonne compagnie, d’apprécier les moments de repas et d’être capable de tolérer la faim (sans le vivre comme un drame ou comme une angoisse du vide).Mais tout ça sous-tend quelque chose de fondamental : je vais mieux. Je vais bien, même. Mon deuil suit son cours, je suis capable de parler de l’enfant que j’ai portée sans pleurer (sans même en avoir le goût ou le besoin), je suis capable de sourire en me remémorant cette période de ma vie, de me défaire des vêtements de maternité, de me sentir ancrer dans le moment présent et j’en passe. Je vais mieux donc, je mange mieux et je mange mieux parce que je vais mieux.

Et c’est ça, qui me rend belle.