Tatouage et relation d’aide : un duo impossible?

Ce texte m’a été inspiré par un article paru sur le site lesaffaires.com à propos des droits des employés et des employeurs en termes de tatouages apparents (http://www.lesaffaires.com/strategie-d-entreprise/droit-des-affaires/un-employeur-ne-peut-pas-forcer-un-employe-a-cacher-un-tatouage/502543)

Depuis l’âge de 18 ans, j’ai un tatouage non visible.

Depuis 2013, 2 tatouages apparents sur les poignets.

J’ai reçu, entre autre, ce genre de réactions : « Ben là, t’as pas peur des réactions des gens? des employeurs et des gens que tu aides? »

Nop.

« Sur le poignet droit? tu sais que c’est la main qu’on tend, quand on serre la main? Tes interlocuteurs vont le voir tout de suite! »

Ouh. Quel drame.

Il ne faut pas oublier que de plus en plus de gens arborent des tatouages. Don d es parents. Pas juste des psychoéducatrices là.
Et c’est drôle mais quand ils entrent dans mon bureau et qu’ils voient mon tatouage dès notre première poignée de main, y’en a une coupe qui se détendent. Qui se disent qu’ils ne se feront pas juger pour ça par la personne en face d’eux – moi, en l’occurence.

Et même que des fois, c’est un brise-glace; une conversation s’ensuit des tatouages, tatoueurs, etc. et hop, on est en train de bâtir une relation de confiance. (Je vous rassure, j’ai aussi plein d’autres sujets de conversations en banque)

D’ailleurs, je me rappelle très bien cette jeune de 14 ans que je voyais en suivi familial depuis près de 8 mois. Pour notre dernière rencontre, on est allées manger un burger bien graisseux. Je suis allée la chercher en voiture à l’école sur l’heure du diner. Embarquée dans mon auto, elle entend les notes d’inspiration Bengali d’une chanteuse qui l’est tout autant : M.I.A. « Hennn! je ne savais pas que tu écoutais ça!!! ».

– Ben oui, j’ai fait de la danse 10 ans et j’adoooore ce type de musique.

Arrivée au resto de fast food, on commande exactement la même chose : « Hennn! Je savais pas que tu aimais ça, toi aussi!! »

On a discuté, on a rit, surtout. Lorsque je suis allée la déposer à l’école ensuite, avant de sortir, elle m’a dit :  » Wow! je ne savais pas que tu étais comme ça! Quand tu viens chez nous, tu es toujours bien habillée, pas un cheveu qui dépasse, ton maquillage qui fit… »

BAM! elle avait visé juste : je tentais de me donner une image de parfaite psychoéducatrice dans une famille plus qu’imparfaite. Je leur renvoyais l’image que c’était ça, l’équilibre. Je ne leur ai pas laissé entrevoir beaucoup de mon moi, de ma personnalité, de mes travers qui sont tellement rassurants pour une famille. Parce qu’en tant que psychoéducatrice, j’étais un modèle, pour eux. Un modèle d’imperfection. D’humanité et d’authenticité.

Depuis, je me montre beaucoup plus ouverte, plus vrai. Plus tatouée – parce que oui, à l’époque, j’aborais déjà un tatouage bien camouflé.

Alors maintenant, je m’assume dans qui je suis. Après tout, n’est-ce pas là les valeurs que l’on veut transmettre aux gens auprès de qui on travaille, l’acceptation et l’amour de soi?

Une psychoéducatrice tatouée!

Une psychoéducatrice tatouée!

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