On parle toujours de soi

On parle de soi quand on insulte quelqu’un. On parle de soi quand on juge autrui. On parle de soi quand on complimente et questionne.

On parle de notre bien-être ou de notre mal-être, on parle de notre personnalité, de notre perception, de nos blessures.

Souvent, l’autre est le miroir de quelque chose de plus; de plus profond, de plus grave. L’autre fait remonter en nous des souvenirs malheureux, heureux, qu’on croyait oubliés pour certains.

On insulte une personne avec un mot qu’on a probablement souvent entendu, qui nous était destiné. On prête des intentions à un quasi-inconnu qui seraient probablement les nôtres si on avait été à sa place. Mais voilà : on n’est jamais à la place de personne.

Même si on est empathiques, sympathiques, compatissants comme ça se peut pas. On n’est pas l’autre. L’autre n’est pas nous.

« Autrui n’est pas la mesure de soi-même », dirait mon chum, en citant…je ne me rappelle plus quel philosophe.

Souvent, presque tout le temps, même, l’autre nous projette son ressenti, parce qu’il n’arrive pas à le gérer. Collègues et amis intervenants : je SAIS que ça vous est arrivé dans votre pratique, de ressortir d’une rencontre découragés, frustrés, en vous sentant incompétents. Eh bien, vous avez pris sur vos épaules les émotions de la personne aidée, qui ne vous appartiennent pas.

Amis non-intervenants, mais êtres humains tout de même (t’sais!) : je SAIS que ça vous est arrivé, suite à une conversation avec une tierce personne de vous sentir tous croches après, alors que vous alliez bien avant. Mais que votre interlocuteur n’allait pas bien. Eh bien, voilà, vous avez absorbé SES émotions.

Transfert, contre-transfert, projection…appelez ça comme vous le voulez. On le fait sans cesse, sans même s’en rendre compte. Et on le fait encore plus fréquemment, à l’ère des contacts virtuels infinis, qui nous met en lien avec des individus qu’on connait plus ou moins, dont on ne connait pas le passé, les blessures, le parcours, les perceptions, etc. L’interprétation est tellement plus facile : on a BESOIN de comprendre et pour ce faire, on met dans des catégories. Le cerveau est ainsi fait. Et quand on a trop peu d’informations sur une personne ou une situation, on généralise, on extrapole. Et ça crée des situations de jugements gratuits car en plus, la personne se sent à l’abri, puisqu’elle est, peinarde, dans son salon, derrière son écran d’ordinateur. Or, elle n’est pas que peinarde dans son salon : elle est sur internet, au vu et au su de tous. Elle ne fait pas que donner son opinion à son mari entre deux annonces télés mises sur mute, elle le donne publiquement, sans nuance, sans égard à la personne qui reçoit son jugement.

Bref, ça part dans toutes les directions, ce billet-là. Mais tout ça pour dire que :

  • on ne peut pas plaire à tout le monde, jamais, alors mieux vaut se plaire à soi et faire avec le reste
  • l’opinion que les gens ont de nous leur appartient
  • les expériences plates des réseaux sociaux peuvent nous inspirer (des billets, comme celui-ci!)
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