Fuir à tout prix

Collaboratrice invitée : Rachel Le Bourdais. Diplômée à la maitrise en psychoéducation, ex-psychoéducatrice ayant travaillé en CLSC et en centre de réadaptation en déficience intellectuelle, Rachel a fait le grand saut pour réaliser un de ses rêves et habite maintenant en Espagne depuis août 2014. Elle adore voyager et en apprendre toujours plus à propos des différentes manières de vivre et de penser dans le monde.

6897316-10543903Je ne sais pas exactement ce qui est montré dans les médias au Québec, mais ici en Espagne, il n’y a pas une journée où le sujet des réfugiés syriens n’est pas abordé à la télévision. Et pour ce qui est de l’opinion de la population internationale à propos de l’accueil de ces réfugiés, cela semble très diversifié… On les accueille à bras ouverts? On leur refuse une place chez nous car ce sont peut-être des terroristes?

Je ne me crois pas experte à propos de l’immigration, des guerres, de la politique ou de la religion. J’ose pourtant croire que mon expérience personnelle peut aider à faire réfléchir. À me faire réfléchir. À vous faire réfléchir et à vous faire connaitre.

Ils s’appellent Ibrahim, Ahmed ou Soufian. Ils ont 19, 16 ou parfois même 13 ans! Ils sont marocains, mais ils sont avant tout humains. Laissez-moi vous racontez leur histoire…

Ces jeunes marocains ont quitté leur pays et leur famille afin traverser le détroit du Gibraltar (détroit séparant le Maroc de l’Espagne). Ils ont fait cette traversée seuls afin de pouvoir mettre les pieds en Europe. Ils ont traversé ces 15km en canot gonflable, cachés sous des camions ou encore dans l’eau sous les moteurs d’un traversier.

Une fois en terre espagnole, le gouvernement les place en « protection » jusqu’à leur 18 ans, jugeant que leur sécurité est probablement compromise au Maroc. Ces jeunes se retrouvent donc en centre d’accueil jusqu’à leur majorité.

Depuis un an, je suis bénévole pour la Croix-Rouge et je vais, une heure par semaine, animer divers atelier avec ces jeunes (travail, sexualité, violence, santé, etc.). C’est donc comme cela que j’ai pu faire la rencontre de ces merveilleux adolescents. Et c’est aussi comme cela que me sont survenues plusieurs réflexions. Des réflexions au sujet de l’immigration, du racisme et de la peur de l’étranger.

Selon moi (et selon ma propre expérience), si une personne immigre, c’est dans l’espoir de trouver mieux; au niveau monétaire, au niveau de la sécurité physique, au niveau du bonheur en général. Alors, si une personne met sa vie en danger ou encore, la vie de ses enfants en danger afin d’immigrer, c’est sûrement que la situation dans le pays d’origine était très désagréable, voir dangereuse! Il me parait donc évident que ces réfugiés syriens, marchant des kilomètres et des kilomètres dans le froid ou essayant de traverser la mer de manière dangereuse en « bateau » (et tout cela avec leurs enfants!) fuient une situation terrible et mérite notre accueil et notre aide. Au même titre que ces enfants que je vois à chaque semaine, qui ont risqué leur vie afin d’essayer d’atteindre leur « rêve européen ».

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photo personnelle de Rachel Le Bourdais

Après un an à les côtoyer, une partie de moi n’arrive pas encore à comprendre comment des parents ont pu laisser partir leur enfant de 13 ou 17 ans, sachant que celui-ci aller peut-être terminer sa vie dans les eaux de la mer Méditerranée. Il m’est aussi difficile de comprendre comment des parents mettent la vie de leur enfant en danger en embarquant sur un canot gonflable. La seule partie d’explication que j’arrive à me donner, c’est qu’il m’est impossible de comprendre complètement puisque je n’ai pas vécu la moitié de leurs complications et difficultés.

Ce que je saisie, ce que je vois dans le visage d’Ibrahim, d’Ahmed et de Soufian, c’est qu’ils ne cherchent qu’à améliorer leur situation. Ces syriens ne cherchent qu’à se protéger, se reconstruire une nouvelle vie. Pourquoi tous ces gens ne pourraient-ils pas vivre dans un endroit leur permettant de réaliser leurs rêves?

 

 

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2 réflexions sur “Fuir à tout prix

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