Ras le bol du sensationnalisme

Par Stéphanie Deslauriers.

Ce texte du Devoir « Ras le bol des émissions de vedettes » m’a fait réagir, hier. J’étais heureuse (pis pas) de lire que j’étais loin d’être la seule à grandement questionner le « contenu » des émissions qu’on nous offre sur les différentes chaînes du câble.

Bien personnellement, ça fait plus de deux ans que je n’ai plus d’abonnement. Je préfère – et de loin – lire un bon livre (ceux que je trouve pas bon, j’arrête de les lire. Parce qu’on a juste une vie, qu’il y a plein d’ouvrages que je veux dévorer même si je sais que je n’aurai pas le temps d’en faire le tour d’ici ma mort mais tsé, je veux mettre toutes les chances de mon côté), regarder les émissions qui m’intéressent, au moment où ça me convient, via le web ou encore, via Netflix.

Depuis bien avant la fin de mon abonnement avec mon câblodistributeur, je mettais « mute » aux annonces, que je trouvais tellement de bas niveau (OK, à part celle du café, où une jeune gymnaste dynamique vend du chocolat à une femme pas réveillée, qui, pour l’encourager, lui chante sans conviction : « Let’s go les filles, on est capables. Pirouettes, Pirouettes! »). Moi, voir un homme faire le chat pour que sa blonde lui donne des minouches… je trouve ça con. La fille qui porte du 2 ans qui se trouve grosse aussi, r’marque ben. Même chose pour le couple orgasmique devant leur nouveau sofa en microsuède brun payable en 3445 versements égaux pendant 100 ans.

M’enfin.

crise-larmes-conseilsUne jeune femme me confiait que, pour participer à une célèbre émission de chant « axée sur le talent »  des interprètes, un questionnaire devait être complété dans le but de documenter à quel point le candidat fait pitié, à quel point ça va arracher une couple de larmes aux téléspectateurs, une fois la musique triste, les proches émus et le piteux mis bien en vedette dans le montage précédant sa performance.

J’ai moi-même déjà soumis un projet de documentaire qui emballait la responsable d’une boite de production, qui a fait une présentation à son équipe et que les commentaires étaient : « Wow! Vraiment une belle idée de projet, ça! Y’aurait-tu moyen de mettre ça plus sensationnaliste, par exemple? De faire un genre de télé-réalité? ». La responsable m’avait transmis, non sans une méga pointe de gêne, ces commentaires. « Non, merci » a été ma réponse. C’t’un documentaire. Pas la suite de Loft Story.

Ça aurait été le boutte d’la marde qu’on me demande de basher des gens dans mon essai sur l’intimidation. Quoi que, ça aurait sûrement fait des belles ventes.

Mais je n’ai ni envie de produire ni de consommer ce genre de produits. Je veux du contenu, baon. Des propos nuancés, des témoignages de personnes qui s’y connaissent dans les domaines sur lesquels ils se prononcent. Mais ça vend pas, la nuance. C’est ben mieux la dichotomie, les opinions tranchées, les débats animés. Ça, ça donne de la cote d’écoute et du lectorat.

Bon, je vais aller écrire un livre nuancé et recherché, entre ma lecture d’un livre ben intéressant et le visionnement d’une émission non sensationnaliste, sans pub à part de ça!

Publicités

2 réflexions sur “Ras le bol du sensationnalisme

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s