La garderie, l’hyperstimulation et l’hyperorganisation

Par Eve Anabelle Saintonge.

Alors que Rosalie et moi mangions des raisins au parc, j’ai réalisé que les bébés de 12 mois et + sont rare dans un environnement extérieur à la garderie. La majorité de mes amies sont retournées travailler et on commence à ressentir que notre party de poupons diminue.

On a pris en famille la décision que j’allais retourner au travail plus tard et qu’on allait faire tout ce qu’on est capable pour retarder la rentrée à la garderie de Rosalie. Je suis totalement consciente que ce ne sont pas toutes les familles qui peuvent se le permettre et je trouve en fait courageux les parents qui laissent leur poupon à la garderie.

Mais nous, on a décidé autrement et pour ce faire, a même osé appeler mes beaux-parents du Guatemala (je vois déjà vos faces grimacer) pour venir prendre soin d’elle à la maison – et ce pour une période INDÉTERMINÉE! (Alors là je viens de vous entendre crier!).

Les premières réactions de nos proches furent très simples :

  • Rosalie va rester chez vous? Ce n’est pas trop éducatif, non?

et/ou

  • iiiiiiiihhhh!!! Ils vont rester chez vous les beaux-parents?!

On pourrait jaser longtemps sur les deux points, mais on va se concentrer sur le point A.

Ma fille a 1 an. Ses besoins éducatifs comme vous le soulignez très bien sont encore de développer un sentiment de sécurité envers son environnement et les gens autour d’elle en plus de développer son langage. Elle n’a pas besoin de connaitre ses couleurs, ses chiffres en ce moment.

En fait, un enfant, jusqu’à la troisième année du primaire, apprend davantage dans un environnement libre. L’exploration est le meilleur moyen d’apprentissage pour un enfant.

Or, je ne sais pas trop ce qui s’est passé entre mon enfance des années 1980 et aujourd’hui en 2016, mais on a la croyance qu’on doit surstimuler notre enfant avec des activités hyperstructurées – allez sur Pinterest seulement 2 minutes et vous allez voir ce que je décris. La compétence d’une mère, j’ose avancer, se compare presque qu’à sa capacité d’hyper-organiser-structurer-animer-stimulé son enfant. Au point tel que l’enfant, lorsqu’on lui demande ‘Va d’on joué tout seul là!’ ne sait plus quoi faire, devient même nerveux puisqu’il a toujours eu une présence pour lui dire quoi faire et comment le faire. Ou même que la mère qui décide de rester tranquille à la maison se sous-estime et se juge négligente.

Vous? Vous êtes allés à la garderie? Moi non. Et ma mère n’avait pas le temps de me faire des activités de style Pinterest. Deux diplômes plus tard et trois langues maîtrisées, je pense, être pas trop pire.

Oh oui. Le développement social, si elle reste à la maison, elle va avoir des retards de socialisation? Est-ce que vraiment mon enfant a besoin d’être avec des enfants pendant plus de 40 heures par semaine pour développer cette compétence?

Alors, est-ce que c’est moi où on exagère un peu avec la nécessité d’éduquer un enfant? Est-ce que la garderie est vraiment le seul moyen efficace de le faire? Et si c’est le cas, les générations sans ce système en ont-elles été pénalisées?03

Je suis psychoéducatrice de profession et je suis en faveur des garderies. Spécialement lorsqu’un enfant vit dans un milieu sous-stimulant, lorsque les parents sont atteints de difficultés au niveau de la santé mentale et lorsque l’enfant a des retards de développement. La garderie entoure l’enfant de facteurs de protections qui engendrent des conséquences positives pour le restant de sa vie.

Mais, on est d’accord que ce sont des situations exceptionnelles. Alors, est-ce qu’on ne se serait pas laissé embarqué quelque peu dans une fausse croyance pour justifier tant la présence des garderies aussi tôt dans la vie de nos enfants? Est-ce qu’on n’est pas en train de se faire convaincre un peu trop à cette business des garderies?

Un milieu familial cohérent, chaleureux qui n’abuse pas des écrans et qui offre des moments significatifs fréquemment à l’enfant est le milieu idéal pour éduquer un poupon et le préparer à l’enfance.

39e18pPeut-on se calmer le pompon avec les garderies de telle ou telle théorie, tel cours de yoga, tel cours de musique ou tel cours d’art cubique et reconnaitre qu’une relation avec un attachement positif est aussi bonne? Peut-on cesser d’angoisser à savoir si on est une maman assez stimulante? Peut-on laisser l’espace à nos poupons d’être des poupons et reporter l’anxiété de performance au moment approprié?

Rosalie et moi on va continuer à chiller au parc sans angoisse à manger nos raisins si vous voulez venir nous rejoindre!

 

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Une réflexion sur “La garderie, l’hyperstimulation et l’hyperorganisation

  1. J’adore ton article. Ça reflète exactement ma pensée. Profite de ta petite fille au maximum comme je l’ai fait avec les miennes. Impossible de regretter! :)

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