Crise de la trentaine!

Par Catherine Landry-Plouffe.

Le mois prochain j’aurai 29 ans. Selon plusieurs, c’est durant cette année qu’on vit la crise de la trentaine. Cette crise existentielle n’est certes pas vécue par tout le monde, mais lorsqu’elle l’est, on remet tout en question.

En regardant autour de moi, il me semble que la crise de la trentaine est vécue de deux façons. Pour certains, elle fait réaliser qu’ils ont atteint plusieurs de leurs objectifs de vie (maison, emploi, études, voyages, etc.). Toutefois, leur atteinte n’a pas toujours l’effet anticipé. Pour d’autres, elle fait réaliser qu’ils ne sont pas où ils l’auraient cru à cet âge.

De mon côté, je fais partie des premiers. Ma crise, je l’ai vécu de manière un peu précoce lors de mes 27 ans. Disons que ma dernière rupture amoureuse a provoqué les choses. Après ma séparation, j’ai tout questionné : mes valeurs, mon mode de vie, mes relations, mon choix de carrière, etc. Tout y est passé! C’est là que j’ai réalisé que depuis bon nombre d’années j’étais sur le pilote automatique ou plutôt sur les pilotes automatiques, qui étaient mes objectifs de vie (professionnels et personnels) et mes peurs. Ils dictaient mes choix et mes comportements.

Ces remises en question et les prises de conscience qui en ont découlées se sont concrétisées graduellement en changements dans ma vie. Le plus récent est de m’assurer que je fais les choses en étant dans le moment présent plutôt que dans l’anticipation de ce que je vivrai une fois que se sera terminé. Dorénavant, ce n’est pas l’atteinte d’un objectif fixé qui est important, mais le cheminement qu’engendre son atteinte.

J’ai fait ce constat en ayant atteint quelques-uns de mes objectifs personnels (études, emploi, etc.). Avec le recul, je réalise que la poursuite de leur atteinte m’a amené à ne pas porter attention aux occasions qui se sont présentées. En effet, j’ai les ai plutôt regardé passer en maintenant le cap vers mon objectif. Un exemple de cela est mon cheminement scolaire. Arrivée à l’université, mon objectif était de compléter mes études afin de devenir psychoéducatrice. Je trouvais l’idée de prendre une année sabbatique très intéressante, toutefois mon objectif et mes peurs (« peut-être que je ne voudrai plus retourner aux études », etc.) m’ont amenée à poursuivre sans pause.

Aujourd’hui, j’estime le fait d’atteindre mes objectifs personnels, mais j’ajoute la nuance de me questionner continuellement et de garder les yeux grands ouverts en cours de route.

L’élaboration d’un objectif personnel est donc le début d’un cheminement mais il n’est pas une fin de soi. Un concept qui s’applique tant dans ma vie personnelle que professionnelle, comme psychoéducatrice. Un détail important que M. Gilles Gendreau a également pris le temps de soulever dans son livre Jeunes en difficulté et intervention psychoéducative. Comme quoi les crises ont du bon!

 

 

 

Mes filles, mon miroir?

Par Ariane Mimeault.

Constater qu’on a transmis nos travers, nos bibittes à nos enfants est déstabilisant. On se dit « Merde, mais qu’est-ce que j’ai fait? » et on aimerait bien trouver la machine à remonter le temps pour corriger la situation. Mais non, on n’a pas de deuxième chance quand on élève un enfant. Pire, on n’a pas de manuel d’instructions ni de cours préparatoires. On apprend sur le tas, avec le lot d’essais-erreurs que ça comporte. Et parfois, on se trompe sans le réaliser sur le coup, parce qu’on n’est pas parfait, qu’on fait de son mieux et qu’on n’a pas de boule de cristal pour prédire comment telle intervention affectera la psyché de notre enfant.

Mes filles ont 11 ans et 15 ans et je me rends compte de plus en plus souvent à quel point elles ont intégré, malgré moi, certaines de mes réactions pas toujours glorieuses face à divers obligations ou évènements. Par exemple, je n’aime pas magasiner, mais vraiment pas. Je l’ai maintes fois formulé en leur présence, en arpentant les allées du centre commercial à la recherche d’une xième paire de mitaines ou DU t-shirt blanc exigé en éduc. Je n’aurais pas dû.

J’aurais dû refouler mon agacement, ne pas l’exprimer devant elles, faire mon devoir de parent responsable sans chigner. Car de ces séances de magasinage-bougonnage, elles ont gardé une aversion pour les centres d’achats. Sauf que lorsque tes souliers ne te font plus, il faut bien aller en acheter des plus grands! Une sortie qui se transforme littéralement en corvée pour mes filles, assortie de l’humeur qui vient avec.

Si je pouvais recommencer ce petit bout de leur éducation, je le ferais. Même chose pour l’organisation de fêtes d’enfants qui ne m’enchante pas, la cuisine que je n’aime pas trop faire, la chaleur que je supporte mal, etc. Avoir su que mes filles enregistreraient ça sur leur disque dur au point de reproduire mes comportements, j’aurais fait plus attention. Elles n’ont pas à vivre les mêmes frustrations, inconforts, malaises que leur mère.

Petite consolation, elles n’ont pas pris que mes mauvais plis! Quand j’entends ma grande s’emporter face à une injustice ou ma plus jeune s’inquiéter du bien-être de tout un chacun, je me dis que j’ai quand même fait une pas pire job. Mais de constater à quel point j’influence mes enfants, sans en être toujours consciente, me fera davantage tourner la langue sept fois avant d’ouvrir la bouche quand elles sont là.

Les enfants apprennent beaucoup par imitation à ce qu’il paraît. Plus tôt on le réalise, plus on leur permettra de grandir libres de nos défaillances.

Se parler en 2017

Par Guillaume Bertrand.

Peut-être est-ce le temps qui manque. Les heures, les minutes et les secondes passent vite. J’oubliais… Possible aussi que je sois effrayé d’aller de l’avant dans ce monde parfois dur ou étrange. Ou que je sois un peu… fragile.

NON!

De nombreuses choses et des comportements malsains doivent changer rapidement. Par exemple, les façons absurdes qu’ont certain(e)s de communiquer entre eux. Puis on a le culot d’exiger des enfants : politesse, bon jugement et compréhension. Ça me met hors de moi. Regardons un peu puisque les exemples pleuvent, c’est indéniable. Il y a de quoi sursauter.

Quand ça ne va pas, qu’un conflit survient et effectivement, pour qu’il soit réglé, chacun doit y mettre du sien. Pourtant à de nombreuses occasions, il est exceptionnel que l’un s’excuse, directement, d’avoir fait de la peine à l’autre. Par contre, les gens (jeunes et adultes) adorent sortir spontanément : Ce n’est rien de « personnel » ou, « contre toi », pour ne pas avoir à expliquer ou dire la vérité.

Et bien, mauvaise nouvelle… malheureusement, on ne va pas loin avec ça! Et c’est tellement insultant. Surtout pour celui ou celle qui est prêt(e) à écouter sans juger. Oui, on dirait que je me répète, Savoir réconforter en faisait mention, mais c’est nécessaire.

Faisons attention aux mots, aux gestes et aux sous-entendus déplacés. Nous avons tous des points sensibles, puis des choses à corriger. Et quand la relation est excellente, faisons durer le plaisir. L’amitié, l’amour et juste le fait d’apprécier le monde nous permettent parfois d’aller plus loin, de découvrir des qualités et de garder confiance en soi.

Pour entrer en contact avec les gens, les réseaux sociaux sont plus que magiques. Mais! Il est impératif d’arrêter de donner cet argument pour expliquer soit la gêne ou d’autres difficultés sociales dans « la vraie vie ». Sur Internet puis dans le réel, les règles sont les-mêmes.

Finalement, chacun a le devoir et le pouvoir de se faire respecter. Puis si jamais on vit un désaccord, il est préférable de sortir la remarque qui sera confrontante sans faire de dommage. Une réponse brillante, pas vulgaire et inattendue qui fait réfléchir. Voilà!

Avoir un TDAH, c’est aussi… (2/2)

Par Stéphanie Deslauriers.

Voili, voilà la 2e partie!

Avoir un diagnostic de TDAH n’a pas que du mauvais, bien au contraire.

Le fonctionnement cérébral différent des gens ayant un TDAH fait en sorte qu’on a tendance à voir les choses…autrement. « Think outside the box », comme disent nos copains anglophones. Ceci amène donc une perspective différente, novatrice, créative.

L’imagination débordante, les idées à profusion, les projets, les défis font également partie du quotidien des personnes ayant ce diagnostic.

Le fait d’être téméraire fait en sorte qu’on a tendance à être plus audacieux, à ne pas attendre « d’être prêt » pour se lancer dans quelque chose de nouveau. Après tout, qui peut se vanter d’être totalement prêt à toutes les éventualités quand il essaie de faire une chose pour la toute première fois?

« Wow! Tu es fonceuse! Tu sais où tu t’en vas! » La vérité? Pas tout le temps. Souvent, j’ai peur. Mais vous savez quoi? C’est également souvent la peur qui devient un moteur pour les personnes ayant un TDAH. Cette peur devient un stimulant, un motivateur. Parce que qui dit peur dit également adrénaline. Et ça, on aime ça.

La curiosité est également un trait des personnes ayant un diagnostic de TDAH; poser des questions pour comprendre comment, pourquoi. S’intéresser (réellement) aux autres (psst : saviez-vous qu’une personne intéressée a tendance à être décrite comme intéressante par son entourage?), à leur vécu, à leurs histoires, à leurs manières de penser et de concevoir le monde. Vouloir découvrir de nouvelles choses, de nouvelles manières de faire, de nouveaux pays. Ça fait également en sorte que les gens ayant ce diagnostic sont ouverts d’esprit! Et ne jugent pas facilement autrui parce qu’ils ont tendance, grâce à leur grande sensibilité, à être très, très empathiques. Ils ont la capacité cognitive et imaginative de se mettre à la place de l’autre, de le comprendre de l’intérieur, donc. Et l’empathie est la clé des relations sociales harmonieuses.

Le sens de la justice est également une force chez les personnes ayant un diagnostic de TDAH. Encore une fois, leur grande sensibilité font en sorte qu’ils ont un radar à injustices et leur désir de rééquilibrer le tout peut les mettre dans des situations de tentatives de médiation, de résolution de problèmes et donc, de personnes ressources.

(Psst : Cette capacité tend à être perçue comme une lacune par les adultes ou personnes faisant preuve d’autoritarisme (et donc, d’autorité injuste et/ou injustifiée) puisque les commentaires et gestes des personnes ayant un TDAH sont perçus comme une tentative de « tester les limites », de « déjouer l’autorité » alors qu’en fait, ces personnes ont bien raison de réagir parce qu’il y a matière à réagir.)

Les gens ayant un TDAH ont une très, très grande capacité de concentration et d’abstraction des stimuli ambiants lorsqu’ils sont attelés à une tâche qui les passionnent! Du même coup, ces gens ont tendance, de par leur intensité, à en avoir, des passions. Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde.

On les décrit comme intenses, pétillants, bons vivants, vivifiants, d’ailleurs.

Les personnes ayant un TDAH ont tant à offrir, que ce soit leurs talents multiples, leur sensibilité, leur sens de la justice, leur empathie, leur imagination débordante, leur leadership naturel, leur créativité, leur intérêt envers les autres, leur énergie, leurs idées, leur capacité à foncer…tant de raisons d’apprendre à se faire confiance, à les apprécier dans notre entourage et à se laisser inspirer par eux!

Avoir un TDAH (1 de 2)

Par Stéphanie Deslauriers.

Les mots qu’on utilise pour parler de soi sont fondamentalement importants.

Il y a une distinction majeure entre « être TDAH » et « avoir un TDAH ».

Oui, le TDAH est un fonctionnement cérébral différent qui amène plusieurs difficultés ; impulsivité, agitation, difficultés de concentration. Mais concrètement, ça veut dire quoi ?

C’est dire des choses sous le coup de l’émotion qu’on regrette amèrement quelques instants plus tard.

C’est tirer la langue, faire « le mauvais doigt » (comme le dit si bien Poulet), c’est écraser son poing sur la table, c’est crier, pousser, taper, lancer quand l’émotion monte en flèche et devient incontrôlable. C’est comme ça qu’elle fait, pour sortir : elle heurte les autres.

Et la personne qui adopte ce comportement ou verbalise ces paroles intenses et blessantes s’en veut tellement, après. Tellement qu’elle se traite de tous les noms :

Ah ! Que je suis niaiseuse !

Je suis un monstre !

Je ne mérite pas qu’on m’aime !

Je suis horrible !

Je me fais peur !

Je fais peur !

Je fais fuir les gens !

Je vais me retrouver tout seul !

Je suis le pire con !

Elle se répète tellement ces courtes phrases qu’elle peut finir par y croire.

Et parfois, c’est aussi le message qu’elle comprend, dans le regard des autres – enfants et adultes – qui reçoivent en pleine gueule ces mots et gestes.
C’est aussi avoir des fourmis dans les jambes et devoir les bouger dans tous les sens, sauter sur place, se tortiller sur sa chaise, jouer avec ses crayons, ronger son efface, gribouiller dans son calepin pendant des explications importantes en classe, se ronger les ongles, se craquer les doigts, se tourner la couette, alouette.

C’est avoir 18 hamsters speedés dans le cerveau, qui ne se reposent jamais. C’est être fatigué d’être soi, d’être dans sa tête, dans ses pensées incessantes qui se heurtent à vive allure, qui arrivent et repartent immédiatement sans qu’on ait pu les mémoriser.

C’est accrocher les autres dans son agitation, c’est entrer dans leur bulle sans s’en rendre compte, c’est être maladroit, se cogner un orteil, un coude, une cuisse sur un coin de meuble. C’est étourdir les autres qui, pourtant, n’ont qu’un minime aperçu de ce qui se passe dans notre tête.

C’est partir dans la lune, perdre contact avec la réalité, ne plus suivre une conversation parce que le fil de nos pensées a pris le dessus, c’est voir le regard heurté de notre interlocuteur qui a l’impression qu’on ne l’écoute pas parce qu’on ne le trouve pas intéressant, c’est avoir du mal à se rappeler une conversation eue le matin même mais se souvenir en détails de la journée d’anniversaire de nos sept ans, alors qu’on en a 12.

C’est oublier ses cahiers à l’école, ranger le lait dans l’armoire, les céréales dans le lave-vaisselle. C’est ne plus se rappeler où sont nos clés, notre casquette, notre boite à lunch. C’est arriver en retard pour prendre le bus, c’est attendre le bus pour aller à l’école alors qu’on est samedi. C’est arriver le dimanche après-midi avec le cadeau de fête de notre copain alors que les festivités étaient la veille. C’est oublier de faire signer un document important à nos parents, le retrouver en boule dans le fond de son casier à la fin de l’année.

C’est se trouver niaiseux, stupide, étourdi. C’est se tomber sur la tomate, se dire qu’on ne fitte pas dans le moule, qu’on ne pourra jamais avoir une job de 9 à 5 dans un bureau gris avec du tapis beige. C’est avoir peur de s’emmerder, de se tourner les pouces puis, de se plaindre parce qu’on a (encore) surchargé notre horaire.

Alors, alors, on fait quoi pour ne pas virer fou ? Pour s’aimer un peu ? Pour trouver notre place dans le Monde ?

 

À suivre…