L’urgence de vivre

« Ce n’est pas rare qu’on me dise : « Ayoye, Steph, tout te réussit! ». Et il n’y a pas plus faux comme affirmation.

Pour mon premier livre, paru en 2012, j’avais envoyé mon manuscrit à 8 maisons d’éditions. Une seule, la première (et la meilleure hihi) l’a accepté :Éditions Midi trente

11751479_846904695345451_5908368917500891586_nPour mon premier roman, j’aurai mis près de 7 ans pour l’achever, du tout début à la toute fin, hen, Groupe Librex?

Pour ma collaboration à Format familial, j’ai essuyé combien de refus, voire je ne me suis même pas fait appelée en casting.

Pour mon désir d’écrire des articles – et d’être rémunérée pour le faire – aucun média n’a encore accepté mes propositions de collaboration ou ne m’a approchée pour le faire sur une base régulière.

Pour mes projets de documentaires, aucun n’a, à ce jour, été accepté.

Alors oui, je réussis certaines choses, mais je travaille constamment pour qu’elles fonctionnent. Et j’essuie plus souvent qu’autrement des refus. »

Après avoir écrit ceci sur ma page Facebook, Kharoll-Ann Souffrant s’est sentie interpellée. Elle a composé le texte suivant en réaction à mes propos.

***

Ces temps-ci, ça bouge beaucoup dans ma vie professionnelle. Cela n’est pas sans stress et périodes de doute et de remise en question. Et les gens me font aussi remarquer que ça bouge et qu’il m’arrive « beaucoup » de choses. Par exemple, je travaille sur un livre et j’ai deux projets de conférences en route. De beaux projets stimulants et qui ne font que me donner le sourire aux lèvres à chaque fois que j’y consacre du temps.

J’ai cependant toujours un certain malaise lorsque des gens viennent vers moi et me disent « Mais oh, toi Kharoll-Ann, t’es tellement chanceuse. J’aimerais ça avoir ta chance. »

Oui, je m’estime chanceuse sur plusieurs points. J’essaie le plus possible d’apprécier chacune des réussites qui m’arrivent parce que j’accomplis actuellement des choses dont je ne me serais jamais crue capable d’accomplir il y a plusieurs années. La vie m’a réservé (et me réserve sans doute encore) son lot de surprises, et j’en suis reconnaissante.

Cependant il y a une grande part de ce qui se produit actuellement dans ma vie qui relève des efforts et des initiatives que je prends quotidiennement pour accomplir mes rêves. À 22 ans, je suis en train de paver ma route, mon chemin et cela, de mes mains. Petit à petit, je récolte le fruit de mes efforts. Je fournis énormément de travail pour parvenir à mes objectifs. Je contacte des gens (même s’ils sont hauts placés ou peuvent sembler trop occupés pour m’accorder de l’attention), je leur soumets mes idées, je demande des conseils à des gens qui accomplissent ce que je veux accomplir. Je travaille pendant des heures (souvent de façon non rémunérée) parce que je tiens à produire des choses de qualité, j’assiste à des formations que je paye de ma poche pour acquérir le plus de connaissances en plus de ma formation académique, je lis pour pousser mon esprit critique plus loin, etc. Je m’implique et je suis définitivement en mouvement.

Kharoll-Ann Souffrant

Kharoll-Ann Souffrant

À 22 ans, j’ai l’urgence de vivre. Et ma bucket list est très longue. Je sais que je ne parviendrai  sans doute pas à accomplir tout ce qui s’y trouve, mais j’y travaille à tous les jours par simple respect pour moi-même. De ne pas travailler à l’accomplissement de mes rêves relève d’une trahison envers ma personne, à mes yeux. Et ma plus grande peur dans la vie est de mourir sans avoir vécu une vie à mon image. Je pourrais me lever un matin et ne plus avoir les capacités ou l’énergie que j’ai actuellement. Alors j’essaie de vivre chaque journée comme si c’était ma dernière parce qu’en vérité, y’a aucun moyen de réellement le savoir à l’avance. Ça, je l’ai appris très tôt.

Quand je me heurte à des portes closes ou que j’essuie des refus – parce que oui, ça m’arrive contrairement à ce que bien des gens pensent -, et bien je persévère. J’ai le mérite d’être très combative. Je trouve beaucoup plus difficile d’arrêter d’essayer que d’essayer tout court. Alors je cogne plus fort aux portes jusqu’à ce que j’obtienne ce que je veux et que ma voix se fasse entendre. Et si ça ne marche pas, j’adapte ce que je fais, je le modèle, j’acquiers plus d’expérience et je réessaye plus tard. Et ça porte ses fruits dans bien des cas. C’est comme ça que j’apprends, que ma confiance en moi se construit. Je réalise que les échecs sont aussi de grandes leçons d’humilité. Comme la vie serait plate si tout fonctionnait toujours comme on le souhaite !

J’ai aussi parfois des gens qui doutent pour moi. Qui s’inquiètent. Sans doute par bienveillance, par peur que je déchante et que je me berce dans des illusions. On m’a déjà dit par exemple « Je ne veux pas te décourager, mais c’est difficile de faire telle ou telle chose, de tailler sa place. » J’avais juste le goût de répondre que c’est ce que moi j’ai envie de faire, maintenant, ici et aujourd’hui. Et c’est mon droit. Je ne le fais pas pour devenir riche, mais tout simplement par pure passion.  Si je me trompe, tant pis. Mais j’aurais au moins essayé. J’assume les conséquences des décisions que je prends en m’informant toujours sur tout ce que ça implique. Je ne fais rien à la légère, tout est le plus souvent réfléchi.

Néanmoins, je reconnais que je suis jeune, que je suis sans doute un peu idéaliste. Mais c’est ce qui fait mon unicité.  Donnez-moi encore quelques années et je vous prouverai de quoi je suis capable. Parce qu’après tout, j’ai l’urgence de vivre.

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Une réflexion sur “L’urgence de vivre

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