Carriériste ou passionnée?

Il y a quelques années, alors que je terminais ma maîtrise, je me suis fait dire à quelques reprises que j’étais carriériste.

À cette époque, j’étais fière de ce qualificatif, qui, je trouvais, me représentait bien. Après tout, c’est vrai que ma carrière était importante, que je me démenais pour elle et que je me démarquais justement par mon acharnement.

Surtout qu’on valorise tant les individus ambitieux, travaillants…carriéristes. Je travaillais des heures interminables (80, pour être plus exacte), j’enseignais, je rencontrais des familles à domicile, j’offrais des formations, je rédigeais articles et manuscrits, je travaillais dans une école primaire… Je n’avais pas une journée de congé dans ma semaine, aucun moment pour souffler, me détendre, respirer, contempler les murs de mon appart. Rien de tout ça. Je m’étourdissais. Jusqu’à que ce j’aille une grippe, une amygdalite, une gastro, un déplacement d’une de mes côtes (en mettant mon sac sur mon épaule, oui, oui)…tout ceci en moins de deux mois. C’est sans parler des maux de dos constants, des maux de tête fatigants et du sommeil agité.

J’ai poursuivi ainsi jusqu’à me rendre chez mon médecin, paniquée de me sentir si peu en forme, ce qui m’obligeait à ralentir le rythme alors que je n’en avais aucunement envie! « Épuisement professionnel », m’a-t-elle diagnostiquée, après avoir passé quelques test psychométriques et discuté une bonne trentaine de minutes avec elle (et avoir éclaté en sanglots, alors que ça ne m’était jamais arrivé avec elle, qui m’a pourtant sortir du ventre de ma mère).

Je suis repartie avec mon petit papier d’arrêt de travail, qui a duré quelques mois. Le temps de dormir, de réfléchir, de lire des livres, de me poser des questions, de comprendre pourquoi j’avais besoin de m’étourdir quitte à en oublier les autres sphères de ma vie (et moi-même, par prolongement).

Je suis remontée en selle à la fin de l’été de cette année-là, reposée, apaisée quoiqu’un peu craintive. J’avais peur de retourner dans mes anciens patterns, vous comprenez.

Deux ans et demi plus tard, je suis toujours vigilante. J’ai une propension à l’intensité, que voulez-vous. Je suis une passionnée. Je ne connais pas ça, moi, la demi-mesure. J’ai encore tendance à me pousser à bout, à vouloir tout faire (et surtout, tout réussir) en même temps. Je suis impatiente. Comme si j’avais peur de manquer de temps, de passer à côté d’une opportunité, surtout. Alors, c’est un travail de chaque instant. Me recentrer sur l’essentiel, revoir mes priorités (ou plutôt, revoir si mes actions sont en cohérence avec mes priorités), prendre des pauses, me reposer sans culpabiliser, accepter que telle journée, je n’ai pas la même productivité que la veille.

Aujourd’hui, je constate que je suis davantage passionnée que carriériste; je m’investis à fond dans ce que j’aime, auprès de ceux que j’aime. C’est que je ne connais pas la demi-mesure.

se faire du bienCe qui a changé, c’est que je ne sacrifie plus ma vie personnelle ni mon équilibre mental pour mon travail. Mon travail fait partie intégrante de mon équilibre mental, puisque j’aime profondément ce que je fais, que ce soit à titre de psychoéducatrice, d’auteure, de chroniqueuse ou de chargée de cours. Toutes ces activités professionnelles me font du bien, me font apprendre, grandir et devenir une meilleure personne au fil de mes rencontres.

Et je prends le temps d’apprécier, de remercier, de contempler sans que ce soit une corvée.

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