Mains baladeuses : pas d’excuses

Par Stéphanie Deslauriers.

Cet article a été rédigé en réaction à « Le beau-frère, déguisé en Père Noel, a les mains baladeuses ».

Madame Pelchat (pseudo experte en étiquette qui donne comme astuce pour gérer un beau-frère déguisé en Père Noel qui fait des attouchements de rigoler et de jouer à un jeu de société), parfois (souvent), il faut aller au-delà des conventions sociales, des « qu’en dira-t-on » et se respecter. Comme vous le savez sans doute, les attouchements sexuels entrent dans la catégorie des agressions sexuelles. Et jamais on ne devrait encourager le silence. Que ce soient des adultes qui en soient victimes ou des enfants. « Qui ne dit mot consent ».

téléchargementEt s’il y a un beau-frère déguisé en Père Noel, ceci laisse présumer qu’il y a présence d’enfants. À cet effet, vos propos dans l’article de Silvia Galipeau sont complètement renversants.

Il est du devoir des témoins, tel qu’on l’enseigne à des élèves de six ans, de dénoncer et/ou de s’interposer, s’ils s’en sentent capables, lorsqu’une situation de violence est observée.

Il va sans dire que la dénonciation et l’intervention est toute aussi recommandée dans une situation d’agression en contexte familial. Oui, oui, vous avez bien lu : faire quelque chose pour que la situation cesse, pour condamner le comportement et surtout, pour réconforter, écouter et mettre en sécurité la victime, quitte à créer un malaise. Et j’entends par « faire quelque chose » autre chose que de sortir un jeu de société et rire un bon coup de la situation, tel que vous le recommandez. Personne, adultes ou enfants, ne devrait se faire toucher là où il ne veut pas ni se faire susurrer à l’oreille des paroles sexuellement explicites. C’est une question de droits et de libertés.

Également, comme vous ne le savez visiblement pas, les études démontrent que l’alcool à elle seule ne peut expliquer des comportements inadéquats. À cet effet, une de ces études a utilisé deux groupes : un groupe contrôle et un groupe expérimental. Le premier groupe se faisait servir de la bière alcoolisée en contexte social. Le second groupe, de la bière non alcoolisée – à leur insu, dans le même contexte.

Lors de cette rencontre sociale, certaines personnes ont démontré des comportements d’agression physique et verbale. La raison invoquée? « Je savais pas ce que je faisais, j’étais saoul! ». Eh bien, pour les gens ayant adopté des comportements inappropriés qui avaient absorbé la bière non-alcoolisée – effet Placebo – leurs comportements ne pouvaient nécessairement pas être influencés par le taux d’alcoolémie. Les chercheurs en concluent donc, grosso modo, que l’alcool devient une excuse pour commettre des gestes répréhensibles (au sens de la loi ou pas), alors qu’il n’en est rien. Saouls ou pas, nous demeurons responsables des actes commis.

Le droit au respect de l’intégrité physique et psychologique va bien au-delà de l’étiquette et du protocole.

Madame Pelchat, avez-vous des enfants? Des petits-enfants? Si, réellement, vous leur apprenez à ne rien dire, à sourire et jouer avec leur mononcle cochon qui leur a pogné les parties intimes ou dit des obscénités, il faut qu’on se parle. Sérieusement.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s