Psychoéductrice et belle-maman : un match parfait?

Par Stéphanie Deslauriers.

« Toi, Stéphanie, ça doit être facile pour toi être belle-mère vu que t’es psychoéducatrice? »

HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA.

HAHAHA.

HAHA.

Hmm.

Bon, comment je dirais ben ça?

Non. Pas pantoute.

C’est tough, être beau-parent. C’est ingrat. C’est exigeant. C’est confrontant. C’est une foule d’affaires qui finissent en « ant ».

Tous mes amis et collègues intervenants ont eu la même crainte avant d’avoir un rôle parental : et si je me plantais? Et si, les conseils que je donne aux familles, les connaissances et compétences que j’ai acquises depuis le premier jour où j’ai posé mes fesses sur un banc d’université, j’étais pas capable de les appliquer?

Non, je ne crois pas que j’étais à côté de la plaque quand je prodiguais conseils et astuces aux parents avant de cohabiter avec un Poulet de neuf ans. Seulement, mes attentes se sont adaptées envers les usagers auprès de qui je pratique. Même si je pense que j’étais ben bonne avant, que j’avais ben de l’empathie et ben du « ben non, capote pas » auprès des hyperparents.

Maintenant, je comprends littéralement de l’intérieur les frustrations, le sentiment d’impuissance, les exigences, les attentes, la fatigue qui viennent avec le rôle parental.

Parce que je les vis moi aussi. Je n’en suis pas exemptée parce que j’ai fait un bacc, une maitrise, des stages, un mémoire et dix ans de pratique en intervention, non, non. Je les comprends différemment, je les vois peut-être plus venir, j’arrive à les rationnaliser davantage. Peut-être.

serviette-bain-doucheMais moi aussi, ça me gosse une serviette humide en bouboule, même si je répète À. TOUS. LES. SOIRS. à beau-fils chéri que ça va sur le crochet derrière la porte. Moi aussi, j’aimerais peut-être ça qu’il se fasse une cabane dans les arbres au lieu de jouer à fuc*** MineCraft. Moi aussi, j’aimerais ça qu’il ne se lève pas pendant les repas. Mais tsé, il est autiste. Il a des besoins sensoriels. Et tsé, au-delà de l’autisme, c’est un enfant qui en a d’dans, comme on dit. Et il est parfaitement imparfait de même.

Et malgré toute ma bonne volonté, mes superbes interventions, mes stratégies géniales et mon savoir de feu sur le développement normal (ou pas…mais bon, qu’est-ce que la normalité, me direz-vous? Je n’en sais fichtrement rien, vous dirai-je), un enfant, c’est un enfant. C’est un être humain à part entière avec sa volonté propre. Avec son histoire de vie, aussi. Avec deux parents, un autre beau-parent, une famille élargie, des amis, des profs, alouette. Je ne suis pas la seule source d’influence dans sa vie (heureusement!).

Et j’ai moi aussi mes défauts : je suis parfois (bon, OK, souvent) impatiente, je suis exigeante, il m’arrive de procrastiner, d’être anxieuse, de vouloir contrôler (je vais arrêter ici pour préserver quand même un peu de dignité ;) ).

Alors, tout ce melting pot-là, ça donne une famille imparfaite avec des membres qui le sont tout autant. Pis c’est ben correct de même.

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2 réflexions sur “Psychoéductrice et belle-maman : un match parfait?

  1. Ah! Que je comprends donc! Je suis belle-mère et éducatrice spécialisée…. le papa qui disait souvent…. ça dit quoi dans TON livre….
    13 ans plus tard, toujours belle-mère et maintenant mère 2 fois. C’est pas facile! Mais un peu plus facile être mère que belle-mère! On fait de notre mieux avec nos imperfections. … mais moi aussi la serviette en boule ça vient me chercher!!!
    Très beau texte!

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