Ça n’arrive qu’aux autres

La semaine dernière, dans le quotidien La Presse, paraissait un article à propos de CAFE. C’est quoi, CAFE? C’est Crise-Ado-Famille-Enfance, un service offert par les CLSC de la Montérégie depuis 11 ans, et par les CLSC de Montréal depuis un an. Ce service dessert les familles ayant des enfants âgés entre 5 et 17 ans qui vivent une crise, pour une multitude de raisons, que ce soit parce que fiston de 15 ans a commencé à consommé de la drogue, à en vendre; parce que petite cocotte de 14 ans couche avec plusieurs jeunes hommes sans se protéger et qu’elle ne rentre plus très souvent dormir à la maison; coco de 7 ans frappe maman très fort et très souvent et là, maman et papa sont « pu capables ». Il arrive que ces parents appellent à la DPJ et disent : « Là, là, venez le chercher, j’en peux pu », ou bien qu’ils se présentent au CLSC de leur quartier où ils rencontrent un intervenant à l’accueil psychosocial qui écoute ce qu’ils ont à dire. Dans les deux cas, lorsque les intervenants qui prennent ces appels ou qui rencontrent ces parents dépassés constatent qu’il n’y a pas de danger pour la sécurité et le développement de l’enfant, ils les réfèrent aux intervenants de CAFE. Et c’est là que le travail commence ou plutôt, se poursuit. Oui, ces parents ont constaté qu’il y avait un problème dont ils n’arrivaient pas à trouver la solution; oui, ces parents sont venus chercher de l’aide. Mais, rendus à ce stade, ils doivent maintenant se mobiliser, ainsi que l’ensemble de leur famille, pour résoudre ce dit problème. Ne dit-on pas que la solution réside en le problème lui-même?

Il est facile de juger ces parents et même ces enfants et ados-là; de dire que nous, jamais au grand jamais, nous n’aurions laissé aller la situation au point tel que nous devons recevoir de l’aide extérieure; jamais notre enfant ne nous aurait envoyé promener aussi longtemps; jamais nous aurions laissé notre ado se tenir avec cette bande de bandits-là. Non, parce que nous, nous sommes parfaits. Nous voyons venir le problème de loin, nous sommes capables de le gérer « tu seuls, comme des grands », nous ne sommes pas des maudits BS qui savent pas vivre. Non, non. Eh bien, papa et maman de l’Île des Sœurs non plus, n’attendent pas leur chèque de BS pour payer leur grosse maison et leur grosse BMW. Et pourtant, eux aussi ont besoin d’aide, parfois. Eux aussi, sont dépassés. Et peut-être qu’un jour, ce sera toi mon petit, oui oui, toi, qui aura perdu le contrôle.

Pour voir l’article, il suffit de copier-coller ce lien dans la barre de recherche (mes compétences technologiques m’ont laissée seule, à mon sort, et je n’arrive plus à mettre directement les liens) :  http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/education/201009/27/01-4326850-des-dres-nadias-pour-les-ados.php

-Stéphanie Deslauriers

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Une réflexion sur “Ça n’arrive qu’aux autres

  1. Je suis tellement d’accord avec toi!! Combien de fois devons nous expliquer à tout le monde que les parents font ce qu’ils peuvent avec les compétences et les connaissances qu’ils ont et que oui…souvent, on intervient aussi à outremont … on intervient sur des clientèles fortunées avec des nounous!!!

    Rien n’est jamais blanc ou noir!!!

    Je rajouterais qu’en tant que maman-future-psychoéducatrice, quand on a le nez collé dessus… on oublie vite nos théories et on est dépassé par les événements!!!

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