Perte de poids et beauté?

Par Stéphanie Deslauriers.

« Wow! T’as don’ ben maigri! »

« Hey, t’as perdu du poids! Ça te va bien! »

« T’es don’ ben belle! T’as maigri, toi! »

J’ai reçu ces commentaires au cours des derniers jours, alors que la température grimpe, que les couches de vêtements se font de moins en moins nombreuses et que je revois les voisins qui hibernaient.

Est-ce que c’est flatteur? Noui… Je suppose.

Est-ce que je suis don’ ben une féministe frustrée, pas capable de prendre les compliments et je ne sais quoi encore? Non. Je suis une féministe, oui, mais pas frustrée. Et j’apprends de plus en plus à prendre les compliments. À dire « merci » sans vouloir pitcher tout de suite un compliment à l’autre.

Mais est-ce que « perdre du poids » est un compliment? Est-ce que le fait d’associer la perte de poids et la beauté est sain? Ils sont plutôt là, mes questionnements. Ainsi que tout ce que la perte et la prise de poids sous-tendent.

Il y a deux ans, mon corps (et mon cœur) a subi un choc immense : celui de porter la vie puis, de la perdre. S’en est suivie une longue période de deuil, de déprime, de remises en question : « Pourquoi moi? Pourquoi la vie? Pourquoi la mort? Qui suis-je? Que sais-je? Où vais-je? ». La totale, quoi.

Et comme j’avais moins d’énergie (parce que je la passais à apprendre à vivre avec la vide et à essayer de répondre à des questions existentielles qui tournaient en boucles dans ma tête), je n’avais pas envie de cuisiner, de bien m’alimenter, de sortir dehors, de bouger. J’avais plutôt envie d’engouffrer un sac de chips au complet après avoir englouti une barre de chocolat au caramel à la fleur de sel. À engourdir mes sensations (dont celles de la satiété). De me sentir pleine à nouveau.

Toutou sur le bord de l’eau

Bien sûr, j’ai pris du poids. Personne (à part mon père; « y’é pas barré », comme on dit) ne m’a parlé de ma prise de poids. Ou de ce qui pouvait sous-tendre cela. Peut-être par malaise, par méconnaissance, par crainte de ne pas trouver les bons mots. Peut-être la peur de me blesser, aussi.

Depuis quelques mois, je me nourris mieux. J’ai envie de bien manger. De me sentir en forme. Depuis septembre, aussi, à tous les jours et ce, plusieurs fois par jour, je vais promener Toutou, je cours avec lui, lui lance la balle, l’amène au parc à chiens, alouette. Je mange beaucoup, beaucoup moins de comfort food, je mange quand j’ai faim et j’arrête lorsque je n’ai plus faim (!) et j’ingère beaucoup plus de fruits.

Dehors en tout temps!

Je me sens mieux dans ma peau, ça me fait du bien de prendre l’air à tous les jours en bonne compagnie, d’apprécier les moments de repas et d’être capable de tolérer la faim (sans le vivre comme un drame ou comme une angoisse du vide).Mais tout ça sous-tend quelque chose de fondamental : je vais mieux. Je vais bien, même. Mon deuil suit son cours, je suis capable de parler de l’enfant que j’ai portée sans pleurer (sans même en avoir le goût ou le besoin), je suis capable de sourire en me remémorant cette période de ma vie, de me défaire des vêtements de maternité, de me sentir ancrer dans le moment présent et j’en passe. Je vais mieux donc, je mange mieux et je mange mieux parce que je vais mieux.

Et c’est ça, qui me rend belle.

Le jour où…

Par Laure Rollier.

Il n’est jamais facile de dévoiler aux autres ce que l’on est vraiment. J’ai l’impression que l’on passe le plus clair de son temps à se cacher derrière une façade. C’est humain, c’est naturel, peu de gens connaissent le véritable « nous », si ce n’est personne. Devenir soi-même est un long cheminement, certains n’y arriveront peut-être jamais. C’est triste à dire et à entendre, j’en ai conscience, mais c’est pourtant vrai.

Ne vous êtes vous jamais posé la question « Qui suis-je? ». Qui suis-je moi et qu’est-ce que je souhaite faire de ma vie? Parce qu’un jour, on se rend compte que l’horloge tourne et que si on ne bouge pas maintenant, on ne le fera jamais. Il n’est pas forcément question d’envoyer valser notre existence toute entière mais de nous rendre compte de nos propres attentes et aspirations. Il est parfois si facile de s’oublier lorsque l’on est en couple, que l’on a des enfants, un travail épuisant…

Crédit photo : Laure Rollier

Il faut souvent aux gens un événement dramatique pour qu’ils se rendent compte à quel point la vie est fragile, qu’il faut la préserver mais également en profiter. Et pour ne pas avoir l’impression d’en être passé à coté, il faut en être acteur et non plus spectateur. Etre acteur de sa vie, c’est accepter et dévoiler ce que l’on est.

Je suis écrivaine. Des centaines de personnages vivent dans ma tête, cela fait certainement de moi une illuminée, et alors? Ils ont toujours été là mais je ne les ai pas toujours écoutés. Ils parlaient à voix basse dans un coin de ma tête, vivaient leur petite vie sans moi, me regardaient tristement faire comme s’ils n’existaient pas. Jusqu’au jour où j’ai accepté de leur faire une vraie place dans ma vie. Ce jour là, la mienne a commencé également. Et la votre, elle commence quand?

« Le monde ne vous donnera jamais que la valeur que vous vous donnez vous-même. » Joseph Murphy.

Demain votre vie chavire

Par Caroline Charpentier.

Demain votre vie chavire. Elle chavire assez pour que cette vie que vous avez présentement change drastiquement. Vous perdez la capacité d’exercer votre travail. Vous n’êtes plus en mesure de vous laver, de vous nourrir…

Demain votre vie chavire. Quels seront vos constats? Aurez-vous des regrets de ne pas avoir fait à temps des choses auxquelles vous teniez? Réaliserez-vous que vous aviez tendance à construire votre vie sur les: « quand je serai, quand j’aurai…».

Ce n’est pas la première fois qu’il est question de profiter du moment présent car demain n’est pas certain. C’est comme si ces phrases ont tendance à devenir un peu anodines à force de les entendre. Même, ça donne l’impression que ça n’arrive qu’aux autres. Jusqu’au jour où ces mots: «qu’aux autres» c’est vous-même, c’est un proche. Là, c’est l’urgence de vivre.

Demain votre vie chavire. Eh bien moi, ça m’est arrivé!

Bien franchement, j’aurais aimé connaître la Caroline d’aujourd’hui il y a 5 ans. Elle aurait sûrement essayé de me faire comprendre combien il est important de savourer chaque instant. J’en étais consciente avant mais selon moi, ma vie ne pouvait pas chavirer puisque j’étais jeune et en santé. Quelle réflexion et pourtant, je ne devais pas être la seule à penser ainsi, non?

Donc, comment puis-je apprendre à savourer et à apprécier plus cette vie que j’ai? Comment puis-je prendre le temps de faire, de mettre en place les éléments que je chéris sachant que demain ma vie pourrait chavirer? Je suis consciente qu’il y a des imprévus, des obligations, des contraintes. Je ne dis pas aussi de partir dans les excès car demain pourrait ne plus exister! Des fois, sans nécessairement réaliser un projet dans l’immédiat, c’est plutôt de le planifier, d’y réfléchir au lieu de constamment le reporter.

En regroupant tous ces éléments, comment faites-vous pour profiter plus du moment présent? Si vous répondez que vous le faite déjà, chapeau! Vous avez compris un point important de la vie et continuez.

Demain, si ma vie chavire, j’aurai cette satisfaction d’avoir ciblé mes priorités et d’avoir essayé de les mettre en place.

Les départs

Par Guillaume Bertrand.

Les départs…il y en a de toutes sortes. Malheureusement, il y a un peu plus de trois mois, j’ai connu le pire. La mort de mon père d’un choc septique.

Je me console en me disant qu’au moins, j’ai tout dit le positif qu’il aurait souhaité entendre, et j’ai tenu sa main régulièrement, sur son lit d’hôpital. Un peu comme une des scènes finales, avec la belle Mina dans l’émission O’. D’ailleurs, j’ai assez facilement les larmes aux yeux, lorsque j’en fais mention. Au moins je ne regrette rien du tout et c’est parfait.

Mais il y a d’autres types de départ. Par exemple, je déteste savoir que quelqu’un, collègue ou ami(e), devra partir d’un endroit. Ça me fait énormément de peine, ça me brise le cœur, même si je sais que ça fait partie de la réalité.

Les émotions, je les vis sans me mentir. Ce serait bon que les autres fassent pareil, je trouve.

J’ai deux choix possibles dans une telle situation : finir par accepter ou sinon m’adapter. Bien souvent, j’opte pour la deuxième option.

Dans n’importe quelle situation, pour bien des raisons, à un endroit donné, quelqu’un quitte. Et bizarrement, il arrive dans plusieurs cas, que nous nous entendions très bien avec lui ou elle. Par contre, il demeure légèrement plus facile, pour l’entourage de comprendre, lorsque le sujet qui part, prend, comme il le peut, le temps de bien expliquer (dans ses propres mots) sa décision, à l’avance. Pour que rapidement, les gens sachent à quoi s’attendre.

De mon côté, jamais je n’en voudrai à celui ou celle qui s’en va parce qu’en vérité, je sais très bien qu’il rayonne assez autour de ceux qui le côtoient puis qu’il fait la différence à sa manière, là où il est.

Et dans le meilleur des cas, il arrivera que nos chemins se croiseront à nouveau. C’est en partie pour cela que je tente de garder de très bonnes relations avec ceux-ci. Le bonheur se lit dans le visage lors des retrouvailles et c’est merveilleux lorsque ça survient. Enfin, oui c’est très difficile de se faire à l’idée que quelqu’un aille si loin, si longtemps, ou à jamais. Alors, il est ultra important de préserver les bons souvenirs.

Conseils et reconnaissance

Par Guillaume Bertrand.

Chaque jour, lorsque nous posons des actions autour de nous, cela peut avoir de bons effets sur l’entourage puis d’autres qui le sont moins. Tout dépend de la situation. Viennent alors des gens qui prennent le temps d’offrir des commentaires. De ces mots, prenons-en, ou laissons-en, mais dans la réalité, plusieurs feront leur chemin à nos oreilles… Inconsciemment!

Vivons ce moment où ça fait mal lorsque ça ne va pas, qu’il faut recommencer, car il ne dure pas longtemps et il est important. Les gens disent trop souvent qu’il faut TOUJOURS bien réagir mais dans un sens, ça ne regarde que celui qui doit se revérifier. Alors un peu de compréhension puis de tact… Voilà! Ça aide à faire passer le choc.

Maintenant : Place au positif, à ces douceurs, à ces paroles qui font tant de bien. Il est toujours important de se servir de nos forces pour être en mesure de corriger nos erreurs, de travailler sur ce qui est plus difficile. Pensées d’un sage??? Non! Mais les exemples ci-dessous démontrent qu’il y a un sens à ce que je mentionne. Prêts ou pas, les coups de coeur sont là. Je tiens à remercier ces personnes :

Julie La Rochelle qui m’a fait cette offre si incroyable d’être conférencier, dans le cadre du Salon de la santé en 2017.

Audrey Sylvestre, grande amie maintenant, qui m’a dit de si bons mots près du stationnement à La Cage (Brasserie Sportive), en lien avec Facebook. Et, elle a organisé un souper avec la gentille chanteuse : Myriam Webber! Depuis, elle m’encourage régulièrement.

Puis, je pense aussi à tous mes instructeurs de tennis qui m’ont vraiment donné une chance, et la grande opportunité d’être le joueur que je suis présentement.

Finalement, il est possible de réaliser bon nombre de rêves. Tout le monde peut y arriver. Avec aide, ou seul. Patience et embûches font cependant partie du jeu. Ensuite, c’est la fierté puis le bonheur qui s’installent. C’est assuré.