Rayonner même dans la mort

Par Kharoll-Ann Souffrant.

Il y a quelques jours à peine, j’ai appris que j’ai remporté le prix humanitaire Terry Fox. C’est une distinction importante et prestigieuse que seulement une vingtaine de jeunes Canadiens arrivent à obtenir chaque année. Je ne vous le cache pas : je suis profondément honorée que mon engagement social et mon parcours académique soient ainsi soulignés. Par ricochet, cela m’a amenée à faire plus de recherches sur la personne qui a inspiré ce prix.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une vague idée de qui était Terry Fox. Son nom m’a toujours été familier, son image encore plus. C’est bien la preuve qu’il a hautement été médiatisé, car il est décédé près d’une décennie avant ma naissance.

 

Photo tirée du site : Terryfox.org

Photo tirée du site : Terryfox.org

Terry Fox, c’est ce jeune homme qui à l’âge de 18 ans s’est fait diagnostiquer un cancer des os. Il s’est fait amputer une jambe afin d’éviter la propagation de la maladie. Néanmoins, il ne s’est jamais laissé abattre. Il s’est entrainé pendant 14 mois afin de convaincre la Société canadienne du cancer de le soutenir financièrement. C’est que Terry voulait courir à travers le pays pour sensibiliser la population à cette maladie et par le fait même, ramasser des fonds pour la recherche.

Terry Fox n’a jamais pu terminer sa course. Il est décédé à 23 ans des suites de la maladie qui s’est répandue dans ses poumons. Néanmoins, son courage, sa détermination et son initiative ont permis de ramasser 24.2 millions de dollars. Terry Fox a reçu l’Ordre du Canada et plusieurs institutions au pays sont nommées après lui comme des écoles. Il y a même un film documentaire qui le met en vedette. Aujourd’hui, des villes partout à travers le monde ont pris le flambeau et courent à sa mémoire et pour cette cause qui lui était si chère et qui touche tant d’individus dans notre société.

Depuis que j’ai reçu ce prix, il y a quelque chose qui m’a frappée et que je trouve très particulier.

D’une part, c’était de constater la communauté de gens qu’il a su créer en étant simplement lui-même. L’unité qui s’est forgée autour de sa vision. La solidarité, l’espoir et les liens qui se sont créés par son message. Il en a inspiré plus d’un. Et lorsqu’il est décédé, Pierre Eliott Trudeau a déclaré à la Chambre des communes qu’il y a peu d’individus qui suscitent l’unanimité de leur vivant, mais également après leur décès. Et c’est exactement ce que je ressens quand je pense à Terry.

Je n’ai jamais vécu de cancer. Je touche du bois pour que ce mal ne vienne pas frapper à ma porte, car la santé n’est jamais acquise pour personne. Je m’efforce de prendre soin de ma santé physique tout comme je prends soin de ma santé mentale.

Mais je pense beaucoup à Terry. Même dans la mort, son aura rayonne très fort. Les valeurs qu’il incarnait et le message qu’il voulait passer est là pour durer. Et ce, malgré son jeune âge. Malgré le fait que cela fait près de trente-cinq ans qu’il est décédé. J’ai aujourd’hui le sentiment d’avoir un certain lien avec lui, même si je ne l’ai jamais connu. C’est comme s’il n’était jamais vraiment mort. Et il y a quelque chose que je trouve profondément beau là-dedans. Comme on dit en anglais, his legacy lives on.

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Une réflexion sur “Rayonner même dans la mort

  1. Quelle détermination qu’il avait! Je suis touchée et ravie qu’il habite encore dans l’esprit des gens. Il n’est pas vraiment mort, il vit à travers son exploit inachevée…

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