Fais attention!

Par Laure Rollier.

Avec les années, la sagesse et/ou l’expérience, il m’est apparu comme une évidence: à vouloir tout contrôler en ce qui concerne mes enfants, je ne leur rendais pas service. Bien au contraire. Si comme je l’étais, vous êtes une maman « Fais attention » (comme j’aime bien les nommer) cet article devrait vous intéresser. Parce que la maman « Fais attention » est aussi celle du « Laisse, je vais le faire ». Souvent, notre mode de vie, nos professions, notre environnement familial aussi, fait que nous ne nous donnons plus le temps d’encourager à faire, nous faisons à la place. Faire à la place de son enfant a un côté très rassurant, que nous en soyons consciente ou non. Il nous permet de l’avoir toujours sous notre aile, de le protéger (pensons nous), de lui montrer une marche à suivre que nous jugeons adaptée (totalement subjectif), et, il faut se l’avouer, d’aller plus vite.

Je me suis penchée sur les travaux du Docteur Emmi Pikler, pédiatre éminemment réputée, qui avait pour conviction qu’un enfant qui se déplace librement sans restriction est beaucoup plus prudent alors qu’un enfant limité dans ses mouvements, surprotégé, se met plus facilement en danger. Le développement psychomoteur d’un enfant serait, selon elle, programmé et ne nécessiterait absolument pas l’intervention d’un adulte. Cela s’est avéré très intéressant dans mon approche et ma construction de parent mais également dans ma vie professionnelle. Prôner une motricité libre dans le but d’accompagner mais surtout de protéger, voilà un concept qui ne m’était absolument pas familier mais qui a changé bien des choses.

imagesEn creusant un peu plus dans cette réflexion, j’ai découvert une phrase du Dr Pikler, que voici : « Il est essentiel que l’enfant se découvre autant que possible. Si nous l’aidons à résoudre tous les problèmes, nous lui volons le plus important: son développement mental ». En lisant ses études, cela semble en effet très cohérent. Je suis donc passée à la mise en pratique. Oui, je sens que vous souriez. Théoriquement, c’est faisable cette histoire, mais lorsque tu es de nature inquiète et surprotectrice, les choses prennent un peu plus de temps. Je me suis donnée des petits challenges pour commencer. Premier exercice: laisser son enfant monter seul les marches du toboggan, (concrètement, je me suis positionnée juste derrière quand même…). Deuxième exercice, lui donner un petit couteau afin qu’il coupe sa viande seul ( leçon retenue pour maman: un couteau utilisé à bon escient n’est pas une arme). Dernier exercice, lui laisser faire ses lacets seul, même si on est pressé, même s’il ne tiendra qu’une dizaine de minutes, même si on trouve toutes les excuses de la Terre afin « d’aider » son enfant. Et vous savez quoi? Ma fille ne s’est pas blessée! Et elle est sacrément débrouillarde, bien plus que ne l’était son frère qui a grandi avec Maman « Fais attention! » avant travail sur elle-même.

Aider et encourager à faire, oui. Faire à la place de, non.

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