Crosby, une autre commotion

Par Caroline Charpentier.

Vous avez vu, tout comme moi, ce coup à la tête que Crosby a encaissé de Niskanen? J’ai lu que ce n’était pas intentionnel, que ça faisait partie du « hockey play« . Et bien moi, intentionnel ou pas, légal ou pas, ce genre de coups à la tête me fait friser les cheveux, bien plus qu’un bichon maltais!

Au moment d’écrire ces lignes, RDS rapporte que le joueur Niskanen ne sera pas suspendu pour le geste posé envers Crosby. « L’arbitre lui-même l’a affirmé: c’était un jeu de réaction par Niskanen» a mentionné Karl Alzner, joueur des Capitals de Washington. Ok. Mais, après que Crosby soit tombé, je me demande pourquoi Niskanen ne l’a pas lâché tout de suite? Au contraire, il a continué de le maintenir avec son bâton et entre ses jambes. Mais bon, je m’arrête ici. Résultat: Crosby a une commotion.

Il y a maintenant des protocoles de commotions cérébrales établis pour le retour au jeu et il y a plus de sensibilisation, que je salue d’ailleurs! Mais à mon avis, ce n’est pas suffisant. On a beau avoir les meilleurs protocoles mais si à la source on voit encore de tels impacts entre les joueurs, c’est un problème. Je crois qu’il y a moyen de diminuer encore plus le niveau de dangerosité accepté des impacts entre les joueurs. Rappeler au joueur qu’il plaque un humain et non un joueur de l’équipe adverse. Il faut peut-être même sanctionner plus les coups qui ont des conséquences importantes et ce, même lorsqu’ils sont légaux et pas intentionnels? Une commotion, c’est grave.

Niskanen a eu une pénalité et quoi d’autre déjà? Ah oui, chassé de la partie. Bon, vous allez me dire qu’il n’est pas fautif et donc, il n’avait pas à être suspendu. Ok. Prenons donc l’exemple de ce jeune Jérémie Duschesne-Sauriol, victime en décembre 2015 d’une mise en échec illégale . Dans l’article, on apprend que le joueur fautif a écopé de 2 matchs de suspension et de 5 minutes de pénalité. «Il me semble que ça ne se peut pas que la société accepte des comportements comme ça, et qu’on ne fasse rien. Et aussi parce que je ne voudrais pas que ça se reproduise pour d’autres. », déplore Sylvie Sauriol la mère de Jérémie*.

Voyez-vous, si mes séquelles de commotions cérébrales se réglaient à la vitesse V des conséquences que ces joueurs doivent encaisser, je les multiplierais par 10 et je serais encore ben gagnante! Vous comprendrez mon sarcasme. Disons que les séquelles d’une commotion peuvent être beaucoup plus longues et plus graves que quelques minutes de pénalité et de matchs de suspension!

Cette semaine à Puisqu’il faut se lever, Guillaume Latendresse relatait combien les séquelles des commotions cérébrales sont importantes. Même les animateurs Paul Arcand et Alain Crête se sont dit bouche-bée suite à l’entrevue. Il dit vrai, Latendresse! Plusieurs personnes se battent dans l’ombre contre leurs commotions, contre leurs symptômes et les séquelles qui viennent avec. Des gens ayant passé par là des jours, des semaines, des mois, des années auparavant jonglent maintenant avec des problèmes de concentration, un manque d’énergie invalidant, des dépendances à l’alcool et à la drogue, des idées suicidaires, des pertes d’emplois, des échecs scolaires, des séparations/divorces, des douleurs.

Je pourrais en énumérer encore longuement. Je n’invente rien, c’est difficile. Quand il est question de la santé de la tête, ce ne sont pas toujours des scénarios de films qui finissent dans la beauté et l’allégresse.

Je souhaite de tout coeur que Crosby se remette rapidement de sa commotion. Ça me rend triste quand j’apprends qu’une personne souffre d’une commotion car j’ai une pas pire idée de ce qui peut l’attendre, disons…

*Éléments précisés à la fin de l’article: «À la suite de notre intervention auprès de la ligue, Hockey Mauricie a admis qu’un rapport aurait dû être rédigé, ce que fera l’arbitre qui a assisté à la mise en échec.
Le comité de discipline réévaluera par la suite le dossier et des sanctions plus sévères pourraient être prises contre le joueur fautif.»

Le bagage émotionnel de l’intervenant

Par Stéphanie Deslauriers.

« Est-ce que je peux être intervenante même si j’ai un trouble anxieux? »

« Est-ce que le fait que j’ai des problèmes à gérer mes émotions fait de moi un mauvais candidat en intervention? »

« J’ai déjà fait une dépression. C’est pas un peu paradoxal, de poursuivre mes études en intervention? »

Ben non. La vie est faite de défis, d’obstacles, d’impondérables parfois heureux, parfois tristes. Personne n’est à l’abri de la souffrance psychologique.

Et c’est même souvent parce qu’ils ont une sensibilité à cette souffrance que les individus se dirigent vers l’intervention. Parce qu’ils en ont eux-mêmes vécu, que ce soit dans leur milieu familial qu’ils n’ont pas choisi, en contexte scolaire ou amoureux.

La détresse, la peur, la colère et la tristesse font partie intégrante de l’humain, peu importe d’où il vient et où il va. Ce sont des émotions, des états psychologiques qui peuvent se prolonger dans le temps en raison d’une foule de facteurs; la génétique, l’histoire de vie, la capacité d’adaptation, un deuil, une rupture, un traumatisme, etc.

On ne peut pas s’attendre à ce que des intervenants, qu’on souhaite empathiques, ouverts, compréhensifs, sensibles, authentiques, ouverts d’esprit de n’avoir jamais vécu de souffrance, quelle qu’elle soit!

Est-ce que ça fait d’eux des cordonniers mal chaussés? En fait, j’espère que mon cordonnier a un jour été mal chaussé pour comprendre l’importance d’être bien chaussé. Afin de développer ses stratégies pour réparer les semelles, changer les lacets et cirer le cuir.

Tout comme chaque intervenant a son histoire, sa vie, ses difficultés qu’il parvient, grâce à son entourage, à ses propres capacités, à ses apprentissages théoriques et humains en lien avec sa formation et sa pratique, à pallier, à réparer, à atténuer.

Tout ce bagage fait en sorte que la relation, à la base même du processus d’intervention et de changement chez la personne qui souhaite être aidée, puisse se bâtir sur des bases solides, d’humain à humain, d’égal à égal.

Hé oui! Je crois fondamentalement au pouvoir d’agir sur leur vie des individus (empowerment), qu’ils sont les acteurs principaux de leur vie, qu’ils ont des ressources qui ne cherchent qu’à émerger, qu’à être consolidées et être optimisées via l’aide d’un professionnel, parfois.

Je crois que l’intervenant devrait encourager une collaboration participative, axée sur l’acceptation inconditionnelle, l’authenticité et le respect bidirectionnel des forces et limites de chacun. Je crois profondément qu’une relation va dans les deux sens et que l’intervenant qui se place en expert ferme la porte à une grande partie de la relation qui pourrait être tellement utile (voire nécessaire!) au cheminement de la personne.

Bref. Que vous soyez étudiants ou professionnels, vous et votre bagage de vie avez votre place en intervention. Tant que ce bagage vous permette de devenir une meilleure personne, un meilleur outil de travail permettant à son tour l’écoute, la disponibilité, la considération et l’empathie.

Aller au bout de ses rêves

Par Stéphanie Deslauriers.

« Ha! Que j’aurais aimé ça être psychologue! », rêvasse une comptable approchant la retraite.

« J’aurais tant aimé avoir ma pâtisserie! », s’avoue un travailleur social.

« J’aurais donc aimé… », « Avoir su… ».

J’ai toujours eu peur d’avoir des regrets, dans la vie. De ne pas faire quelque chose qui me faisait envie parce que j’avais peur; peur d’échouer, peur de réussir (!), peur de quitter ma zone de confort.

Je crois que c’est pour cette raison que j’ai toujours été fascinée – et franchement émue – par tous ceux et celles qui font un changement de carrière, qui retournent aux études, qui jonglent avec les coups durs de la vie (que ce soit la maladie, un deuil, etc.) pour en faire quelque chose de beau, de grand, de positif. Je pense à Nathalie Roy, auteure à succès, qui a commencé à écrire après avoir reçu un diagnostic d’arthrite rhumatoïde. Ou à Yannick Olassa, « Bouquineuse Boulimique », qui a commencé son blogue littéraire après avoir reçu un diagnostic de sclérose en plaques. Ou à toutes « mes » étudiantes universitaires, mamans, professionnelles dans un tout autre domaine que celui de l’intervention, mais qui viennent refaire un baccalauréat puis, une maitrise afin de devenir psychoéducatrices (c’est d’ailleurs ce qu’a fait notre collaboratrice Geneviève Chénard!).

Les deux proprios : Catherine Desforges et Lewis White

Il y a quelques années, une de mes grandes amies d’enfance, Catherine Desforges, s’est envolée pour l’Australie afin d’y compléter sa certification de plongeuse pour pouvoir être guide de plongée dans les eaux de ce pays magnifique. Longue histoire courte, elle y a rencontré l’homme de sa vie, Lewis White, un Néo-Zélandais venu en Australie pour exactement la même raison que ma copine. Ils se sont mariés, ont déménagé à Montréal, eurent beaucoup d’enfants un chien et sont retournés sur les bancs d’école afin d’apprendre les bases de la gestion d’une entreprise. Leur rêve commun? Ouvrir un café. Lewis s’est donc orienté vers un emploi de barista alors que Catherine, bien qu’elle a poursuivi quelques contrats en graphisme (sa formation initiale), est allée travailler dans un café afin de comprendre le fonctionnement sous-jacent au service aux tables. Comment ça roule, une cuisine? Comment on choisit le menu? Comment on choisit ses employés? Comment on gère les horaires?

Lewis a donc appris le français au cours des discussions entre copains, dans le cadre de son travail où tout roule très vite et dans le quotidien avec sa dulcinée.

Ils ont buché sur leur plan d’affaires entre deux quarts de travail, la recherche d’un nid douillet à l’extérieur de la ville (eh oui, la nature australienne et néo-zélandaise, où ils ont habité plus d’un an, leur manquait terriblement) ainsi que d’un local qui pourrait abriter leur café de rêve.

Le Café White & Cie

Ils ont finalement trouvé où ils avaient envie d’installer leurs pénates : St-Sauveur! Ils y ont déniché l’endroit parfait, ont planifié leurs travaux de réaménagement afin que l’endroit corresponde à qui ils sont et…l’ouverture est prévu pour dans quelques mois.

Il va sans dire que l’émotion est à son comble : non seulement une personne a travaillé d’arrachepied pour réaliser son rêve, mais cette personne est une amie de très, très longue date accompagnée de son mari.

Je suis choyée d’être entourée de personnes aussi inspirantes.

Vraiment.

L’éducation à la sexualité à la maternelle

Par Eve Anabelle Saintonge.

Saviez-vous que le programme d’éducation à la sexualité du ministère de l’Éducation du gouvernement du Québec sera appliqué dans la majorité des écoles du Québec pour l’année scolaire 2017-2018?  En d’autres termes, les enfants de la maternelle au secondaire recevront une éducation à la sexualité à l’école. Ce projet est déjà mis en place dans quelques écoles et sera, si tout va bien, en force l’année prochaine[1].

Quand on entend les grands mots ‘’éducation à la sexualité’’ et qu’on l’associe à des petits d’âges préscolaires, les poils des bras (et même de la nuque) de plusieurs parents se dressent! Souvent, la première pensée qui nous vient à l’esprit est l’acte sexuel et nous nous demandons en quoi cela est nécessaire pour nos petits.

Or, l’éducation à la sexualité ne comprend pas seulement la mécanique des organes génitaux, mais un éventail de sujets importants. L’éducation à la sexualité inclut la connaissance de son corps, la puberté, les relations saines, la communication, le consentement, l’orientation sexuelle, l’hygiène, les désirs et les émotions, etc. Sans oublier nos valeurs culturelles, familiales et religieuses associées à la sexualité.

Ce sont tous des sujets qui contribuent à la prévention des abus sexuels et du développement d’une saine image de soi et une saine image corporelle. De plus, les fondements du développement égalitaire débutent à cette période. C’est à travers la discussion de ces sujets que se développe également la prévention de la violence, de l’exploitation sexuelle et du respect de la diversité sexuelle.

Mythe: Mais, si je parle de sexualité, je vais donner des idées à mes enfants et ils vont faire des comportements sexuels inadéquats pour leur âge?

Afin de croire à ce mythe, il faut premièrement croire que la sexualité est apprise et non innée. Les sentiments d’attirance sexuelle ne sont pas appris, mais bien naturellement présents chez les enfants et les adolescents.

Saviez-vous qu’aux États-Unis, les états qui offrent l’éducation à la sexualité ont un taux significativement plus bas de grossesses à l’adolescence comparativement aux autres états qui enseignent l’abstinence ?[2] En d’autres termes, peu importe l’éducation que l’on offre, les jeunes ont tendance à avoir des comportements sexualisés. La manière dont ils pratiqueront ces comportements et les conséquences de ces pratiques sont influencés par l’éducation qu’ils reçoivent.

Que vous soyez pour ou contre que l’État prenne la responsabilité de faire l’éducation à la sexualité des élèves, il en reste qu’il y a quelques questions que nous devons nous poser en tant que parents. Comment est-ce que je vais gérer ce ‘’sujet’’ à la maison ? Est-ce que je le lègue à l’État ou je le prends en charge ? Est-ce que je veux soutenir l’enseignement à l’école en ajoutant à ce que mon enfant reçoit ou je veux que mon enfant connaisse mon opinion et mes valeurs avant même qu’il commence l’école ?

Mythe: Mon enfant va être trop mal à l’aise pour parler de ce sujet avec moi.

Un tabou ou un malaise est un comportement appris par modelage. Votre malaise devant le sujet de la sexualité est observé par votre enfant et de ce fait, lui enseigne que socialement nous ne devons pas en parler.

La première étape est de se retourner vers soi-même. Quels sont mes malaises quant au sujet de la sexualité ? Quels éléments sont manquants dans ma propre éducation ? Quels sujets devrais-je régler personnellement ou avec mon partenaire ? Rappelons-nous que notre propre vie sexuelle a différents chapitres dans une vie et que notre expérience ne sera pas celle que vivra notre enfant.

Mythe: Je risque de traumatiser mon enfant si j’en dis trop.

Il est recommandé de dire les vraies choses plutôt que d’expliquer la sexualité avec des métaphores ou des termes qui ne sont pas exacts. Votre enfant réalisera rapidement que vous n’avez pas dit la vérité et fera davantage confiance aux autres pour se confier et trouver réponse à ses questions.

Quand et comment commencer à parler de la sexualité ? Dès la naissance ! Quoi ?!

Rappelez-vous qu’en tant que parents, nous devons premièrement développer des habitudes saines pour ensuite être un modèle pour notre enfant. Nous désirons créer l’habitude d’avoir une communication ouverte et saine où il n’y a pas de malaise. Ensuite, rappelez-vous que l’éducation à la sexualité inclut la connaissance de son corps, la puberté, les relations saines, la communication, le consentement, l’orientation sexuelle, l’hygiène, les désirs et les émotions, etc. Sans oublier nos valeurs culturelles, familiales et religieuses. N’oubliez pas qu’un enfant d’âge préscolaire ne cherche pas une réponse de calibre universitaire. Prenez le temps de comprendre d’où vient sa question. Pourquoi souhaite-t-elle avoir cette information ? Qu’est-ce qui l’a amené à venir vous poser cette question ?

Vous avez envie de paniquer puisque vous ne savez pas comment répondre. Pas de soucis, vous êtes encore un bon parent ! Respirez, rassurer votre enfant qu’il a une super bonne question et que vous voulez y répondre, mais plus tard quand vous aurez trouvé la bonne réponse. Planifiez ensemble un bon moment et respectez votre promesse.

Plusieurs manières existent puisque tous les parents et les enfants sont uniques. Comment discutez-vous de sexualité à la maison ?

[1] http://www.education.gouv.qc.ca/enseignants/dossiers/education-a-la-sexualite/

[2] http://www.upworthy.com/the-teen-pregnancy-rate-has-dropped-25-in-recent-years-heres-why

« Exprimez-vous »

Par Stéphanie Deslauriers.

Sur Facebook, avant d’écrire une publication, il est inscrit en gris : « Exprimez-vous ».

C’est ce que plusieurs font; ils s’expriment à propos d’une vidéo de chats, ils s’expriment en partageant leur joie de « tomber » en vacances, ils expriment leurs inquiétudes en lien avec une situation sociale, ils expriment leur reconnaissance envers des copains passés à la maison la veille.

Certains et certaines s’expriment à propos de sujets plus controversés : la religion, le sexe, les sexes, l’immigration, l’inclusion sociale/scolaire, la politique, etc.

Pourquoi ces sujets sont-ils plus controversés? Parce qu’ils ne font pas l’unanimité, parce qu’ils éveillent des sensibilités en nous, parce qu’ils touchent directement nos valeurs et croyances fondamentales en plus de titiller nos peurs viscérales.

La peur. Cette émotion universelle, normale, saine. Cette émotion qui permet depuis des milliers d’années la survie de l’espèce en nous poussant à fuir ou à combattre.

L’anxiété prend racines dans la peur. L’anxiété, c’est lorsque la peur prend toute la place, lorsqu’elle est causée par un danger imaginaire ou réel qu’on croit ne pouvoir affronter. On se sent impuissants, petits, en perte de contrôle, affolés.

Et sentir qu’on perd le contrôle dans un monde archi-organisé, c’est angoissant. C’est donc dire que ça rajoute une couche à la peur initiale ressentie.

On peut avoir peur d’une multitude de choses : du noir, des Noirs, des araignées, des chiens, des humains, de la différence, de l’inconnu, des inconnus, des gais, de l’abandon, de la honte, du mépris, de la fin du monde, du monde pas fin, de l’avenir, du passé qui nous hante, des transgenres, de soi, etc.

La peur en soi n’est pas négative; c’est la façon qu’on a de l’exprimer et de la gérer qui peut l’être.

L’inconnu, l’incompréhension, ça fait peur. Mais que fait-on avec cette peur? On la garde pour soi? On l’alimente en s’alliant à des gens qui partagent les mêmes peur que nous? On la corumine avec eux? On la garroche en plein face de ceux qui nous la font ressentir? De ceux qui ne la ressentent pas dans une tentative désespérée de les contaminer avec la nôtre? On gueule sur ceux qui ne voient pas le danger là où nous on le voit, sans tenter de comprendre pourquoi eux n’ont pas peur? Sans tenter de cesser d’avoir peur en essayer de comprendre notre incompréhensible?

On a peur de ce qu’on ne connaît pas. De ce qu’on ne comprend pas. Mais il semble que peu tentent de comprendre, de voir plus loin que leur peur. Que beaucoup justifient leurs faits et gestes par la peur (oh! Sans la nommer ainsi, évidemment; c’est bien connu que « la peur, c’est pour les faibles ».) voire même excusent également les autres (qui ont les mêmes peurs qu’eux, évidemment).

La peur, ça mène à construire des murs, à isoler, à déclarer la guerre, à se boucher les oreilles et à se convaincre qu’on a raison. Ça rassure, avoir raison.

Et ceci, on l’observe à l’échelle mondiale mais à l’échelle personnelle, aussi.

Dernièrement, plusieurs copines et collègues ont annoncé cesser leurs activités de partage d’opinions car elles reçoivent trop de commentaires haineux, sur la place publique ou en privé. Parce qu’elles constatent que le débat n’arrive pas à se faire dans le respect de l’autre.

Oui, exprimons-nous, mais pas n’importe comment. Avec respect – de soi et de l’autre. En tentant de comprendre le point de vue de l’autre, en acceptant qu’on n’a pas la vérité absolue (non, notre vérité n’est pas forcément celle de l’autre. C’est ce qu’on appelle l’empathie).

Après tout, on est aussi des modèles pour nos jeunes à qui on somme de « bien se comporter » sur les réseaux sociaux et « dans la vraie vie » sans qu’en tant qu’adultes, on y arrive.