L’amitié n’a pas d’âge

L’amitié n’a pas d’âge, pas plus qu’elle n’a de sexe.

Je reviens d’un après-midi en compagnie d’un vieil ami rencontré alors qu’il faisait du bénévolat où moi, je faisais mon tout premier stage de baccalauréat (Maison de Jonathan).

Il chantait dans son local avec ses jeunes; je faisais la même chose avec les miens. Nous avons rapidement fait des concerts improvisés durant ses ateliers de vitrail, durant mes ateliers de pyrogravure.

Une amitié s’est développée, l’année scolaire s’est envolée.

Nous avons gardé contact via courriel d’abord. Puis, il m’a invité chez lui. Il m’a permis de m’introduire dans son intimité en me présentant sa femme.

Nous avons continué d’échanger au fil des ans; courriels, appels téléphoniques, promenades en vélo, soupers, dîners.

Cet après-midi, j’étais dans sa cours sous un grand arbre dont le nom m’échappe. Me sachant très fatiguée, il m’a installée sur une chaise longue afin que je dorme à l’ombre pendant que lui lirait son livre.

À mon réveil, il avait quitté. Un rendez-vous. Une note d’amitié laissée à mes côtés.

Non, vraiment, l’amitié n’a pas d’âge. Nous avons 43 ans de différence. Pourtant, nous partageons davantage de ressemblances.

Saviez-vous que…

Saviez-vous que… (Eh oui, je me dévoile!)

1-Chaque article que j’écris sur le site de Huffington Post aborde un sujet qui me touche particulièrement, personnellement, au moment où je l’écris?

En fait, je ne sais pas comment je pourrais écrire autrement. Comment je pourrais me prononcer sur un sujet qui ne m’atteints pas, que je ne vis pas de l’intérieur, que je ne ressens pas intensément.

2-À quasi chaque semaine, j’ai peur de n’avoir rien à écrire? Eh oui! Une angoisse anticipée de la page blanche. « Et si cette semaine je ne trouvais pas de sujet? Et si je n’avais plus rien à dire? ». Ceux qui me connaissent intimement savent pourtant que je manque rarement de sujets à élaborer ;-)

Mais comme c’est une « commande », que je dois écrire quelque chose, j’ai peur de ne pas livrer la marchandise. Et pourtant. Invariablement, chaque semaine, un sujet me touche, m’interpelle, m’habite. Il me faut simplement être à l’écoute de moi-même pour le détecter, l’identifier et finalement, le jeter sur papier.

3-Il ne se passe pas une journée sans que j’écrive? En fait, il faut savoir que je travaille présentement sur deux projets de livres, que j’ai deux chroniques web et mon cahier d’idées! Alors, ce serait difficile de ne pas écrire ne serait-ce qu’une journée!ecriture

4-Il est plus facile pour moi d’écrire que de m’exprimer à l’oral? Et pourtant, je suis assez verbomoteur. Mais j’ai souvent l’impression de ne pas voir à me censurer quand j’écris. En fait, je crois que j’en suis incapable. Les mots s’imposent à moi, se transposent dans mes doigts qui s’activent à vive allure sur mon clavier. Tandis qu’à l’oral, j’ai une (légère…heu hum) tendance à m’analyser, à ne pas vouloir froisser mon interlocuteur, à vouloir faire bonne figure. Mais bon. Cette « hyper analyse » me sert bien dans mon milieu professionnel!

-Stéphanie Deslauriers

La journée sans maquillage…

Je suis hyper contente de constater que plusieurs femmes sont en beau fusil contre la Journée sans maquillage. Ce que ça me dit? Ces femmes se sentent belles, maquillées ou pas, et n’ont pas besoin d’une journée dans l’année pour se sentir ainsi. N’est-ce pas là une bonne nouvelle?

Mais n’oublions pas de voir plus loin qu’un trait d’eyeliner ou une petite couche de mascara; plusieurs femmes se sentent insécures de sortir de chez elle sans maquillage. N’arrivent pas à se trouver jolies ainsi. Et disent se sentir vulnérable.

Ceci m’amène donc à une question beaucoup plus profonde qu’une question d’esthétisme : pourquoi a-t-on peur à se point de se montrer vulnérable (maquillage ou pas, on s’entend)?

À la base, j’avais créé ce blogue pour cette raison : aborder la vulnérabilité sous toutes ses formes. Que ce soit via la santé mentale, l’intimidation, la différence, les questions existentielles qu’on finit tous par se poser à un moment ou un autre (certains plus souvent que d’autres…hum hum) et j’en passe.

Journée sans maquillagePour moi, la Journée sans maquillage s’inscrit dans ce but que je me suis donné, un petit article à la fois. Justement parce que plusieurs femmes disent se sentir vulnérables sans maquillage. Et le problème, c’est qu’il y a justement un problème avec le fait de se sentir ainsi, de se montrer ainsi. Encore une fois, maquillage ou pas.

Une amie me suggérait qu’on appelle plutôt cette journée « Journée de l’estime de soi ».

Sachant que plusieurs femmes (et plusieurs hommes, j’en suis sûre!) entretiennent des distorsions cognitives à l’égard de leur apparence (ou dysmorphie, si vous préférez), cette idée de la journée de l’estime de soi serait pertinente.

Et comme la perception de soi fait partie intégrante de la définition de l’estime de soi…

Avez-vous vu cette vidéo faite par Dove, ou des femmes donnent une description d’elles-mêmes à un illustrateur qui ne les voit pas et ensuite, un autre individu décrit ces mêmes femmes à ce même illustrateur? Ça illustre tout à fait mon propos des distorsions cognitives.

Oui, certains diront que Dove fait de la pub, qu’il a un produit à vendre, etc. C’est vrai. Mais ça n’empêche pas que plusieurs individus font des prises de conscience suite au visionnement de cette vidéo (ou consolident des questionnements qui étaient déjà en branle).

Et d’autres reprocheront une certaine hypocrisie de la part de Canal Vie et de Elle Québec, qui ne font que nous bombarder d’images retouchées et maquillées les 364 autres jours de l’année (ou 365 autres jours, une fois aux quatre ans). Et alors? Si une seule femme a pu faire une prise de conscience grâce à cet événement, c’est déjà ça de gagné. Si ça permet de généré une foule d’articles de chroniqueurs ayant des opinions divergentes, eh bien tant mieux! Cette journée aura atteint son but : faire jaser, faire réfléchir à l’image de la femme, des femmes, au jugement sévère qu’on se réserve entre nous.

-Stéphanie Deslauriers

PS : Pour voir l’article que j’ai publié sur le site Huffington Post à propos de la journée sans maquillage, c’est par ici

 

 

Les dessous du Salon International du Livre de Québec

Qu’on se le tienne pour dit, les Salons du Livre, c’est excitant.

C’est le contexte idéal pour rencontrer nos lecteurs, pour échanger avec les auteurs qui ont la même passion que nous : celle des mots. Ces échanges rendent très gratifiant le travail qu’on fait. Car très honnêtement, les auteurs n’écrivent pas pour l’argent (avec seulement 30 auteurs qui vivent de leur plume au Québec…). Ainsi, le fait d’avoir nos lecteurs en chair et en os devant notre petit kiosque est notre plus belle paie!

Mais les Salons du livre, c’est aussi éreintant!

SILQUne foule très dense, beaucoup de bruits, beaucoup de mouvements. Le stress d’arriver à temps, de trouver son kiosque, de ne pas avoir de visiteurs. La peur de décevoir les gens qui viennent nous rencontrer, aussi. De ne pas être à la hauteur de leurs attentes, entre autres.

Toutes ces appréhensions valsent dans notre tête. Dans la mienne, en tout cas.

Puis, il y a des moments chocolat. Dans mon cas, il y en a eu plusieurs :

Après plus d’un an à travailler avec mes éditrices, à s’écrire, à se parler via Skype et au téléphone, nous nous sommes enfin vues de nos yeux vus, oui oui, en 3D! J’ai aussi eu le privilège de rencontrer quelques collègues auteurs, faisant partie de la même maison d’éditions que moi (Midi Trente).

Ensuite, j’ai eu le privilège de revoir un ami rencontré via Twitter il y a plus d’un an aussi : François Bérubé. J’ai eu le bonheur de rencontrer son fils Eliot, sa conjointe et ses parents. Nous avons pris le temps d’échanger. Et il faut comprendre que François ne l’a pas eu facile : il a perdu un premier enfant en janvier 2012 (il avait 13 jours). Il a écrit un livre à ce sujet, que je me suis d’ailleurs procuré au SILQ.

Enfin, la cerise sur le sundae, ma rencontre avec un jeune adulte autiste, avec qui j’ai eu le bonheur d’échanger de longues minutes à propos de nos visions respectives de l’autisme, des interventions, etc. Une dame est même venue écouter notre discussion. Avant son départ, il m’a demandé s’il pouvait me prendre en photo. La dame lui a proposé de nous prendre tous les deux. Il a accepté avec enthousiasme.

Ça a été un moment très touchant pour moi : avoir l’approbation d’une personne autiste.

Parce que j’ai souvent tendance à me sentir imposteur. La considération dont a fait preuve ce jeune homme m’a vraiment apporté beaucoup.

Alors à toi, jeune homme du Salon International du Livre de Québec, MERCI!

Changement de cap!

Ça fait plusieurs mois que je me fais plus discrète sur mon blogue.

La raison est fort simple : j’ai obtenu une chronique hebdomadaire dans le Huffington Post – Art de Vivre. Ainsi, je me suis permis d’aborder à cet endroit les sujets que jadis, j’abordais ici. Une plus grande tribune, voilà la simple raison.

Depuis, j’ai été fort occupée (je vous reviendrai avec tous les projets sur lesquels je planche actuellement!).

Aussi, j’avais peur d’être redondante. J’avais du mal à voir ce que je pourrais vous communiquer ici.

changement de capPuis, j’ai décidé de me dévoiler davantage, d’aborder des aspects plus personnels de ma vie professionnelle. Depuis le début, j’ai une mission avec ce blogue : aborder la vulnérabilité humaine. Mais depuis le début, j’aborde certes des situations qui me touchent par le biais d’entrevues, de témoignages, de réactions. Mais je réalise que je ne parle jamais véritablement de moi. De la personne derrière la professionnelle. De la femme qui doute parfois, qui a peur, qui recule puis qui fonce tout de même.

J’ai envie de vous montrer le côté plus humain de la psychoéducatrice et depuis quelques mois, de l’auteure que je suis.

De manière plus régulière, je posterai ainsi des billets sur mes réflexions personnelles, sur des événements qui m’arrivent (un prochain billet s’en vient à propos du Salon International du Livre de Québec auquel j’ai eu la chance de participer la fin de semaine dernière, par exemple), des projets qui m’habitent, me passionnent. Sur mes questionnements, aussi. Sur mes craintes.

Je vous invite donc à me suivre, à commenter, à partager.

Bienvenue dans mon univers!

Presque trente printemps

Je réalise à quel point ça fait longtemps que je n’ai pas écrit sur ce blogue.

Pardonnez-moi ma négligence!

C’est que depuis décembre, j’ai la chance d’être publiée dans le Huffington Post et ce, à chaque semaine. Ceci me prend donc du temps et comme les sujets abordés peuvent être similaires à ceux abordés sur ce blogue, je crains d’être redondante.

Mais voilà que j’ai eu envie de vous partager un texte que j’ai rédigé en février dernier. Il était destiné à un recueil de mots pour une jeune auteure, Julie Tétreault, qui aurait dû fêter ses trente printemps en mai.

Malheureusement, elle est décédée il y a de cela quelques semaines, de la fibrose kystique. Elle était en attente d’une greffe de poumons, qui n’est pas venue assez vite.

J’ai écrit à ce sujet dans une chronique du Huffington Post.

Mais voilà le petit texte qui lui était destiné pour ses trente ans.

Julie. Je te connais sans te connaitre.

Je te reconnaitrais dans la rue, dans une librairie ou un lancement, plus probablement.

Je sais que tu fais partie de ces gens qui « se noient de l’intérieur », comme l’indique une affiche apposée sur les murs des différentes stations de métro.

Je sais que tu as passé ton jour de l’an 2013 à l’hôpital. Que tu oublies parfois de brancher ta bonbonne d’oxygène avant d’aller à la toilette. Que tu fais du vélo stationnaire. Que tu as reçu une tasse Ketto pour Noël. Que tu as des amis aimants, un mari fou de toi, des beaux-enfants reconnaissants.

Je sais que tu es pigiste pour Enfants Québec. Que tu as étudié en travail social, il me semble. Que tu as 30 ans. Que je trouve tes lunettes chouettes.

Que j’admire souvent ton sourire sur tes photos. Même celle où tu as des tubes dans le nez. Parce que ton sourire y est toujours.

Je sais que j’admire ta force, ta détermination, ton positivisme, ta philosophie de vie. Ta rage de vivre qui transperce mon écran d’ordinateur. Non, pas une rage. C’est plus doux que ça, ce n’est pas violent ni agressif.

Ton intensité. Ta vivacité. Ta luminosité.

Joyeux anniversaire, Julie. Merci pour l’inspiration. :)

Ce que je regrette ? De ne pas lui avoir témoigné mon admiration alors qu’elle était en vie.

Prenons donc le temps de dire aux gens ce qu’ils nous évoquent. De leur souligner ce qu’on aime chez eux. De leur témoigner notre amour, notre amitié, notre curiosité à leur égard.

-Stéphanie Deslauriers

Geneviève

Cet article est le quatrième de la série "Inspiration".

Geneviève est avec un homme qu’elle aime depuis des années.

Ensemble, ils ont eu deux enfants. Une petite surprise qui s’est pointée le bout du nez plus tôt que prévu. Mais qu’ils ont accueilli avec grand bonheur, grand amour, aussi. Puis une deuxième attendue. Tout aussi aimée.

À cette époque, elle est agente de recouvrement. Rapidement, elle réalise qu’elle ne se sent pas accomplie. Le désir de l’être lui pèse de plus en plus. Elle s’inscrit donc à l’Université pour y accomplir un certificat. Avec les enfants, le travail à temps plein, le chum, la vie, elle met six ans à le compléter.

Son diplôme en poche, elle peut enfin accéder au baccalauréat en psychoéducation à l’Université de Montréal. C’est à ce moment que nos destins se croisent sans s’entremêler. Elle a ses amies; j’ai les miennes. Nous échangeons parfois, sans plus.

Je constate rapidement que Geneviève est une femme de cœur, brillante, sensible, sensée. Je réalise assez aisément qu’il s’agit d’une de ces personnes capable d’identifier les qualités des autres sans s’en sentir diminuée. Et capable de leur nommer ces qualités observées, comme ça, juste parce que c’est ainsi.

Puis, on échange un fou rire dans un cours d’évaluation. Le rire permet de rapprocher les gens; les regards qui sont lancés durant l’esclaffement sont empreints de tant d’authenticité qu’il serait impossible qu’ils ne rapprochent pas les gens.Geneviève

Nous partons ensuite toutes deux en quête de notre maîtrise; elle à l’Université de Montréal, moi à celle de Sherbrooke.

C’est à ce moment qu’on commence à échanger davantage, via Facebook. Je commente un de ses messages, elle en fait de même. Nous suivons à distance nos vies. Jusqu’à ce que nous commencions à avoir des conversations en privé, à propos de sujets tous aussi privés.

Elle me raconte son histoire folle d’amour avec Charles, son amour d’enfance qu’elle a revu. Dès qu’elle a été en face de lui, elle a su. Lui aussi.

Elle a quitté le père de ses enfants, s’est trouvé un petit appartement et a reconstruit sa relation avec Charles. Sa famille l’avait accueillie suite au décès de sa mère; Geneviève n’avait que quatre ans, à l’époque.

Quand sa mère est morte, son père a inévitablement dû s’occuper de ses deux enfants. Endeuillé, épuisé, découragé, il était en détresse. En grande détresse. Geneviève a vécu avec cette souffrance, avec les regards et les répliques culpabilisantes de certains membres de sa famille élargie qui pensaient pourtant bien faire.

Quelques années après leurs retrouvailles, après le petit appartement et la consolidation de leur relation, Geneviève et Charles emménagent ensemble avec leurs filles respectives. Puis, ils se marient.

Mais quelque temps avant le mariage, Geneviève doit se faire opérer. Elle a un nodule sur la corde vocale. Durant l’opération, couic. Erreur médicale. On lui a coupé un nerf. Il ne fallait pas. C’est un des nerfs qui gère une de ses cordes vocales.

Malgré qu’elle soit affaiblie par la chirurgie, enflée, la cicatrice au cou, jamais elle ne s’apitoie.

Elle va de l’avant. Elle rencontre une orthophoniste; ses rencontres et exercices ne donnent pas les résultats escomptés. Des périodes de régression suivent les périodes d’amélioration. La fatigue se fait sentir plus rapidement. Elle est désormais dotée d’une voix qui ne se fait pas entendre par-dessus les cris des quatre filles, des deux chiens, des trois chats et du mari.

Puis, le constat : elle ne pourra plus parler 8h d’affilée dans ses familles qu’elle voit au CLSC. Enfin, pas à court terme. Elle ne pourra plus enseigner 3h durant devant une quarantaine d’étudiants universitaires. Un an après avoir terminé sa maîtrise en psychoéducation.

Les remises en question se mettent en branle, tout comme les recherches de solutions alternatives. Puis, bingo : un doctorat. De la recherche. Un rôle-conseil, peut-être. Qui lui permettra de ménager sa voix fragile. Et de faire aller son humanité à qui mieux-mieux. Elle en est là.

Souvent, la vie s’acharne sur elle. Jamais elle ne le fait sentir. Jamais elle ne quémande de la pitié. Toujours elle est heureuse pour ses amies qui continuent d’intervenir, d’enseigner. Même plus : elle veut aider. Comme ça. Juste parce que ça lui fait plaisir.

Eh bien moi, Geneviève, ça me fait plus que plaisir de t’avoir dans ma vie. Et de te dédier ce texte.

Je t’aime mon amie xxx

-  Stéphanie Deslauriers

Mon 2012 à moi

2012

À l’approche de la nouvelle année, le moment est idéal pour faire le point. Pour faire une rétrospective de celle qui vient de s’écouler, de s’égrainer.

Janvier 2012 a marqué le début de la première année complète de ma pratique psychoéducative privée, qui est devenue Ensemble, maintenant Inc. à l’automne. Ce mois a aussi été le début de ma présence au petit écran, en commençant par J.E. J’ai aussi effectué mon tout premier voyage en terre européenne ainsi que ma première épopée littéraire; c’est à ce moment qu’une éditrice, devenue « mon » éditrice, m’a contactée pour m’informer que mon tout premier manuscrit, portant sur l’autisme, allait être publié aux éditions Midi Trente.

Puis, j’ai eu l’occasion d’être dans les pages du Journal de Montréal, alors que Camille Desrosiers recommandait mon blogue et mon compte Twitter. Le cybermagazine Educatout m’a contactée au printemps pour m’offrir la section « Enfants a besoins particuliers ». Cettte collaboration m’a permis d’en entreprendre une seconde sur les ondes de radio CHNC, un mercredi par mois.

J’ai ensuite entamé la rédaction d’un manuscrit, que je poursuis toujours.

J’ai obtenu une charge de cours à l’Université de Montréal, au cours de laquelle j’ai rencontré des étudiantes extraordinaires, passionnées et motivées.

J’ai participé à un tournage pour une émission s’adressant aux parents et intervenants, qui sera diffusée en 2013.

J’ai vécu mon premier lancement, mon premier Salon du Livre où j’ai fait des rencontres assez exceptionnelles.

J’ai entamé puis presque terminé un manuscrit qui sera publié en 2013, puis signé un autre contrat pour un projet qui verra le jour en 2014.

J’ai fait un petit tour dans les écoles afin d’aborder l’intimidation, l’agression physique, verbale et indirecte

J’ai commencé une collaboration sur les ondes de radio CIBL, à l’émission Airs de Jeux.

J’ai été invitée à me prononcer au sujet de l’intimidation sur les ondes de cette même radio, après qu’un de mes articles abordant ce sujet ait été publié dans les pages de La Presse.

J’ai débuté une collaboration avec le Huffington Post, dans lequel je peux m’exprimer à propos de sujets humains, vulnérables, parfois tabous.

J’ai été invitée à être la Présidente d’honneur d’une exposition présentée par le Musée de la Femme, Mémoire de Jouets.

Ouf.

2013 s’annonce aussi chargée, avec la poursuite de mes formations, de ma pratique au privé, de mon mandat en milieu scolaire, de mes collaborations avec divers médias.

J’espérais que 2013 serait sous le signe de l’écriture; je serai bien servie. Un vieil ami sage me disait que lorsque tu sais ce que tu veux, consciemment et inconsciemment, tu commences à te mettre en action pour l’obtenir. Je ne peux que confirmer ces paroles.

Alors, je souhaite que 2013 soit aussi sous le signe de l’équilibre qu’on ne peut, semble-t-il, atteindre qu’en se balançant.

Voilà pourquoi, pour le temps des Fêtes, j’ai décidé de m’offrir une petite pause. Un peu de recul, aussi. Du temps, surtout. Du temps pour vivre la vie, tout simplement. Pour jouer dans la neige, pour regarder le fleuve de Ste-Flavie qui s’étend jusqu’à l’infini, pour respirer l’air, le grand air, pour partager mon espace vital avec cinq autres adultes, moi qui préfère généralement la solitude. Joyeuses Fêtes à vous tous. Merci pour votre soutien, vos bons mots, votre sensibilité, votre humanité.

Stéphanie xxx

Enfants prêtés, élèves aimés

Martine Desautels, 41 ans, enseignante passionnée depuis 18 ans. Présentement en 2e année à l’école Horizon-Soleil de St-Eustache. Aussi maman de 2 enfants de 13 et 9 ans.

Pour tous les Sebastian, Alexis, Eve-Emmanuelle, Mathieu, Sabrina, Francis, Daphnée, Émilie, Catherine, Alexandre, Tommy, Nathan…

À vous tous que j’ai côtoyés, encouragés, soignés, taquinés, disputés(!), aimés, enseignés… Au moment où j’écris, j’en suis à ma 18e année d’enseignement, à mes 583 à 606e élèves.

Depuis toutes ces années, je vous accompagne là où VIE, ÉVEIL, APPRENTISSAGE, ÉMERVEILLEMENT, ENGAGEMENT et ÉPANOUISSEMENT riment avec GRANDIR; où les « Lâche-pas, tu vas y arriver! Go Go Go! À l’attaque! Les torchons c’est pour la vaisselle! Tout ce qui mérite d’être fait, mérite d’être bien fait.» t’ont aidé à te dépasser, te sentir en confiance et te sentir aimé et valorisé.

Au fil des ans, j’ai oublié certaines notions, vécu la Réforme, les bulletins en pourcentages, en cotes, en lettres, sur papier carbone, changé de local, d’école. Par contre, rien ne s’efface dans ma mémoire quant aux fous-rires, anecdotes, complicité, apprentissages et connaissances que j’ai acquises en vous côtoyant. Votre présence m’a permis d’évoluer, de poursuivre mes objectifs, de tisser des liens d’amitié. Je vous ai vu grandir et mettre en place les stratégies efficaces pour vous aider à résoudre les petits et grands défis de votre vie d’enfant, mais aussi de futurs citoyens, futurs adultes, futurs parents et peut-être futurs enseignants, pourquoi pas!

À vous tous chers élèves que j’ai côtoyés, je vous dis un immense " MERCI " de m’avoir permis d’être une meilleure enseignante, une meilleure artiste, une meilleure lectrice, une meilleure personne, une meilleure amie, une meilleure maman. Vous avez suscité en moi l’émerveillement, la force, l’optimisme, l’ouverture sur le monde, la grandeur d’âme, le plaisir du travail bien fait, la vraie vie. Vous m’avez donné toute l’énergie nécessaire pour continuer mon engagement et vivre encore de cette passion qui m’habite pour ce magnifique métier.

martine articleJe souhaite que, comme moi, vous puissiez vous aussi vous enthousiasmer pour un métier qui sera le vôtre, vous passionner pour les gens qui vous entourent et que vous sachiez vous émerveiller face à tout ce qui est beau, petit comme grand.

Et comme moi, je souhaite que vous aimiez votre vie.

Madame Martine XOX

Le tireur du Connecticut

27 personnes ont perdu la vie vendredi dernier, dont 20 enfants.

27 personnes ont trouvé la mort là où ils ne la cherchaient pas.

Des dizaines de proches n’avaient pas pu prévoir que leur ami, leur fils, leur frère, leur amoureux, leur employé, leur collègue, leur voisin allait commettre un tel geste.

Des centaines de personnes vivent un deuil imposé, prématuré, non prémédité.

Des millions d’individus ressentent une incompréhension totale devant cet événement.

Ces mêmes millions de citoyens éprouvent moult émotions; colère, déception, tristesse, inquiétude, révolte.

Pour ma part, c’est la colère qui trône, puis la tristesse.

La colère de permettre aux citoyens du monde d’être témoins, en direct, de la douleur des victimes. Car les victimes ne sont pas que celles qui sont décédées; ce sont celles qui survivent à ces décès imprévus. La colère de ceux qui jubilent devant ces images, ces vidéos, assoiffés qu’ils sont de sensationnel, de douloureux, de pervers. La colère des vengeurs, qui n’ont pas saisi qu’en réfléchissant de la sorte, ils entrent à pieds joints dans le cercle de la violence. Puis vient la tristesse.

Chaque fois qu’un événement de la sorte se produit, je me demande ce qui pousse un être humain à adopter un comportement aussi bestial. J’essaie de comprendre la souffrance, la détresse sous-jacente au geste.

Je ne puis donc m’empêcher d’être triste à mourir face au fait qu’un individu se rende à commettre un geste ayant des conséquences indélébiles. Je ne peux faire autrement que de tenter d’imaginer ce qu’il a été, avant de devenir le « tireur du Connecticut »; je l’imagine enfant naissant, puis à sa première journée à l’école. Je le vois dans son cours de sciences physiques au secondaire, puis recueillant les confidences d’un ami. Je le dessine vivant sa première peine d’amour, buvant sa première bière, puis sa seconde, et sa énième. Je peux l’apercevoir dans un souper de Noël, à côté de son cousin.

Je l’imagine tenir la porte à une vieille dame, commander un café, retirer de l’argent au guichet, mettre de l’essence dans sa voiture avant de se rendre au travail. Je le vois au travail, rigolant à une blague d’un de ses collègues.

Il demeure encore tout cela. En plus d’avoir tué des gens, adultes et enfants, dans une école primaire. En plus d’avoir imposé un deuil incommensurable à des centaines de personnes.

Tout comme les victimes ont été enfants, ados ou pas encore. Tout comme les victimes ont été au secondaire, puis à l’Université. Tout comme les victimes ont eu à leur tour des enfants, qui sait. Tout comme elles se sont rendues à leur lieu de travail ou leur lieu d’apprentissage.

« Bonne journée, ma chérie! À ce soir! C’est papa qui viendra te chercher! ».

Papa sera venu chercher chérie plus tôt que prévu, pour la porter une dernière fois, inerte, éteinte.

-Stéphanie Deslauriers