Le succès des autres

Par Stéphanie Deslauriers.

Cet article sur l’échec m’a grandement interpellée. Précisément parce que cette semaine, j’ai vécu un échec, à mes yeux. Une déception, quelque chose que je n’ai pas vu venir.

YOUR-PLAN-VS-REALITY

Une amie m’a déjà dit : « Profite des détours, des replis. C’est là qu’on apprend le plus ».

Ouais.

Je me suis rappelée de ma première rencontre avec une femme magnifique qui était alors directrice de l’édition chez Librex. La VP de la boîte m’avait donné rendez-vous à un lancement. À moins d’une heure de l’événement, j’ai failli chocker. J’étais toute arrangée, bien maquillée, bien habillée, j’avais même mis du parfum et des talons hauts (!!!), je m’apprêtais à regarder pour une énième fois l’horaire de bus (hello, anxiété) quand je me suis dit que non, j’avais envie de rester chez nous, de me mettre en linge mou et de lire un livre.

Puis, j’ai croisé mon reflet dans le miroir. Je me suis fixée en me disant : « De quoi t’as peur, Steph? ».

De réussir.

J’avais peur que ça marche. Que ce soit plus grand que moi.

À partir de là, il aura fallu deux ans et demi d’écrire et de réécriture avant d’avoir un roman qui avait à peu près de l’allure (C’est L’Éphémère, ça), après l’avoir chatouillé pendant cinq ans sans savoir si ça deviendrait « quelque chose » un jour. Juste écrire m’avait fait du bien.

Ça fait que, j’ai pris mes grandes jambes pis mes talons hauts rouges, et je suis allée prendre le bus. En arrivant au resto du Vieux Montréal, je me suis dirigée illico aux toilettes pour respirer, me rappeler pourquoi j’étais là et que c’était correct, d’avoir peur.

Et deux ans et demi plus tard paraissait mon premier roman, mon rêve d’enfant, d’adolescente qui adulait Marie Plourde avec ses histoires de sacoches dans le Journal de Montréal, Marie Laberge et sa Gabrielle, J. K. Rowling et sa ribambelle de personnages fantastiques, etc., etc.

Mais. Il y avait un « mais ». Ce n’était pas assez, encore. J’étais envieuse du succès des autres. En fait, c’est ce que je croyais jusqu’à ce que je me rende compte que, ce que j’enviais le plus chez les autres, c’était leur reconnaissance. Leur façon de savourer. D’être heureux, là. Que ce soit assez. De surfer sur la vague, d’apprécier, de prendre le temps de s’arrêter sans avoir peur de stagner. Sans penser à demain, à plus, plus loin, toujours.

À être dans l’ici, maintenant. À assumer leurs choix, à s’engager.

À tous les jours, je travaille en ce sens. J’apprends à m’arrêter, à contempler, à apprécier. Pour ne plus envier ces personnes, mais pour qu’elles m’inspirent à en devenir une meilleure à mon tour.

 

 

 

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