Ariane a lu… S’outiller et trouver des pistes de solutions

Ce billet a été rédigé par Ariane Mimeault.

Lorsqu’on se sent démuni face à une situation, les livres peuvent être de formidables outils pour comprendre, démystifier, trouver des angles d’approche ou des pistes de solutions.

Je vous en propose deux qui jouent ce rôle à merveille.

Loov Mon carnet intime / Une introduction à l’amour et à la sexualité pour les 9 à 12 ans / Les Éditions de la Bagnole

Les éditions de la Bagnole

Préparé par Marie-Josée Cardinal et l’équipe de Zone 3, ce livre sert à la fois de guide et de journal intime puisque des espaces sont prévus pour écrire ses secrets ou répondre à de petits questionnaires. Bijou de vulgarisation, il décortique des notions assez complexes telles que les stéréotypes sexuels, aborde des questions délicates telles que la puberté et traite de sujets plus terre-à-terre tels que les conflits entre amis ou le premier baiser. L’auteure a d’ailleurs pris soin d’interroger son public cible avant de se mettre à l’écriture pour être sûre de bien refléter leurs préoccupations.

L’ouvrage est découpé en courtes interventions et va droit au but. Le ton demeure toujours très professionnel et respectueux de la réalité du lectorat. De nombreuses illustrations viennent alléger ou éclairer les propos. L’aspect interactif incite le jeune lecteur à s’approprier le contenu, ce qui rend le tout très réaliste et concret. Les nombreux témoignages parsemés ici et là contribuent également à augmenter le sentiment d’identification. Et tout au long des 190 pages, on suit par intermittence les mésaventures de Charlie et Sacha, jeunes amoureux en devenir qui confient leurs états d’âme et tremblements de cœur à leurs carnets respectifs. Une belle immersion dans la tête des préados pour mieux les comprendre ou se comprendre si on a le même âge que les personnages.

Attention, Loov n’est pas un manuel de sexualité. Comme c’est mentionné dans le titre, il s’agit d’une introduction aux concepts rattachés à la sphère sexuelle des jeunes âgés entre  9 et 12 ans. L’outil idéal pour amorcer les discussions avec notre préado sur le sujet, mais qui ne remplace pas la part d’éducation parentale à faire à ce propos… Courage!

10 questions sur… L’anxiété chez l’enfant et l’adolescent / Mieux comprendre pour mieux intervenir/ Éditions Midi Trente

Éditions Midi Trente

Voici un livre à mettre dans toutes les mains des parents ou intervenants qui ont à négocier avec des enfants anxieux. La psychologue Caroline Berthiaume fournit des réponses très concrètes aux grandes questions que l’on se pose quand on partage le quotidien d’un jeune qui souffre d’anxiété.

Elle aide tout d’abord à cerner le problème en expliquant en quoi consiste l’anxiété et à partir de quand elle devient problématique. Elle identifie ensuite les types de troubles anxieux, les facteurs qui contribuent à leur apparition et les moyens pour diminuer les risques. Elle enchaîne avec les façons de réagir lorsqu’une crise d’anxiété ou des pensées anxiogènes surviennent. Elle termine en suggérant des méthodes pour ne pas tomber dans le piège de l’évitement et propose des mesures d’adaptation efficaces lorsqu’on doit y avoir recours.

En allant directement au but, l’auteure nous permet de clarifier rapidement ce que l’on vit et de trouver les solutions correspondantes. Elle décortique par points ou par étapes les divers aspects et actions à poser, ce qui en facilite grandement la compréhension et la mise en place. Elle illustre également ses propos à l’aide de métaphores qui peuvent être utilisées avec l’enfant lors d’interventions.

Plusieurs encadrés mettent en lumière les éléments importants tout au long de la lecture, on peut donc les retracer aisément. De plus, chaque chapitre se conclue par un encadré intitulé « Points d’ancrage pour vos interventions », qui résume les notions et comportements clés pour aider notre jeune de façon optimale. Le livre se termine par une section « Fiche résumé », très pratique pour effectuer un survol rapide de l’ensemble du sujet si une situation de crise se présente.

De tous les livres que j’ai lus à propos de l’anxiété chez les jeunes, c’est celui qui j’ai trouvé le plus constructif et éclairant. Un outil fabuleux pour vous aider à aider votre enfant.

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Ariane a lu…Suggestions de lecture pour (tenter de) remplacer les bidules électroniques de nos pré-ados

Par Ariane Mimeault.

Avant tout, j’aimerais spécifier que, dans mon œil à moi, il n’est pas question ici de littérature « genrée ». Je m’explique; ce n’est pas parce qu’il y a une tête de mort sur la couverture d’un livre qu’il s’adresse exclusivement aux garçons et c’est la même chose quand il s’agit d’une illustration représentant une fille, ceci ne veut pas dire qu’un gars n’a pas le droit de s’y intéresser. Je conviens, par contre, que ce n’est peut-être pas facile de convaincre un jeune d’aller au-delà de ces stéréotypes et de ne pas s’empêcher de lire un livre parce que ça fait « trop fille » ou « trop garçon ».  Voilà qui ferait un bon sujet à aborder dans les prochains salons du livre, non?

Défense d’entrer! 8 : Votez Lolo!

C’est justement au Salon du livre de Montréal que j’ai rencontré les auteurs de la série Défense d’entrer! , Caroline Héroux et son fils Charles-Olivier Larouche. Le surprenant duo semble avoir trouvé la formule gagnante puisqu’il en est au huitième tome de la série. Intitulé Votez Lolo! , il y est question d’élections à la polyvalente, sur fond de tribulations familiales et amicales. Lolo, personnage principal et élève de secondaire 2, souhaite se faire élire comme président de l’école, mais à sa grande stupeur, son amie Justine se présente contre lui. S’en suivra une enfilade de plans et stratégies élaborés à l’aide de ses meilleurs copains et de sa famille pour remporter la victoire.

L’histoire racontée par Lolo lui-même, avec son vocabulaire et ses expressions bien à lui, est écrite principalement sous forme de dialogues, ce qui en rend la lecture très dynamique. La mise en page ludique, truffée de hashtags et d’illustrations loufoques, pimente le tout. On comprend facilement pourquoi les jeunes accrochent et s’identifient à cette petite troupe sympathique. « Une lecture amusante, divertissante et légère » selon ma douze ans, qui le recommande sans hésitation.

Juliette à Londres

Voilà une autre collection qui a trouvé le bon filon puisqu’elle en est à sa huitième parution elle aussi. La série Juliette raconte les aventures d’une adolescente qui parcourt le monde avec sa mère journaliste, métier que pratique l’auteure Rose-Line Basset. Cette fois-ci, l’héroïne doit accompagner sa maman dans la capitale anglaise. Elle a auparavant exploré New York, Barcelone, La Havane, Amsterdam, Paris, Québec, Rome et San Francisco, une feuille de route impressionnante pour une jeune fille de 13 ans! Elle sera un peu désarçonnée quand elle apprendra qu’elle devra jouer les gardiennes d’enfants lors de son séjour. Une expérience dont elle sortira transformée.

Ce qui est vraiment bien avec cette série, c’est qu’à la fin de chaque bouquin, la section Sur les pas de Juliette joue le rôle d’un véritable guide de voyage en dressant le portrait de la ville à l’honneur et ce, à hauteur d’ado. Donc, si vous prévoyez partir en voyage avec vos grands enfants pour l’une ou l’autre des destinations visitées par Juliette, ce serait une très bonne idée de leur offrir le livre correspondant. Ça les aidera à bien se préparer et vous aussi!

Bonne lecture à tous!

 

Ariane a lu…Fais-le pour toi!

Par Ariane Mimeault.

Un livre de psychologie positive qui s’adresse aux ados, écrit par une ado, voilà ce que nous propose la jeune comédienne Frédérique Dufort, celle qui a notamment incarné Dalie dans la populaire série jeunesse Tactik. Ce rôle lui a de toute évidence permis d’établir une belle complicité avec les lecteurs à qui elle s’adresse. Car c’est un peu sur le ton d’une grande sœur bienveillante qu’elle aborde des sujets qui touchent les 12-17 ans dans leur quotidien.

Avec un langage et des codes visuels (émojis) adaptés au lectorat, Frédérique parle de préoccupations terre à terre que partagent tous les adolescents, autant à la veille de l’entrée au secondaire qu’une fois intégré à la vie de la polyvalente. Les petits comme les grands stress trouvent écho dans cet ouvrage truffé d’anecdotes personnelles qui permettent aux jeunes de se reconnaître à travers les mésaventures que l’auteure leur raconte. De l’uniforme scolaire aux présentations orales en passant par les familles recomposées, les types d’amitié ou les peines d’amour, toutes les sphères de l’adolescence y passent, toujours avec ce ton plein d’empathie et sans prétention qui donne l’impression aux lecteurs d’avoir une conversation avec une confidente.

Le chapitre où il est question de motivation scolaire, de gestion de l’anxiété et de tout le stress engendré par l’école est rempli de trucs et conseils simples et concrets pour aider les jeunes à passer à travers leur parcours d’étudiant sans que ça ne devienne trop angoissant. Et celui sur l’intimidation est particulièrement efficace parce qu’il est très « incarné », en ce sens que les questions qui y sont posées, les situations qui y sont décrites sont très réalistes et reproduisent bien ce qui se passent dans la tête des intimidés comme des intimidateurs et de ceux qui les entourent. Ça aide, de façon concrète, à mieux comprendre le phénomène et à poser les bons gestes (exemples à l’appui) pour le contrer. Plusieurs références pour obtenir de l’aide et du soutien y sont également judicieusement incluses.

Le chapitre qui traite de la différence m’a particulièrement touchée, car la jeune auteure nous fait part, un peu sous la forme d’un journal intime, de sa réalité de grande sœur d’un frère autiste. En personnalisant le sujet, elle démystifie beaucoup ce que c’est de partager sa vie avec une personne « différente » et ce que ça implique lorsqu’on est enfant ou ado. Une manière très humaine de sensibiliser à l’acceptation de la différence.

Le livre se clôt par un chapitre consacré à la confiance en soi, corde sensible s’il en est une chez les ados. Encore une fois, Frédérique y évoque des histoires personnelles concernant les commentaires blessants qu’on n’oublie pas, l’importance qu’on accorde à l’image que l’on projette et bien d’autres questionnements dans lesquels les jeunes lecteurs se reconnaîtront. Elle parle aussi d’échecs à apprivoiser, de scénarios catastrophes à éviter, de l’impression de ne jamais faire la bonne chose qui nous taraude à cet âge, de standards sociaux difficiles à atteindre, d’amour propre à cultiver, etc.

Bref, beaucoup de sagesse émane de cette jeune femme qui sait s’adresser à son lectorat avec justesse et sincérité sans jamais faire la morale. Un beau livre qui fait du bien, à mettre entre les mains de tous les ados.

 

Ariane a lu… Alex {Surmonter l’anxiété à l’adolescence}

Par Ariane Mimeault.

Avoir deux adolescentes à la maison implique de devoir négocier avec l’anxiété de plus en plus souvent. Le secondaire est une période intense où les questionnements et incertitudes de toutes natures sont légion. Or, quand on s’interroge sur tout, qu’on n’est sûr de rien, l’anxiété en profite pour s’inviter et faire son nid entre nos deux oreilles. Les peurs, les peines, le stress prennent des proportions démesurées et peuvent devenir un réel problème.

Avant d’en arriver là, de fournir à nos beaux grands enfants d’amour des outils pour qu’ils apprennent à mieux gérer leurs angoisses peut être un début de solution. En ce sens, le livre Alex des Éditions Midi trente joue ce rôle à la perfection puisqu’il est justement conçu en fonction de la clientèle adolescente. L’auteure Nathalie Parent, psychologue qui cumule 15 ans d’expérience, s’adresse au lectorat sous la forme d’un blogue rédigé par un ado qui s’appelle Alex et qui relate des tranches de vie pour aborder des sujets reliés à l’anxiété. Comme il a l’âge moyen des lecteurs, les jeunes pourront se reconnaître dans ses propos, ce qui en facilitera la compréhension et l’appropriation.

L’anxiété y est décortiquée, on y explique dans un langage simple en quoi elle consiste, d’où elle provient, quelles émotions la font apparaître, comment les changements vécus à l’adolescence peuvent être des déclencheurs, etc. Plusieurs exercices pour aider à concrétiser tous ces concepts parsèment le texte, ainsi que des encadrés qui présentent en version abrégée des clés pour calmer l’anxiété.

Les chapitres qui traitent du stress et de la confiance en soi m’ont particulièrement plu. Le choix d’en discuter en partageant le vécu d’amis d’Alex aux prises avec des problèmes de pression sociale ou d’estime de soi rend le tout très signifiant pour les jeunes. Encore une fois, les nombreux exercices proposés permettent de faire de bonnes prises de conscience et de bien assimiler le contenu.

Le dernier chapitre, intitulé « J’affronte mon anxiété », regorge d’outils divisés en trois catégories très pratiques :

  • Trucs pour faire face aux peurs ou à l’anxiété relative à un objet précis
  • Trucs pour calmer l’anxiété lorsque tu en ressens les symptômes physiques (dans ton corps)
  • Trucs pour surmonter tes pensées anxiogènes

Toutes les suggestions peuvent être mises en pratique aisément, même si notre ado n’est pas familier avec la psychologie.

Deux petits bémols : quelques allégories (explications sous forme de métaphores) sont intégrées à la fin de certains chapitres et je ne suis pas convaincue que le style touchera les ados. J’aurais également préféré que les définitions de différents troubles psychologiques qu’on a saupoudrées au fil des pages, sans lien évident avec le texte, soient plutôt réunies dans un lexique.

Ceci étant dit, ça n’enlève rien à la qualité de cet ouvrage de 120 pages qui se lit tout seul et qui pourra être d’un grand secours pour les adolescents qui vivent de l’anxiété et ont besoin d’un coup de pouce pour s’en défaire. Une lecture ultra pertinente autant pour les grands enfants anxieux que pour leurs parents qui s’inquiètent pour eux…

 

Alex {Surmonter l’anxiété à l’adolescence}

par Nathalie Parent, psychologue

aux Éditions Midi trente, collection Perso

 

 

Je suis une adulte qui colorie, et alors?!

Par Ariane Mimeault.

Le stress : la maladie du siècle. Qui n’en est pas atteint? Tout nous pousse à être stressé de nos jours: nous vivons dans une société qui valorise beaucoup la performance et la compétition, deux aspects qui nous mettent inévitablement sous pression pour arriver à répondre aux attentes et à se démarquer. De plus, le fait d’être continuellement bombardé d’informations de toute nature via les réseaux sociaux nous surcharge les neurones, qui trouvent de plus en plus difficilement le repos. Comment faire pour arriver à s’extraire de ce cercle anxiogène qui nous empêche de bien dormir la nuit?

Je n’ai pas de recette miracle à donner malheureusement. À chacun de trouver son petit exutoire pour se dégager de ce tourbillon dans lequel il est si facile de tomber. Le mien ne fait pas l’unanimité dans mon entourage. Je vois bien, au regard cynique de certains, qu’il est jugé comme une perte de temps. Je colore voyez-vous. Eh oui, à 45 ans!

Crédit : Robert_C / Pixabay.com

Même si ce loisir est très à la mode (la quantité de cahiers à colorier qu’on nous propose partout en fait foi), je sens le jugement autour de moi à chaque fois que je sors mes crayons. Pourquoi? C’est bébé? Ça ne sert à rien? Euh, au contraire! Ça sert à ventiler les inquiétudes, les frustrations, les déceptions, car en me concentrant sur les couleurs à appliquer, je ne pense plus à rien d’autre. Ça m’apaise, me détend. Oui, oui, dé-tend! J’évacue le stress au fur et à mesure que le noir et le blanc disparaissent sous le bleu, le jaune, le rouge… Ça rétablit un peu l’équilibre dans le flot continue de pensées qui m’assaillent en les mettant sur pause, le temps de revisiter mes vieux Prismacolor.

Pourquoi ce serait risible? Parce que ce n’est pas assez spectaculaire, genre yoga la tête en bas, ou demi-marathon, ou tapis crocheté en laine d’alpaga? Attention, je ne me moque de personne ici, je dis seulement qu’il n’y a pas de charte qui classe les loisirs selon leur degrés de « pertinence ». Du moment que ça nous permet d’évacuer un peu de pression du quotidien, que ça nous fait du bien, où est le mal?

Crédit : the3cats sur Pixabay.com

Nous sommes si prompt à critiquer, condamner et juger n’importe qui pour n’importe quoi, ça finit par faire une drôle de dynamique entre êtres humains, vous ne trouvez pas? Avant de lever les yeux au ciel en voyant quelqu’un faire quelque chose qui nous apparaît futile, voir inutile, il faudrait peut-être se demander si cette personne n’est pas en train de prendre soin d’elle et de sa santé mentale par ricochet. Il n’y a rien de ridicule là-dedans, c’est plutôt sage et responsable je trouve.

Prenez soin de vous comme ça vous chante et tant pis pour les cyniques!