Le vrai visage de Madame Commotion Cérébrale

Par Caroline Charpentier.

Du 16 au 22 octobre dernier, c’était la Semaine québécoise du traumatisme craniocérébrale. Alors, parlons-en de Madame Commotion Cérébrale!

Courtoisie de Caroline Charpentier

Sur cette photo, je suis avec ma maman et l’une de mes adorables nièces. Nous sommes sur le bord de la plage en Jamaïque. J’ai un bon verre de vin à la main. Nous nous amusons! C’est le pur bonheur.

Rapidement, plusieurs diront que j’ai l’air en super forme sur cette photo et ne comprennent pas que je sois en arrêt de travail. Pourtant, je suis en arrêt de travail depuis très longtemps à cause des séquelles de Madame Commotion et mon retour n’est pas prévu pour le mois prochain. Sur cette photo, si on se fie aux apparences, je suis souriante et vu que Madame Commotion m’a fait perdre quelques kilos, ça donne l’impression que tout va bien! Et bien non!

Dans cet article, je veux présenter l’envers du décor de Madame Commotion Cérébrale comme l’est l’envers du décor de cette photo. La seule chose qui est vraie sur cette photo c’est nous nous amusons beaucoup! En fait, nous sommes devant la télévision de mes parents et nous faisons croire que nous sommes en voyage! Au premier coup d’œil, ça semble être la belle vie, non?! Et bien, c’est la même chose avec Madame Commotion. De l’extérieur ça semble bien aller, ça semble facile de s’en remettre mais, ce n’est pas toujours le cas.

Alors, voyons le vrai visage de Madame Commotion Cérébrale!

Pour cette photo, j’ai emprunté un verre de vin; du vin je n’en prends pas quand il y a beaucoup de monde. Les stimuli, les bruits sont beaucoup trop difficiles à gérer que je n’ajoute pas d’alcool!

Pour cette soirée, durant la journée j’ai dormi et re-re-siesté afin de mettre toutes les chances de mon côté. Je suis même retournée siester durant la soirée et ce, même si je m’étais plus que reposée dans la journée. Je suis un peu comme une batterie de cellulaire défectueuse qui se décharge trop vite et surtout, sans raison. Quand on l’a chargée toute la journée, il me semble qu’il faudrait qu’elle fonctionne un peu le soir, n’est-ce pas? Et c’est fâchant non?! Et bien, c’est la même chose avec Madame Commotion, la batterie est défectueuse sur un temps!

Pour cette soirée, j’ai aussi refusé des activités que j’aurais vraiment aimé faire durant la journée, la veille et même le lendemain. Jumeler des activités dans la même journée ou de manière trop rapprochée ça ne fonctionne pas pour ma batterie défectueuse. Et, si je n’écoute pas assez les signaux de Madame Commotion, je peux facilement me mettre à pleurer. Vous avez l’image du petit coco trop fatigué qui pleure, alors mettez ma face à sa place! Ho oui, c’est ça qui arrive quand je dépasse mes limites! Même, que des fois, je me peux tellement plus que j’aurais juste le goût de faire le « bacon » par terre. Mais bon, je me ressaisis avant!

Bien entendu, je ne donne qu’une mince partie des nombreuses conséquences que peut causer Madame Commotion Cérébrale. J’en garde pour d’autres articles ;)

Je ne suis pas en train de me plaindre : je suis en train de nommer quelques-uns des symptômes qu’on ne voit pas sur cette photo où je semble être en Jamaïque et en super forme. Même, j’aurais pu réellement être en voyage et on n’aurait toujours pas vu mes symptômes sur la photo. Ce n’est pas écrit dans mon front que ça ne va pas sur cette image et pourtant, ça ne va pas! Souvent, chez Madame Commotion, on ne voit pas son vrai visage et tout peut sembler bien aller. On ne voit que la pointe de l’iceberg alors qu’en réalité ça peut être bien plus compliqué qu’un mal de tête de quelques jours!

Alors svp, soyez conscient des impacts majeurs que ça peut avoir sur une vie et prenez soin de votre tête!

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Crosby, une autre commotion

Par Caroline Charpentier.

Vous avez vu, tout comme moi, ce coup à la tête que Crosby a encaissé de Niskanen? J’ai lu que ce n’était pas intentionnel, que ça faisait partie du « hockey play« . Et bien moi, intentionnel ou pas, légal ou pas, ce genre de coups à la tête me fait friser les cheveux, bien plus qu’un bichon maltais!

Au moment d’écrire ces lignes, RDS rapporte que le joueur Niskanen ne sera pas suspendu pour le geste posé envers Crosby. « L’arbitre lui-même l’a affirmé: c’était un jeu de réaction par Niskanen» a mentionné Karl Alzner, joueur des Capitals de Washington. Ok. Mais, après que Crosby soit tombé, je me demande pourquoi Niskanen ne l’a pas lâché tout de suite? Au contraire, il a continué de le maintenir avec son bâton et entre ses jambes. Mais bon, je m’arrête ici. Résultat: Crosby a une commotion.

Il y a maintenant des protocoles de commotions cérébrales établis pour le retour au jeu et il y a plus de sensibilisation, que je salue d’ailleurs! Mais à mon avis, ce n’est pas suffisant. On a beau avoir les meilleurs protocoles mais si à la source on voit encore de tels impacts entre les joueurs, c’est un problème. Je crois qu’il y a moyen de diminuer encore plus le niveau de dangerosité accepté des impacts entre les joueurs. Rappeler au joueur qu’il plaque un humain et non un joueur de l’équipe adverse. Il faut peut-être même sanctionner plus les coups qui ont des conséquences importantes et ce, même lorsqu’ils sont légaux et pas intentionnels? Une commotion, c’est grave.

Niskanen a eu une pénalité et quoi d’autre déjà? Ah oui, chassé de la partie. Bon, vous allez me dire qu’il n’est pas fautif et donc, il n’avait pas à être suspendu. Ok. Prenons donc l’exemple de ce jeune Jérémie Duschesne-Sauriol, victime en décembre 2015 d’une mise en échec illégale . Dans l’article, on apprend que le joueur fautif a écopé de 2 matchs de suspension et de 5 minutes de pénalité. «Il me semble que ça ne se peut pas que la société accepte des comportements comme ça, et qu’on ne fasse rien. Et aussi parce que je ne voudrais pas que ça se reproduise pour d’autres. », déplore Sylvie Sauriol la mère de Jérémie*.

Voyez-vous, si mes séquelles de commotions cérébrales se réglaient à la vitesse V des conséquences que ces joueurs doivent encaisser, je les multiplierais par 10 et je serais encore ben gagnante! Vous comprendrez mon sarcasme. Disons que les séquelles d’une commotion peuvent être beaucoup plus longues et plus graves que quelques minutes de pénalité et de matchs de suspension!

Cette semaine à Puisqu’il faut se lever, Guillaume Latendresse relatait combien les séquelles des commotions cérébrales sont importantes. Même les animateurs Paul Arcand et Alain Crête se sont dit bouche-bée suite à l’entrevue. Il dit vrai, Latendresse! Plusieurs personnes se battent dans l’ombre contre leurs commotions, contre leurs symptômes et les séquelles qui viennent avec. Des gens ayant passé par là des jours, des semaines, des mois, des années auparavant jonglent maintenant avec des problèmes de concentration, un manque d’énergie invalidant, des dépendances à l’alcool et à la drogue, des idées suicidaires, des pertes d’emplois, des échecs scolaires, des séparations/divorces, des douleurs.

Je pourrais en énumérer encore longuement. Je n’invente rien, c’est difficile. Quand il est question de la santé de la tête, ce ne sont pas toujours des scénarios de films qui finissent dans la beauté et l’allégresse.

Je souhaite de tout coeur que Crosby se remette rapidement de sa commotion. Ça me rend triste quand j’apprends qu’une personne souffre d’une commotion car j’ai une pas pire idée de ce qui peut l’attendre, disons…

*Éléments précisés à la fin de l’article: «À la suite de notre intervention auprès de la ligue, Hockey Mauricie a admis qu’un rapport aurait dû être rédigé, ce que fera l’arbitre qui a assisté à la mise en échec.
Le comité de discipline réévaluera par la suite le dossier et des sanctions plus sévères pourraient être prises contre le joueur fautif.»

Demain votre vie chavire

Par Caroline Charpentier.

Demain votre vie chavire. Elle chavire assez pour que cette vie que vous avez présentement change drastiquement. Vous perdez la capacité d’exercer votre travail. Vous n’êtes plus en mesure de vous laver, de vous nourrir…

Demain votre vie chavire. Quels seront vos constats? Aurez-vous des regrets de ne pas avoir fait à temps des choses auxquelles vous teniez? Réaliserez-vous que vous aviez tendance à construire votre vie sur les: « quand je serai, quand j’aurai…».

Ce n’est pas la première fois qu’il est question de profiter du moment présent car demain n’est pas certain. C’est comme si ces phrases ont tendance à devenir un peu anodines à force de les entendre. Même, ça donne l’impression que ça n’arrive qu’aux autres. Jusqu’au jour où ces mots: «qu’aux autres» c’est vous-même, c’est un proche. Là, c’est l’urgence de vivre.

Demain votre vie chavire. Eh bien moi, ça m’est arrivé!

Bien franchement, j’aurais aimé connaître la Caroline d’aujourd’hui il y a 5 ans. Elle aurait sûrement essayé de me faire comprendre combien il est important de savourer chaque instant. J’en étais consciente avant mais selon moi, ma vie ne pouvait pas chavirer puisque j’étais jeune et en santé. Quelle réflexion et pourtant, je ne devais pas être la seule à penser ainsi, non?

Donc, comment puis-je apprendre à savourer et à apprécier plus cette vie que j’ai? Comment puis-je prendre le temps de faire, de mettre en place les éléments que je chéris sachant que demain ma vie pourrait chavirer? Je suis consciente qu’il y a des imprévus, des obligations, des contraintes. Je ne dis pas aussi de partir dans les excès car demain pourrait ne plus exister! Des fois, sans nécessairement réaliser un projet dans l’immédiat, c’est plutôt de le planifier, d’y réfléchir au lieu de constamment le reporter.

En regroupant tous ces éléments, comment faites-vous pour profiter plus du moment présent? Si vous répondez que vous le faite déjà, chapeau! Vous avez compris un point important de la vie et continuez.

Demain, si ma vie chavire, j’aurai cette satisfaction d’avoir ciblé mes priorités et d’avoir essayé de les mettre en place.

Des excuses suffisantes?

Par Caroline Charpentier.

On apprend qu’il est bon de s’excuser. On entend aussi: «faute avouée à demi pardonné». Oui, il peut arriver qu’on commette des gestes ou qu’on ait des propos irrespectueux. Il arrive que sous le coup de l’émotion on réagisse et qu’après réflexion, on se rende compte que certaines limites ont été dépassées. En revoyant ses comportements, on peut s’excuser et prendre conscience de ses actions. En s’excusant on tente d’une certaine façon de réparer notre geste et d’éviter que ça ne se reproduise.

Mais voyez-vous, les excuses qui viennent suite à des propos inappropriés et inacceptables à l’égard d’une personne qui dit avoir été victime d’agression sexuelle, ça ne passe pas. Là ici, je fais référence aux propos de Serge Simard, député Libéral. Ses propos sont irrespectueux et condescendants lorsqu’il commente la situation de Alice Paquet disant avoir été victime d’une agression sexuelle. «On demande très souvent à quelqu’un c’est quoi le nom de ton maire et il ne le sait pas.», a-t-il mentionné en commentant la situation. C’est condescendant comme propos. Et si je vais dans le même sens que sa réflexion, oui il est fort possible que plusieurs personnes ne connaissent pas le nom de leur maire, mais si on a été victime d’une agression sexuelle par ce maire, on saura son nom, soyez-en assuré.

Je suis une personne qui est empathique. Je suis une personne qui est ouverte. Mais, je suis une personne tannée des explications: «Je m’excuse, j’étais en réaction, je ne voulais pas banaliser», dans les contextes d’allégations et d’agressions sexuelles. Je ne dis pas que je réagis toujours à la perfection et qu’il ne m’arrive jamais de parler sous le coup de l’émotion. Je ne demande pas que les gens soient parfaits en tout temps mais, quand il est question d’agression sexuelle, j’ose le demander!

Comme dans le cas de Claude Jutra. J’avais eu les mêmes réflexions suite à la situation. Des commentaires lourds à l’endroit de la victime avaient été nommés pour que des excusent viennent par la suite. Certains vont dire que c’est parce qu’ils ne croient pas à l’histoire, que l’accusé est innocent jusqu’à preuve du contraire. Oui, c’est possible et oui vous pouvez avoir des interrogations. Mais avoir des propos irrespectueux, inappropriés, condescendants et accusateurs, envers la victime, non. Non.

Je ne comprends pas encore qu’il ait de telles réactions, de tels propos quand il est question d’une victime d’agression sexuelle. Et malheureusement, ce genre de réaction ne fait qu’augmenter la peur chez les victimes de dénoncer. Pourquoi certaines personnes attendent des semaines, des mois, voire même des années avant de parler? Pourquoi des victimes parlent sous le couvert de l’anonymat? Pourquoi? Parce que ce sont le genre de commentaires qui découragent les victimes à porter plainte.

Que la victime ait une jupe courte ou pas, que sa poitrine soit à la vue ou pas, qu’elle soit habillée ou pas, qu’elle soit dans une chambre d’hôtel ou pas, que sa porte soit barrée ou pas, qu’elle soit étendue ou pas sur un lit, qu’elle soit sous l’effet de l’alcool ou pas, dans aucun cas elle donne le droit à l’agresseur de l’agresser sexuellement. On peux-tu comprendre ça? Prenez le temps d’écouter ce vidéo https://www.youtube.com/watch?v=KKQsBpe-sbM.

Parce qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire auprès de la population, continuons de sensibiliser et utilisons: #AgressionNonDénoncée, lancée par la Fédération des femmes du Québec, «pour permettre de briser le silence».

P.S. Petit questionnement. Concernant Serge Simard, l’Assemblée Nationale se contentera-t-elle de ses excuses et ira ainsi de l’avant?

Quand commotion cérébrale rime avec idées suicidaires

Par Caroline Charpentier.

Salut toi, Commotion Cérébrale,

J’ai commencé à t’écrire des lettres, chère Commotion. Ça me fait du bien! Dans cette lettre je veux te parler d’un des symptômes que tu fais vivre à certaines personnes qui doivent vivre avec toi: les idées suicidaires.

Voici ce que j’ai à te dire: «Arrête SVP d’envoyer des idées suicidaires». Moi, ça d’l’air que tu me laisses tranquille sur ce point et, j’en suis soulagée. Mais je sais qu’il y en a d’autres que tu n’épargnes pas en leur envoyant des idées suicidaires. À chaque fois que j’entends qu’un athlète ou qu’une personne s’est enlevée la vie à cause de toi, ça me bouleverse. À chaque fois, je suis triste et je suis fâchée.

14114898_10154293026255708_4621139317167120571_o (1)Le 10 septembre, c’est la 14e journée mondiale de la prévention du suicide. C’est pourquoi je t’écris une lettre parce que je veux sensibiliser les gens à ce sujet. Commotion Cérébrale, SVP, laisse-nous tranquille avec tes idées suicidaires. « Nous », c’est la parole que je prends pour toutes ces personnes qui souffrent des séquelles d’une commotion et qui sont visitées par tes idées suicidaires.

C’est difficile ce que nous vivons. Nos vies ont changé à différents niveaux et oui, il y a plusieurs choses éprouvantes au quotidien. Mais, écoute-moi bien!

Je le dis haut et fort car je veux que tout le monde le sache que tu nous envoies de fausses idées et, au bout du compte, nous ne te croirons plus! Nous allons nous en rendre compte que ce n’est pas vrai. Nous allons voir qu’il y en a des vraies options car le suicide n’en n’est pas une. Même si tu nous amènes à avoir l’impression qu’il n’y a plus de solutions, il y en a. Et vois-tu, il y a d’autres idées, beaucoup mieux que tes idées suicidaires. Oui, notre vie prend des détours, nous le savons! Oui, nous trouvons ça difficile mais nous allons tout faire équipe contre toi pour que tes fausses idées que t’envoies, nous les balayions du revers.

Je me dis que tu es comme ces emails frauduleux que je reçois où ils m’avisent que mes comptes Visa ou Desjardins ont tous été piratés et que je dois rapidement changer mes mots de passe. Je le sais que ce n’est pas vrai. Oui c’est normal que des fois je m’inquiète quand je reçois ces emails qui semblent vrais mais, je le sais que c’est faux. Et lorsque les doutes persistent, comme lorsque tu envoies trop d’idées suicidaires, j’appelle directement chez Visa pour vérifier l’état de mon compte, comme ces centres d’appels pour recevoir de l’aide.

Cette lettre à toi, Commotion Cérébrale, se veut que un rappel que même si nous avons l’impression des fois qu’il n’y a plus de solutions, il y en a. Il y en a. Le suicide n’est pas une option.

N’hésitez pas à appeler un Centre d’aide et/ou demander de l’aide. Ce n’est pas être faible, loin de là! C’est être humain. Cette 14e journée mondiale de la prévention du suicide est importante, parlons-en.

1-866-APPELLE (277-3553)