8 juillet 2015

Par Eve Anabelle Saintonge.

En hommage à notre ami qui nous a quitté il y a maintenant un an. La peine était trop grande l’année dernière pour partager mes pensées. Aujourd’hui, je pense que c’est un bon moment.

Le 8 juillet 2015.

La mort peut venir doucement et être bienvenue. Parfois, elle frappe cruellement et elle est abominable. Le 8 juillet 2015, la mort est horrible.

13529186_10154530899020166_1116268178680690161_nMon ami est décédé dans un accident de vélo où un camion l’a frappé. Mon ami, ça faisait longtemps que je l’avais vu; que j’avais ris avec lui. Mon ami, je sais que si je l’avais vu demain, rien n’aurait changé. Mais maintenant, tout a changé.

Qu’est-ce que je dis à la femme de cet ami? Je ne peux pas comprendre, ni imaginer ce qu’est de perdre un mari. Quels mots sont adéquats? Il est en paix là-bas!  Vraiment? Moi, je crois qu’il est aussi sous le choc d’être là-bas. Jeune, en santé, beau, une nouvelle maison, un début de carrière, une femme super, un amour éternel. Qui voudrait partir maintenant? Cela est la fin d’un chapitre de vie qui n’était pas supposé se terminer. L’histoire sans fin a une fin qui n’est pas bienvenue. Le club de veuves c’est pour les mamies. Pas pour les amies de mon âge. Un mari, c’est le centre de l’univers. Je suis, en partie, qui je suis grâce aux expériences que je partage avec lui. Qui je serais sans lui? Quels seraient mes plans de vie? Ce n’est pas seulement le deuil d’un être aimé, mais aussi de la vie avec cet être aimé. Quels mots réconfortants je peux partager? Est-ce que c’est le temps de réconforter ou plutôt le temps de souffrir cet adieu ensemble?

Qu’est-ce que je dis aux parents de cet ami? Perdre un enfant. En tant que parent, on assume qu’on quittera en premier. Ce sera notre enfant qui nous dira au revoir; pas autrement. On a créé, donné et soutenu la vie de cet enfant. On a sacrifié ressources, corps et âme pour que rien ne lui arrive. Être parent c’est protéger, mais cette fois-ci, on n’a pas pu le faire. Quels mots réconfortant je peux partager? Est-ce que c’est le temps de réconforter ou plutôt le temps de souffrir cet adieu ensemble?

Qu’est-ce que je dis aux sœurs et aux frères? La famille qu’on connait existe parce que les membres y sont. Ma famille ne serait pas la même sans eux. Perdre un frère change une famille. Il n’y aura plus de nouveaux souvenirs avec lui. Seulement des souvenirs de souvenirs. Un frère, c’est aussi un ami plus spécial que les autres parce qu’il a été là toute une vie. Il partage notre intimité et la comprend. Quels mots réconfortant je peux partager? Est-ce que c’est le temps de réconforter ou plutôt le temps de souffrir cet adieu ensemble?

Bref, je ne sais pas comment réconforter. Je suis là pour partager dans le silence et les larmes la réalité brutale. Le temps polira la douleur.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s