Demain votre vie chavire

Par Caroline Charpentier.

Demain votre vie chavire. Elle chavire assez pour que cette vie que vous avez présentement change drastiquement. Vous perdez la capacité d’exercer votre travail. Vous n’êtes plus en mesure de vous laver, de vous nourrir…

Demain votre vie chavire. Quels seront vos constats? Aurez-vous des regrets de ne pas avoir fait à temps des choses auxquelles vous teniez? Réaliserez-vous que vous aviez tendance à construire votre vie sur les: « quand je serai, quand j’aurai…».

Ce n’est pas la première fois qu’il est question de profiter du moment présent car demain n’est pas certain. C’est comme si ces phrases ont tendance à devenir un peu anodines à force de les entendre. Même, ça donne l’impression que ça n’arrive qu’aux autres. Jusqu’au jour où ces mots: «qu’aux autres» c’est vous-même, c’est un proche. Là, c’est l’urgence de vivre.

Demain votre vie chavire. Eh bien moi, ça m’est arrivé!

Bien franchement, j’aurais aimé connaître la Caroline d’aujourd’hui il y a 5 ans. Elle aurait sûrement essayé de me faire comprendre combien il est important de savourer chaque instant. J’en étais consciente avant mais selon moi, ma vie ne pouvait pas chavirer puisque j’étais jeune et en santé. Quelle réflexion et pourtant, je ne devais pas être la seule à penser ainsi, non?

Donc, comment puis-je apprendre à savourer et à apprécier plus cette vie que j’ai? Comment puis-je prendre le temps de faire, de mettre en place les éléments que je chéris sachant que demain ma vie pourrait chavirer? Je suis consciente qu’il y a des imprévus, des obligations, des contraintes. Je ne dis pas aussi de partir dans les excès car demain pourrait ne plus exister! Des fois, sans nécessairement réaliser un projet dans l’immédiat, c’est plutôt de le planifier, d’y réfléchir au lieu de constamment le reporter.

En regroupant tous ces éléments, comment faites-vous pour profiter plus du moment présent? Si vous répondez que vous le faite déjà, chapeau! Vous avez compris un point important de la vie et continuez.

Demain, si ma vie chavire, j’aurai cette satisfaction d’avoir ciblé mes priorités et d’avoir essayé de les mettre en place.

« Exprimez-vous »

Par Stéphanie Deslauriers.

Sur Facebook, avant d’écrire une publication, il est inscrit en gris : « Exprimez-vous ».

C’est ce que plusieurs font; ils s’expriment à propos d’une vidéo de chats, ils s’expriment en partageant leur joie de « tomber » en vacances, ils expriment leurs inquiétudes en lien avec une situation sociale, ils expriment leur reconnaissance envers des copains passés à la maison la veille.

Certains et certaines s’expriment à propos de sujets plus controversés : la religion, le sexe, les sexes, l’immigration, l’inclusion sociale/scolaire, la politique, etc.

Pourquoi ces sujets sont-ils plus controversés? Parce qu’ils ne font pas l’unanimité, parce qu’ils éveillent des sensibilités en nous, parce qu’ils touchent directement nos valeurs et croyances fondamentales en plus de titiller nos peurs viscérales.

La peur. Cette émotion universelle, normale, saine. Cette émotion qui permet depuis des milliers d’années la survie de l’espèce en nous poussant à fuir ou à combattre.

L’anxiété prend racines dans la peur. L’anxiété, c’est lorsque la peur prend toute la place, lorsqu’elle est causée par un danger imaginaire ou réel qu’on croit ne pouvoir affronter. On se sent impuissants, petits, en perte de contrôle, affolés.

Et sentir qu’on perd le contrôle dans un monde archi-organisé, c’est angoissant. C’est donc dire que ça rajoute une couche à la peur initiale ressentie.

On peut avoir peur d’une multitude de choses : du noir, des Noirs, des araignées, des chiens, des humains, de la différence, de l’inconnu, des inconnus, des gais, de l’abandon, de la honte, du mépris, de la fin du monde, du monde pas fin, de l’avenir, du passé qui nous hante, des transgenres, de soi, etc.

La peur en soi n’est pas négative; c’est la façon qu’on a de l’exprimer et de la gérer qui peut l’être.

L’inconnu, l’incompréhension, ça fait peur. Mais que fait-on avec cette peur? On la garde pour soi? On l’alimente en s’alliant à des gens qui partagent les mêmes peur que nous? On la corumine avec eux? On la garroche en plein face de ceux qui nous la font ressentir? De ceux qui ne la ressentent pas dans une tentative désespérée de les contaminer avec la nôtre? On gueule sur ceux qui ne voient pas le danger là où nous on le voit, sans tenter de comprendre pourquoi eux n’ont pas peur? Sans tenter de cesser d’avoir peur en essayer de comprendre notre incompréhensible?

On a peur de ce qu’on ne connaît pas. De ce qu’on ne comprend pas. Mais il semble que peu tentent de comprendre, de voir plus loin que leur peur. Que beaucoup justifient leurs faits et gestes par la peur (oh! Sans la nommer ainsi, évidemment; c’est bien connu que « la peur, c’est pour les faibles ».) voire même excusent également les autres (qui ont les mêmes peurs qu’eux, évidemment).

La peur, ça mène à construire des murs, à isoler, à déclarer la guerre, à se boucher les oreilles et à se convaincre qu’on a raison. Ça rassure, avoir raison.

Et ceci, on l’observe à l’échelle mondiale mais à l’échelle personnelle, aussi.

Dernièrement, plusieurs copines et collègues ont annoncé cesser leurs activités de partage d’opinions car elles reçoivent trop de commentaires haineux, sur la place publique ou en privé. Parce qu’elles constatent que le débat n’arrive pas à se faire dans le respect de l’autre.

Oui, exprimons-nous, mais pas n’importe comment. Avec respect – de soi et de l’autre. En tentant de comprendre le point de vue de l’autre, en acceptant qu’on n’a pas la vérité absolue (non, notre vérité n’est pas forcément celle de l’autre. C’est ce qu’on appelle l’empathie).

Après tout, on est aussi des modèles pour nos jeunes à qui on somme de « bien se comporter » sur les réseaux sociaux et « dans la vraie vie » sans qu’en tant qu’adultes, on y arrive.

Émancipation des pères

Par Eve Anabelle Saintonge.

Les publicités québécoises sont reconnues pour avoir des saveurs particulièrement féministes. Avez-vous remarqué que souvent, la femme est celle qui a toujours raison et l’homme… Le tata?! Selon mon vocabulaire, je n’adjectiverais pas ces pubs comme féministes, mais plutôt comme sexistes. Le féminisme cherche l’égalité des sexes et non de rabaisser l’un pour faire remonter l’autre.

Depuis que je suis une maman d’une petite fille, je suis hypersensible à la réalité des femmes. J’ai compris que ce combat ne peut se faire de la part d’un seul sexe, mais bien des deux. Pendant mes longues réflexions, j’ai réalisé qu’il existe une révolution bien tranquille et qui manque de reconnaissance. Je vous parle de l’émancipation des pères.

Émancipation. n. f. Action de s’affranchir d’un lien, d’une entrave, d’un état de dépendance, d’une domination ou d’un préjugé. Dictionnaire Larousse

Préjugé. Oui, des préjugés envers les pères il y en a trop. Les préjugés sont des jugements formés à l’avance selon des critères personnels ou sociaux envers des personnes. À force d’entendre des publicités où les hommes sont décrits comme des tatas, des niaiseux ou des bons à rien, nous nous trouvons parfois à généraliser ce portrait à d’autres domaines de la masculinité, dont la paternité.

La fameuse phrase « (…) au moins il joue avec ses enfants » a été pendant une période de temps un statut de louanges pour les pères, mais il est devenu une insulte pour plusieurs d’entre eux de nos jours.

Les pères sont maintenant plus impliqués que jamais auprès de leurs enfants. Ils sont parfois ceux qui désirent davantage vivre la parentalité dans le couple. Ils peuvent être les premiers assis à l’avant posant le plus de questions pendant les cours prénataux et les groupes d’habiletés parentales. Sans oublier qu’ils changent les couches, donne le biberon ou encourage la mère en souffrance lors de l’allaitement. N’oublions pas qu’il y a des pères qui souhaiteraient eux aussi avoir la garde à temps plein de l’enfant, mais que le système est en général favorable aux mères. Ainsi donc, ils doivent se battre plus pour les mêmes reconnaissances parentales que celles-ci. Ou ils sont souvent moins informés que les mères puisque les intervenants ou les professionnels s’impliquent prioritairement auprès des mères.

De nos jours, les pères participent autant que les mères au développement de l’enfant. Cette émancipation n’est que bénéfique pour nos enfants, nos familles et notre société.

Les pères participent au développement de la sécurité émotionnelle des enfants, de la confiance en soi pour explorer l’environnement et à leur santé en général. À l’adolescence, un père présent influence les relations envers l’autorité et l’autre sexe en plus de contribuer au succès académique.

Devant ce très court bilan des effets bénéfiques de la présence des pères chez les enfants qui se répercutent jusqu’à l’âge adulte, mes questions restent les suivantes.

Est-ce que les mères ralentissent cette émancipation? Laissent-elles la chance aux pères de rassurer leur enfant lorsqu’il est en détresse ? L’opinion des pères est-il aussi valable que celui des mères ? Est-ce qu’elles leur laissent l’espace de se découvrir ou plutôt de s’émanciper?

La vérité est qu’une mère et un père font les choses différemment. Mais, différemment est-il moins bon? Bien au contraire! N’est-ce pas un fondement de l’émancipation des femmes, qu’elles sont toutes aussi qualifiées et compétentes que les hommes ? Alors, les pères sont-ils aussi qualifiés que les mères pour prendre en charge le rôle de parent auprès de l’enfant ?

Cessons nos commentaires sexistes et laissons tomber les préjugés. Encourageons proactivement les pères à continuer leur révolution tranquille et leur émancipation.

N.B. Nous remercions haut et fort l’effort des Restaurants McDonald© pour ses publicités #paparfait à la fin de l’année 2016.

Les départs

Par Guillaume Bertrand.

Les départs…il y en a de toutes sortes. Malheureusement, il y a un peu plus de trois mois, j’ai connu le pire. La mort de mon père d’un choc septique.

Je me console en me disant qu’au moins, j’ai tout dit le positif qu’il aurait souhaité entendre, et j’ai tenu sa main régulièrement, sur son lit d’hôpital. Un peu comme une des scènes finales, avec la belle Mina dans l’émission O’. D’ailleurs, j’ai assez facilement les larmes aux yeux, lorsque j’en fais mention. Au moins je ne regrette rien du tout et c’est parfait.

Mais il y a d’autres types de départ. Par exemple, je déteste savoir que quelqu’un, collègue ou ami(e), devra partir d’un endroit. Ça me fait énormément de peine, ça me brise le cœur, même si je sais que ça fait partie de la réalité.

Les émotions, je les vis sans me mentir. Ce serait bon que les autres fassent pareil, je trouve.

J’ai deux choix possibles dans une telle situation : finir par accepter ou sinon m’adapter. Bien souvent, j’opte pour la deuxième option.

Dans n’importe quelle situation, pour bien des raisons, à un endroit donné, quelqu’un quitte. Et bizarrement, il arrive dans plusieurs cas, que nous nous entendions très bien avec lui ou elle. Par contre, il demeure légèrement plus facile, pour l’entourage de comprendre, lorsque le sujet qui part, prend, comme il le peut, le temps de bien expliquer (dans ses propres mots) sa décision, à l’avance. Pour que rapidement, les gens sachent à quoi s’attendre.

De mon côté, jamais je n’en voudrai à celui ou celle qui s’en va parce qu’en vérité, je sais très bien qu’il rayonne assez autour de ceux qui le côtoient puis qu’il fait la différence à sa manière, là où il est.

Et dans le meilleur des cas, il arrivera que nos chemins se croiseront à nouveau. C’est en partie pour cela que je tente de garder de très bonnes relations avec ceux-ci. Le bonheur se lit dans le visage lors des retrouvailles et c’est merveilleux lorsque ça survient. Enfin, oui c’est très difficile de se faire à l’idée que quelqu’un aille si loin, si longtemps, ou à jamais. Alors, il est ultra important de préserver les bons souvenirs.