Ton père, c’est peut-être le plus fort mais mon métier, c’est le plus beau du monde

Oui, oui, j’ose proclamer haut et fort que mon métier, c’est le plus beau du monde!

Imaginez; j’ai la chance d’entrer en relation avec plusieurs individus; d’en connaître davantage sur une foule de cultures, de pratiques, de croyances, de mets, d’habitudes de vie.

J’ai l’opportunité de me faire accorder la confiance de gens plus âgés que moi, qui pourraient bien se dire qu’ils ont beaucoup plus d’expériences de vie que moi, que je n’ai pas d’enfants, que je ne peux pas comprendre, que ce n’est pas une petite blanche de 23 (bientôt 24!) qui va venir nous dire comment élever nos enfants, et j’en passe.

Des adolescentes, écorchées par la vie, qui ne font confiance à personne, parce qu’on a abusé d’elles par le passé, de leur intégrité physique, de leur innocence, de leur naïveté, arrivent à me raconter des choses qu’elles n’avaient jamais abordé auparavant, ni à leurs parents, ni même à leur meilleure amie.

 

Des enfants, à qui on a fait promettre de garder le secret, me racontent ce qui se passe à la maison; les blessures subies, les corvées effectuées en pleine nuit, pendant que maman les frappe ou les fouette, les repas mangés par terre, comme des chiens.

Et tout ça, parce qu’ils me font confiance. Parce qu’ils ne craignent pas, ou du moins, ne craignent plus, que j’en abuse, de cette confiance. Et grâce à notre relation, je peux faire en sorte de leur donner des outils, de leur donner des moyens (parfois les prendre moi-même, ces moyens, lorsqu’ils sont trop jeunes et que leur sécurité et leur développement sont compromis).

Et grâce à la confiance qu’ils me témoignent, je peux les aider à progresser dans leur processus de changement, de transition.

Je connais peu de gens qui peuvent se vanter d’avoir accès à l’authenticité de tant d’individus; d’avoir des relations vraies; d’être en contact avec des personnes qui s’ouvrent réellement.

Eh bien moi, à chaque jour, j’ai cette chance. Cette chance d’être en relation, avec des gens vrais, qui se montrent vulnérables et qui, malgré la peur, travaillent très fort pour améliorer leur sort. J’ai la chance qu’ils me laissent entrer dans leur vie, avec l’espoir que ça aille mieux.

Et ces gens ne le savent peut-être pas, mais ils me font apprendre, me font progresser, me font grandir. Ils me font croire un peu plus en l’être humain à chaque jour; en la bonté de celui-ci, en sa capacité d’adaptation, en sa force, en son habileté à rebondir dans l’adversité.

Alors, ton père c’est peut-être le plus fort, mais je m’en fous : moi, j’exerce le plus beau métier du monde.

-Stéphanie Deslauriers

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