Une (toute petite) boîte

Par Stéphanie Deslauriers.

« Les élèves, vous allez rédiger un texte argumentatif de 500 mots sur le sujet… » annonce la prof.

« Est-ce qu’on est obligé d’être pour OU contre? Parce que j’ai des arguments dans les deux… »

Réflexion. « Oui, oui, tu peux. »

Ouf.

Ça, c’était moi, en 5e année.

Et en 6e. Et au secondaire. Puis un cégep. À l’Université, aussi. Et dans la vie. Depuis toujours.

Bien qu’on m’ait dit « Oui, oui, tu peux » chaque fois que j’ai posé la question en classe, il en est allé différemment dans la vie de tous les jours.

« Ben là, branche-toi! », « Ben là, décide UNE des deux options », « Allez, choisis UN domaine dans lequel tu veux travailler plus tard », « Ben là, tu veux tu écrire ou ben faire de l’intervention? », « De la littérature ou du pédagogique : faut choisir ce que tu veux écrire! », « Votre parcours est très (trop) éclaté, madame Deslauriers… ».

Moi, je l’ai fait depuis belle lurette, mon choix : pas mal TOUT-E m’intéresse. C’est comme ça. Ça a toujours été comme ça. D’ailleurs, au secondaire, ça m’angoissait un peu de devoir choisir UN seul métier, que j’allais aimer et chérir toute ma vie – parce qu’il était hors de question pour moi de faire un travail pour faire un travail. Fallait que ça me parle, que ça me pogne aux tripes.

Je l’ai souvent dit à mes collègues de classe (Salut, Mel, Mel et Audrey!) : « Wouah! Je me sens comme Harry Potter à Poudlard! ». Je tripais sur mon programme de psychoéducation, à l’Université de Montréal. Je tripais sur ma décision de m’être trouver un emploi dans mon domaine dès le 1e mois de cours de première année de bacc. Si non, je serais morte d’ennuie sur un banc inconfortable du pavillon Marie-Victorin. Pour vrai.

J’ai changé d’emploi bon nombre de fois. Rapidement, j’avais besoin de plus; de défis, d’être stimulée, de me dépasser. Puis, j’ai trouvé la formule qui me convient : faire plein de choses en même temps. Écrire des articles, des livres – des pédagogiques pis des pas pédagogiques – , partager mes connaissances dans les médias télés et radios, faire des rencontres à domicile en psychoéducation, animer des formations et conférences, enseigner à l’Université.

Mais voilà, ça dérange. « Ouf, tu m’étourdies ». « Ouin, mais là, on te décrit comment? Une auteure? Une chroniqueuse? Une psychoéducatrice? Une chargée de cours? Une conférencière? ». « Votre parcours est très éclaté, madame Deslauriers… ».

imagesOn a don’ besoin de nos catégories pour se sentir bien. Pour organiser notre information. Pour comprendre. On a don’ besoin de nos petites boites, pour se rassurer. On a don’ besoin de flanquer tout le monde dans ces petites boites – une par personne, idéalement – pour ben aller.

La vérité, c’est que c’est ben correct, d’être « éclaté ». D’être éclectique. Tiens, ça pourrait être ça ma catégorie : une professionnelle communicatrice éclectique.

Hon. Fallait juste un mot? Éclectique, alors. Ou ben don’, éclatée. Ouaip. Ça me convient, ça. « Éclatée ».

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3 réflexions sur “Une (toute petite) boîte

    • Merci infiniment, Madeleine. En effet, il m’arrive, lorsque le sujet s’y prête, de publier également mes articles sur LinkedIn. D’ailleurs, celui-ci s’y retrouve! (Je l’ai partagé hier soir :) )

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