Les risques du métier

Il y a un an, j’ai été agressée.

Dans un endroit que je connaissais bien, où j’étais confortable; mon milieu de travail. C’était pendant le jour, pas longtemps après le lunch. Tout semblait normal. Je pensais même être en train de faire quelque chose de bien. Je savais ce que j’étais en train de faire. J’étais en contrôle.

Mais, mon client m’a agressée.

Imprévisibilité. Humiliation. Impuissance. Vulnérabilité. Panique. Peur. Incompétence. Culpabilité. Incapacité. Perte de contrôle. Détresse.

Détresse psychologique.

Je n’avais pas de marques Pas de blessures visibles.

Mais Mme Saintonge, c’est normal dans votre travail. Vous travaillez avec des personnes à risque. Ce n’est pas si pire que ça hein?!, dixit le docteur de l’employeur.

Vraiment?

Parce que maintenant ça fait un an. Après en avoir jasé avec mes collègues, mes supérieurs, les ressources humaines, le médecin de la clinique sans rendez-vous (parce que mon médecin de famille est pas facilement accessible – ça vous sonne une cloche?), le médecin de l’employeur, la CSST, le réviseur à la CSST, le représentant syndical et l’avocat pour la Commission des lésions professionnelles, ben j’ai encore la patate qui claque que je repense à l’Événement.

Le Stress post-traumatique. Ça ne laisse pas de traces visibles, mais la détresse reste longtemps. Les bruits, les ressemblances visuelles, l’heure, les odeurs, les souvenirs, les endroits, ben c’est comme le revivre à chaque fois. Et encore, devoir le raconter 100000 fois, c’est encore pire. Pis moi, j’étais tannée de l’expliquer, de le revivre, de le repleurer. Mon mari était tanné aussi. Il se sentait pas mal impuissant. Il ne pouvait pas me protéger, ni me défendre.

Mais je m’étais promis une chose. Je ne serai pas une victime.

J’allais me battre jusqu’à ce que le mal que j’ai eu me rende plus forte.

Un an plus tard, je réalise que la douleur est encore là. Que c’est encore fragile, sensible, mais pas pour en pleurer.

L’Événement fait maintenant partie de l’histoire de moi. Il a participé au développement de moi-même, mais positivement.

Je ne suis pas une victime, je suis forte, parce que j’ai décidé de l’être.

Mon choix m’a sauvée.

 

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Une réflexion sur “Les risques du métier

  1. Vécu quelque chose. Il y a longtemps. Suites, de Polytechnique. Aujourd,hui, si vous voulez l’entendre… je vous dirais: acceptez qui vous êtes. Acceptez TOUT, de qui vous êtes. D’avoir été marquée. D’être différente. Plus fragile. J’aurais du le faire, il y a quelques années. Juste d’accepter
    qu’on n’est plus pareil(les) après, Ça ouvre une porte, toute grande….

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