Exploitation sexuelle et gangs de rue

Par Dïana Bélice.

Gangs de rue.

Prostitution juvénile.

Réseau.

Traite humaine.

Voici des termes dont on a souvent entendu parler ces derniers temps dans les médias. Entre autres, ce qui s’est passé dans le centre jeunesse lavallois n’aide en rien la situation. On a donc eu le privilège d’écouter les uns s’indigner sur l’état des choses et les autres, presser les différentes instances de se saisir de mesures plus draconiennes pour soutenir ces jeunes. Ça, c’est dit de manière proprette. Je vous épargne les choses plus colorées que j’ai entendues…

On devrait prendre le temps de rebrousser chemin vers la base. Pour monsieur et madame tout le monde, mais pour nos jeunes, aussi. Puis lorsque je dis qu’il faut revenir aux sources, je parle d’information et de prévention. Oui. Plate de même.

En théorie, c’est simple. Mais en pratique — aille ! — là, c’est autre chose.

14695316_934255670041250_7264328244711557754_nTrop souvent, les médias veulent d’abord et avant tout nous présenter quelque chose de gros. Le genre de nouvelle qui va nous faire dire « ben voyons dont ! » C’est légitime, mais avec le sensationnalisme qui est d’ordinaire prêté au traitement de l’information, on oublie souvent de rester critique, de se demander pourquoi, d’essayer de comprendre. Et c’est là qu’on met tout dans le même panier.

Pour monsieur et madame tout le monde, l’idéal, ce serait qu’on leur présente un portrait réaliste de la situation. Si on n’a pas toujours l’occasion de le faire dans des minutes en ondes régler au quart de tour, au moins, on peut les inviter à aller chercher l’information auprès de sources pertinentes et les nommer de manière claire. Parce que le pimp, ce n’est pas seulement « le noir au coin de ma rue qui porte un bandana rouge » Sans vouloir commencer un autre débat, il faut cesser de nous marteler avec l’idée selon laquelle le proxénète est irrémédiablement et exclusivement un homme au teint foncé. Je suis fatiguée d’entre parler du bad black man car les souteneurs que j’ai rencontrés dans le cadre de mon travail, moi, il y en avait de toutes les couleurs.

C’est un peu la même chose pour ces jeunes filles qui ont fugué, au courant de l’été. Les Caucasiennes ont été décrites comme des jeunes femmes fragiles. Victime. De leur côté, celles à la peau foncée ont été dépeintes comme s’étant retrouvé dans cette mauvaise posture en raison de leurs fréquentations douteuses. Oh ! stigmatisation, quand tu nous tiens et nous donne l’envie de crier sur tous les toits… Si on veut mon avis, les caractéristiques prêtées aux deux « types » sied aussi bien à l’une que l’autre…

Nos jeunes. Ceux avec des étoiles dans les yeux et qui ont mille et un rêves, des choses importantes et drôles, aussi, à nous raconter, si on prend un petit deux minutes pour les écouter. C’est de cette manière qu’on se rend compte que quelque chose, quelque part, cloche. Je ne dis pas chez eux. Plutôt avec le monde qui les entoure. Celui qui s’entête à leur refuser des cours à la sexualité ou à les maquiller, mais genre, vraiment mal. Tellement mal, que ce n’est plus tout à fait ça.

C’est fou, car lorsqu’on parle d’éducation à la sexualité, bien souvent, on pense qu’on veut leur mettre dans la tête que les filles se DOIVENT d’aller se chercher la pilule contraceptive à 14 ans et qu’on va distribuer des quantités phénoménales de préservatifs à nos garçons. C’est n’est pas juste ça. C’est aussi discuter de ce qu’est une relation amoureuse saine. Leur parler des changements qui s’opèrent dans leur corps et les rassurer : oui, c’est normal ! C’est les informer sur les questions d’orientation sexuelle. C’est leur apprendre qu’ils n’ont pas à tout accepter en matière de sexe, qu’ils peuvent dire non. C’est discuter de la culture du viol. La liste est encore longue.

On a peut-être l’air de s’éloigner du sujet des gangs de rue et de l’exploitation, mais non, en fait. C’est une roue qui tourne et que si on se donnait les moyens de mettre en branle, on aurait peut-être moins de jeunes éplorés par des situations difficiles.

C’est moi ou… ce serait l’fun ?

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